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La production de vin bondirait de 27%, un chiffre contesté par la filière

La production française de vin bondirait de 27 % par rapport à l’an dernier, selon une note publiée le 20 juillet par Agreste. Les facteurs de vendange abondante l'emporteraient sur les facteurs d’érosion du rendement (grêle, mildiou), selon Agreste qui n’exclut pas un renversement de situation. La profession viticole estime pour sa part que ces estimations sont trop « hâtives ».

La production nationale viticole 2018 afficherait, au 13 juillet dernier, entre 45,9 et 48,2 millions d'hectolitres (Mhl), selon Agreste. Ces volumes, s'ils se confirmaient, porteraient la vendange 2018 à un niveau supérieur de 27 % à celui de 2017, et de 7 % supérieur à la moyenne des cinq dernières années.

Le ministère de l'Agriculture rappelle qu'en 2017, la production avait souffert du gel et de la sécheresse. Cette année, le mildiou n'a pas épargné les plants. Il a été favorisé par la succession d'orages récurrents et par des températures élevées jusqu’en juin. « Pour autant, la situation dans la majeure partie des vignobles reste favorable à la production », selon le ministère. Les grappes sont nombreuses, et les réserves hydriques des sols sont excédentaires par rapport à la moyenne sur trente ans dans la plupart des bassins viticoles. « L’année 2018 fait partie des années les plus précoces, sans atteindre, pour l’heure, le niveau de précocité exceptionnel de 2017 », décrit la note. Le ministère appelle toutefois à mesurer les estimations, « établies sans connaissance des événements climatiques et des problèmes sanitaires qui pourraient survenir jusqu’aux vendanges ». Elles sont donc « susceptibles d’être révisées lors des prochaines publications ».

Des chiffres "incohérents"

Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer, a refusé de commenter ces estimations. « Cette prévision est ubuesque. La profession a demandé toute la prudence dans la publication des estimations. Nous n’avons pas été écoutés, une fois de plus, et je le déplore. Ces évaluations se basent sur des observations de juin, et sont, comme nous l’avons vu l’an dernier, sujettes à de fortes évolutions ». L’an dernier, entre les chiffres publiés en juillet et ceux publiés en novembre par Agreste, l’écart s’est élevé à 700.000 hectolitres, pour finir à 36,8 Mhl.

La véraison (stade pendant lequel les raisins commencent à prendre leur couleur) « n’est pas commencée dans nombre de régions, et les attaques de mildiou et de grêle ont été fortes, je conteste la méthode qui consiste à publier des données qui ne veulent rien dire et qui n’apportent que confusion sur les marchés », a déclaré Jérôme Despey. « Au vu de ce qu’on me rapporte du vignoble, je trouve ces chiffres incohérents », a-t-il conclu.

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