Culture

Arvalis, les chiffres d’une année exceptionnelle

La réunion technique annuelle d’Arvalis, l’Institut du végétal, s’est tenue début novembre à Beaune. Voici quelques éléments à retenir des différentes études menées et présentées lors de cette journée.

Contexte économique des productions en grandes cultures
2018 s’avère être une année moyenne pour les productions mondiales en grandes cultures, mais avec malgré tout de grandes disparités de production en blé, orge et maïs.
Ainsi pour le blé, la consommation est supérieure à la production (dernière situation identique en date en 2012), avec une production en baisse (- 22 M tonnes, en septembre), ce qui induit une ponction dans les stocks, et principalement dans les stocks des principaux exportateurs dont l’Union européenne fait partie. La production européenne est en baisse de 15 M t, dont 2,5 M t pour la France, situation directement attribuée à la sécheresse et à la canicule.
Pour l’orge, 2018 est la troisième année déficitaire de suite, avec une baisse de la production, une baisse de la consommation et une baisse des stocks. Le marché se tend ainsi de plus en plus.
Ce qui n’est pas encore le cas pour le maïs : certes la consommation est supérieure à la production, mais la production est à un niveau très élevé et les stocks restent importants chez les principaux exportateurs (68 M t).
Du côté de l’évolution des différentes charges, sans surprise, les carburants représentent en cette fin d’année le poste le plus important, lorsque les coûts des semences, des fongicides et des herbicides notamment restent relativement stables.

Bilan de la campagne maïs en France
2018 restera comme synonyme de conditions climatiques extrêmes : les relevés météo relatent dans de nombreuses régions la faiblesse des cumuls de pluie et les excès de température. Une situation qui a eu des conséquences directes sur la production française de maïs fourrage : avec un taux d’humidité des grains exceptionnellement bas (- 8 points), les récoltes ont été très précoces et avec de très fortes amplitudes de rendements (de 4,3 à 13,2 t MS/ha, ce qui fait une moyenne de 9 t MS/ha, soit – 40 % par rapport à 2017). Au final, la qualité est très moyenne, voire faible, avec notamment des taux d’amidon très bas et une quasi absence de sucres solubles. La valeur énergétique sera donc inférieure aux normes habituelles.
Il est conseillé de réaliser un bilan fourrager pour estimer le déficit, et de compenser le déficit énergétique des maïs par l’ajout de céréales, de maïs épi, de maïs grain ou de coproduits.

Conjoncture agroclimatique et conséquences
Un comparatif réalisé avec les données pluie/température depuis 1955 sur Dijon, montre que 2018 est de loin la plus chaude et la plus sèche de ces 63 dernières années.
Ainsi à fin octobre, alors que tout n’a pas été semé, les levées de semis étaient très hétérogènes, et affichaient au moins une demie feuille de retard. Cependant, même pour les semis effectués avec un mois de décalage, il faut s’attendre à des dates médianes épi 1 cm avec 8 à 10 jours de décalage au printemps prochain.  
Du fait de ces conditions de semis, il convient d’adapter les moyens de lutte face aux agresseurs. Pour les mauvaises herbes, sur des peuplements hétérogènes, il est conseillé de désherber avec des herbicides racinaires, alors que sur des peuplements homogènes semés ultra tôt, il faudrait plus resemer que désherber.
Du côté des ravageurs d’automne, il est à craindre des concentrations de cicadelles dans les zones levées des parcelles et il est conseillé de procéder à des piégeages pour les pucerons. En revanche, a priori peu de risques pour ce qui est des limaces.
Enfin, en ce qui concerne les maladies, la conjoncture semis tardifs + levées tardives devrait favoriser une réduction des risques. Cependant, il faudra rester vigilant sur les parcelles à levée hétérogène.

Nouvel outil de pilotage de l’azote
Un constat a établi que les calculs des besoins estimés en azote étaient assez rigides et basés sur l’historique de rendement, donc difficiles à ajuster en temps réel. La volonté est donc de mettre au point un pilotage en temps réel, pour que cela corresponde au plus près aux besoins de la plante. Il faudra sans doute l’axer en fin de cycle lorsque l’azote est le plus efficace et l’estimer au moyen de capteurs.
Cinq essais CHN (Carbone, Eau, Azote) ont été conduits dans la région, dont un à Gigny-sur-Saône mené par Alliance BFC. Il en ressort qu’en moyenne dans le réseau, la dose estimée d’apport en azote serait surestimée de 42 kg/ha, que le pilotage de l’azote avec CHN permet de recentrer les doses totales autour de l’optimum 97 % et que le pilotage protéines permet en moyenne d’atteindre le rendement optimal et l’objectif teneur en protéines.

Évaluation des formes engrais azotés blé
La volatilisation ammoniacale de l’azote est la première cause de perte d’efficacité de l’azote apporté aussi bien par les pro que par les engrais minéraux. La réglementation évolue par rapport à cette volatilisation, ce qui concerne directement l’agriculture.
Les études menées montrent que les inhibiteurs d’uréase réduisent la volatilisation. Ainsi, côté performances, ces urées revisitées améliorent le rendement par rapport à l’ammonitrate.
Apporter des additifs à la solution azotée donnent un rendement équivalent et améliorent le niveau de protéines. Les performances des engrais à azote protégé sont quant à elles sensiblement les mêmes que celles de l’ammonitrate. Enfin, il semble que les engrais avec additifs microbiens et biostimulants apportent un léger gain en rendement mais pas en protéine.

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