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2019 année de belles moissons

À l’image de ce qui s’est passé au niveau national, les récoltes départementales affichent les mêmes tendances : une très bonne année au niveau du blé tendre et de l’orge et de grandes disparités au niveau du colza.

La Saône-et-Loire se trouve dans la tendance nationale : une année exceptionnelle en blé tendre et en orge avec des rendements à plus de 80 q/ha. Si les productions n’ont pas souffert des épisodes caniculaires, les températures élevées ont surtout permis de limiter les maladies. Mais les chiffres représentent une moyenne, car dans le détail, toutes les parcelles n’ont pas affiché des rendements records, loin de là.

La meilleure année

« Pour avoir une belle récolte dans notre secteur, il faut un printemps sec, rappelle Michel Duvernois le directeur de Bourgogne du sud, et à ce niveau-là on a eu droit à beaucoup d’énergie et de rayonnement, le tout sans maladie ». Ce qui fait qu’aujourd’hui, la coopérative affiche des rendements de blé tendre record de 83-85 q/ha.
À titre de comparaison, « la moyenne des cinq dernières années en Bourgogne Franche-Comté est de 64 q/ha », précise Lysianne Ruffe, conseillère à la chambre d’agriculture.
La production a été, comme ailleurs, épargnée par les épisodes caniculaires qui sont arrivés en fin de cycle : « les blés étaient remplis quand la canicule est arrivée, rappelle Pierre Gay de la minoterie Gay, il n’y a donc pas eu de pertes, c’est même notre meilleure année ». Même si les conditions d’implantation étaient sèches à l’automne, la levée a été rapide et bonne grâce aux températures douces. Les épisodes pluvieux sont ensuite arrivés au bon moment et le temps sec de fin de cycle a permis une maturité rapide, sans maladie.
« Il semblerait même que, dans les conditions de cette année, les techniques avec labour ont été meilleures que les techniques simplifiées, avec des rendements de l’ordre de 90 q/ha », rapporte Pierre Gay.

Au final, très peu de maladies à déplorer et des moissons qui se sont déroulées dans des conditions optimales, sans menace de pluie : « on n’a rarement vu ça, soulignent les professionnels, une moisson record, sereine, facile ! Au 20 juillet, tout était quasiment récolté ». Dans les sols profonds, les rendements se sont avérés « exceptionnels, de l’ordre de 70 à 100 q/ha ! », précise Lysianne Ruffe. « Les PS sont supérieurs à 78, les taux de protéines sont à 12,5 % de moyenne, il n’y a pas de risques de mycotoxines ni de blé germé », détaille de son côté Michel Duvernois. Une quantité et une qualité au rendez-vous donc, même si ces chiffres ne doivent pas faire oublier le cas de parcelles sur terrains trop séchants et ayant donc souffert du sec.

Des cultures à la peine

L’orge aussi affiche d’excellents rendements: « avec 82-83 q/ha, les rendements sont encore meilleurs que ceux du blé », précise-même Michel Duvernois.
Le calibrage et les taux de protéine sont aussi qualifiés de bons. Comme pour toutes les cultures d’hiver, le temps sec aura été globalement positif pour l’orge, limitant les maladies, les ravageurs et les impacts d’excès d’eau.
Les moissons qui se sont globalement déroulées du 21 au 30 juin ont confirmé une qualité très satisfaisante.

En revanche du côté du colza, les rendements se révèlent très hétérogènes et affichent une moyenne de 36 q/ha. « Il y a clairement deux zones, une où les rendements sont corrects et la seconde, le long du vignoble chalonnais, où l’on n’arrive plus à contrôler la problématique insecte », constate le directeur de Bourgogne du Sud. « Nous n’avons plus accès aux moyens de lutte contre la grosse altise, ce qui baisse fortement le potentiel de rendement et pose un vrai problème pour l’avenir du colza ».
Sur ces zones, les rendements vont ainsi de 10 à 20 q/ha, lorsque sur les autres secteurs ils sont de 35-40 q/ha, « ce qui fait une moyenne à 33 q/ha », précise encore Michel Duvernois.

Inquiétude sur la rentabilité

Outre les problèmes de ces ravageurs, le colza a aussi souffert de conditions d’implantation très compliquées de l’automne dernier en pleine sécheresse. « Seuls les semis tardifs ont pu être sauvés grâce aux quelques précipitations de début octobre, même si certains ont dû faire face à des levées d’adventices », rappelle Lysianne Ruffe. Après un hiver où il n’y a eu ni froid ni d’excès d’eau, le rayonnement important du printemps a été favorable aux cultures : « ainsi, en fin de cycle, les parcelles les plus jolies et les plus homogènes ont pu un peu se rattraper ».
Ce qui fait dire à Pierre Gay que « les rendements ont finalement été meilleurs que ce que l’on imaginait, même si nous constatons chez nous une moyenne de 35 q/ha cachant une grande hétérogénéité de 20 à 50 q/ha ». Mais, tempère-t-il, « ce n’est pas aussi catastrophique que dans certains secteurs ».
Les parcelles les plus impactées affichent en effet des rendements de 15 à 20 q/ha inférieur à un rendement classique « ce qui en vient à compromettre leur rentabilité », s’inquiète-t-on à la chambre. 

Désormais, il faut voir comment réagira le marché car les premières inquiétudes sur le terrain remontent déjà : « s’il n’y a pas de reprises en septembre, le marché sera lourd »…

Moisson des cultures de printemps

C’est désormais au tour des récoltes de maïs et le soja suivra d’ici une dizaine de jours. Difficile d’en prédire précisément les quantités et qualités, mais les cultures ont été marquées par un épisode de froid en début de cycle qui a stoppé en partie la croissance, puis par une période d’humidité qui a facilité la levée d’adventices et, pour le maïs, des dégâts de corbeaux importants au printemps.

En juin, les températures élevées, entrecoupées de pluies bienvenues, ont malgré tout permis aux cultures de rattraper leur retard. « Reste une situation très hétérogène en fonction des secteurs qui ont ou non bénéficié des précipitations », prévient Michel Duvernois qui précise que ce ne sera « pas une belle année, même si elle n’est pas non plus catastrophique ».

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