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2018 sera l'année de la clarification de la politique agricole suivie par la France aujourd'hui...

2018 sera l’année de la clarification des politiques agricoles, mais pas forcément comme certains l’espéraient il y a peu encore. Ouverture des marchés assumée, marche arrière en ce qui concerne l’intégration des coûts de production, poursuite d’une politique dogmatique sur le volet environnemental…

Dans un sens ou dans un autre, les choses vont s'éclaircir en 2018 sur les intentions réelles du Gouvernement en ce qui concerne l'Agriculture française.

Qu’il s’agisse de la construction des prix payés aux agriculteurs ou des accords de libre-échange, mais aussi du soutien à la bio ou du budget de la Pac, 2018 sera certainement l’année des clarifications entre un Gouvernement jusqu’ici très flou et un monde agricole en plein doute.

La première clarification a déjà eu lieu, en janvier, lors des vœux à la ruralité : le libre-échangisme assumé d’Emmanuel Macron ne souffrira pas une exception agricole, ou à la marge. L’accord UE-Mercosur concernera l’agriculture et, chose rare, le Président ne s’est pas caché derrière Bruxelles pour justifier cette décision : il l’assume sur le terrain même des principes ! Pour lui, l’ouverture des frontières est une bonne chose, y compris pour l’agriculture.

La "montée en gamme", qu’il prône par ailleurs, ne sera donc pas permise par le maintien de protections douanières fortes. Au contraire même et si le Gouvernement appelle les filières agricoles à monter en gamme, c’est peut-être justement pour qu’elles se prémunissent d’une concurrence étrangère dont il apparaît qu’elle sera de moins en moins freinée par les droits de douane…

La seconde clarification s’opère depuis quelques jours à l’Assemblée nationale : la majorité parlementaire n’imposera pas d’interdiction d’acheter des produits agricoles au-dessous de leurs coûts de production. Là encore, le libéralisme économique, assez classique, que fait sien le président Macron ne sera visiblement pas entaché par une exception agricole. Et tant pis pour ceux qui avaient cru entendre le contraire dans ses propos lors des Etats généraux de l’Alimentation, le 11 octobre à Rungis…

Quant au volet environnemental, chacun sait désormais sur quel pied danser avec l’annonce du nouveau Plan d’action Phytos (lire en page FF de cette même édition), version 2+ d’EcoPhyto…

Quand au budget à venir de la Pac post 2020, l’heure est manifestement à l’inquiétude alors que la France est attendue pour clarifier ses positions jusqu’à maintenant ambigües et floues. Mais gare, là aussi, la clarification ne sera peut être pas celle attendue - pour ne pas dire espérée - par la profession.

 

Budget de la Pac : L’heure est à la clarification

Dans un courrier commun adressé le 25 avril au Président Emmanuel Macron et à la Chancelière Angela Merkel, la FNSEA et le DBV demandent à ces derniers d’agir pour maintenir le budget de la Pac et ainsi conserver un budget agricole « stable en euros constants sur la prochaine période ». Cette réaction fait suite aux discussions en cours au sein de la Commission européenne sur le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne pour la prochaine période. Les deux syndicats mettent en avant la Pac comme « un facteur de stabilité » et une « colonne vertébrale pour des zones rurales dynamiques ».

Origine des viandes et du lait : Encore et toujours l’opacité…

Le 26 avril, l’association UFC Que choisir demande au Gouvernement de « pérenniser l’obligation d’étiquetage de l’origine des viandes et du lait dans les aliments transformés ». À mi-parcours de cette expérimentation qui vise spécifiquement les produits transformés en France, l’association dévoile une enquête sur les impacts de ce dispositif grâce à un échantillon de 269 produits visés par l'expérimentation, et les résultats sont clairement « en demi-teinte ». Le pays d'origine n’est pas spécifiquement mentionné pour la viande de poulet dans 64 % des cas, selon UFC-Que-Choisir. Pour la viande de porc, cette proportion est de 53 % alors qu’elle est de seulement 11 % pour le lait ! De plus, l’association déplore que certains mauvais élèves comme Sodebo ou William Saurin, pour les produits de l’échantillon, « aucune mention du pays d’origine n’est présente ». À l’inverse, Sodiaal, Le Gaulois et Danone indiquent systématiquement le pays d’origine de leurs laits et viandes. On sait que la profession avait "arraché" cette expérimentation, dans la foulée de vastes actions syndicales. Elle avait reçu le soutien des consommateurs. Le combat n’est manifestement pas terminé, ni gagné surtout à l’heure où l’Union européenne ouvre massivement les frontières.

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