Elevage

Sécheresse : « jamais la situation n’a été aussi grave »

Confrontés chaque jour aux conséquences de la sécheresse sur les élevages de la région, les commerçants en bestiaux s’alarment d’une situation très inquiétante à leurs yeux. Ils le disent dans un communiqué signé de Robert Corneloup, président de la fédération régionale et de Paul Pacaud, président du syndicat des commerçants en bestiaux de Bourgogne, au nom de l’ensemble des négociants exerçant sur la Saône-et-Loire et les départements limitrophes.

En tant que marchands de bestiaux, nous côtoyons les éleveurs au quotidien, et pouvons vous assurer que jamais la situation n’a été aussi grave. Jamais, nous n’avons vu des bêtes d’une telle maigreur.

Les bovins à vendre aujourd’hui ont perdu 100 à 150 kg par rapport à ceux vendus l’année dernière à la même époque.

Les Pouvoirs Publics doivent impérativement prendre la mesure de la gravité de la situation. Les agriculteurs qui, au regard des prix de vente non revalorisés depuis 30 ans alors que les charges ont explosé, n’ont aucune réserve financière.

La trésorerie de nombreuses exploitations est exsangue. L’achat de fourrage devient donc impossible.

Si les éleveurs ne sont pas en capacité d’alimenter leurs bovins quotidiennement et suffisamment, c’est la souche même des cheptels qui sera perdue.

Quelles sont, d’autre part, les conséquences à plus long terme ?

Quid de la gestation des vaches, du risque sanitaire entraîné par l’absorption de terre par les bovins, des prairies qui auront beaucoup de mal à se régénérer au printemps ?

Des aides à l’UGB ont été évoquées lors de la rencontre en date du 25 octobre sur l’exploitation du Gaec Guillemin au Breuil. Ces aides ne semblent pas satisfaisantes au regard des chiffres ci-dessous.

Pour nourrir un bovin aujourd’hui, il faut compter par jour environ : 80 cts pour le fourrage et 60 cts d’aliments concentrés.

Pour un cheptel de 200 têtes, cela représente 42.000€ de dépenses sur 150 jours d’alimentation.

Les aides, pour être efficaces ne doivent pas se limiter à un saupoudrage. Elles doivent être massives et disponibles rapidement faute de quoi, c’est tout un pan de l’économie française qui disparaîtra.

Quel avenir pour les agriculteurs ?

Saluons le travail fait par les organismes soutenant l’élevage, notamment la Chambre d’Agriculture qui entre autres avec « saisir la main tendue » apporte un soutien aux agriculteurs en grande difficulté. Et la FDSEA qui se mobilise chaque jour pour défendre leur revenu.

Eleveurs, ne baissez pas les bras, restez forts et solidaires. Ne vous divisez pas, nous gagnerons en restant unis.

 

        FRCB    Robert Corneloup                 SCBB    Paul Pacaud

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