Environnement Viticulture Valorisation

Un choix très personnel pour les labels et certifications environnementaux

Dans la jungle des labels et des certifications, pas facile, même pour un professionnel averti, de s’y retrouver. Et encore moins de faire un choix. Lequel sera fonction non seulement de ses aspirations mais aussi de la structure de son entreprise sans oublier les contraintes – voire les obligations – imposés par certains clients.

Face à un questionnement toujours plus important des consommateurs vis-à-vis de leur alimentation et de l’impact sur l’environnement des produits consommés, les labels peuvent rassurer et jouer un rôle important dans l’acte d’achat. Basé sur le principe du volontariat jusqu’à présent, le choix d’un label et/ou d’une certification pourrait à terme devenir un passage obligé du fait de la volonté des clients professionnels et particuliers. 

Agriculture biologique

L’un des labels les plus connus par les consommateurs est celui de la certification biologique, représentée au niveau européen par un label avec une feuille verte. En Bourgogne, 2.662 hectares – soit 8 % du vignoble – étaient engagés en bio en 2016. La viticulture biologique est définie comme un mode de production qui implique le respect d’un cahier des charges rigoureux à la vigne afin de limiter le recours aux intrants et qui interdit l’emploi de molécules de synthèses. Depuis 2012, la production de vins bios implique également l’application d’un cahier des charges précis lors de la vinification basé sur les mêmes principes. La certification s’obtient après deux années pleines de conversion.

Demeter

Demeter est une certification, reconnue au niveau international et délivrée par Demeter France, qui permet de reconnaître les vignerons engagés dans une démarche d’agriculture biodynamique. Approche globale qui repose sur la recherche de l’équilibre de la vigne avec son environnement, la biodynamie implique de favoriser une plus grande biodiversité des sols et de renforcer la santé de la vigne, notamment avec un travail important du sol, l’utilisation de préparations biodynamiques et le respect des rythmes "naturels". Pour obtenir la certification, l’entreprise doit être certifiée en agriculture biologique au préalable, suivre une formation en agriculture biodynamique reconnue et respecter les pratiques biodynamiques inscrites dans le cahier des charges Demeter. Seuls les vins élaborés en respectant ce cahier des charges, lors de la conduite de la vigne et de la vinification, peuvent porter le logo Demeter ainsi que la mention Vin Demeter/Vin biodynamique. A ce jour, une trentaine de domaines sont certifiés Demeter en Bourgogne.

Biodyvin

La marque Biodyvin permet de reconnaître les vins issus de raisins biodynamiques. Ce label est délivré par le Syndicat international des vignerons en culture bio-dynamique (SIVCBD), après contrôle par Ecocert du respect par l’adhérent d’un cahier des charges viticulture et vinification. Tous les membres du SIVCBD sont certifiés à la fois en agriculture biologique par un organisme de contrôle et Biodyvin par le SIVCBD suite au contrôle Ecocert. Cette certification implique de travailler en biodynamie afin de favoriser une plus grande biodiversité des sols et de renforcer la santé de la vigne, notamment avec un travail important du sol, l’utilisation de préparations biodynamiques et le respect des rythmes "naturels". A ce jour, une dizaine de domaines sont labellisés Biodyvin en Bourgogne.

HVE

La Haute valeur environnementale (HVE) est une certification mise en place suite au Grenelle de l’Environnement pour reconnaître les exploitations engagées dans des démarches respectueuses de l’environnement. Elle s’appuie sur des critères environnementaux tels que la biodiversité, la stratégie phytosanitaire ainsi que la gestion de la fertilisation et de l’irrigation. Elle s’adresse à toutes les exploitations. Elle se compose de trois niveaux. Le niveau 1 implique le respect de la réglementation environnementale ainsi que la réalisation d’une auto-évaluation de l’exploitation au regard des exigences du référentiel HVE. Le niveau 2 implique de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour répondre aux exigences du référentiel. Le niveau 3, dernier niveau, implique, quant à lui, de montrer des résultats via des indicateurs de performance environnementale. Pour les niveaux 2 et 3, l’intervention d’un organisme certificateur agréé est obligatoire. L’apposition du label HVE et la communication auprès des consommateurs n’est possible qu’après obtention du niveau 3. A ce jour, une quinzaine d’exploitations viticoles sont certifiés HVE 3 en Bourgogne et Jura.

VDD

La certification Vignerons en Développement Durable (VDD) est une marque collective, portée par l’association des entreprises déjà certifiées VDD, accompagnées par l’Institut coopératif du vin (Groupe ICV). Ce label permet de reconnaître les caves coopératives engagées dans une démarche de développement durable. Elle s’appuie sur les trois piliers : économique, social et environnemental. La mise en œuvre implique un diagnostic développement durable portant sur 37 enjeux répartis en quatre axes : gouvernance et pratiques managériales, performance économique, responsabilité sociale et responsabilité environnementale. De plus, tous les acteurs de la cave coopérative (coopérateurs et salariés) portent le label. La cave définit des actions à mettre en place avec des objectifs de performance. A ce jour, quatre caves coopératives sont certifiées VDD en Bourgogne : Les Vignerons des Terres Secrètes, la Cave de Lugny, la Cave des Vignerons de Buxy et les Caves de Bailly-Lapierre. Elles seront bientôt rejointes par la cave des Hautes-Côtes, en conversion.

Terra Vitis

La certification environnementale Terra Vitis, née à l’initiative de quelques vignerons du Beaujolais, est portée par la Fédération nationale Terra Vitis. Le réseau Terra Vitis est constitué de plusieurs centaines de vignerons issus de tous les vignobles français. Ce label permet de reconnaître les vignerons engagés dans une démarche de viticulture durable et raisonnée. Il s’appuie sur les trois piliers du développement durable : économique, social et environnemental. La mise en œuvre implique le respect du cahier des charges Terra Vitis portant sur six principes d’action : respecter le terroir, protéger la vigne et la récolte, respecter les hommes, innover et évoluer, respecter la société et respecter le consommateur. Un organisme indépendant contrôle régulièrement le respect du cahier des charges et délivre la certification. Quelques exploitations sont actuellement certifiées Terra Vitis en Bourgogne.

Christophe Perraton pleinement satisfait par la démarche HVE

Christophe Perraton estime que la démarche HVE lui correspond parfaitement.

Depuis 2018, Christophe Perraton a opté pour la certification HVE. Une démarche qui s’intègre non seulement pleinement dans sa stratégie d’entreprise mais aussi dans la vision qu’il a de son travail et du respect de l’environnement.

Installé à Chaintré avec son épouse Delphine, Christophe Perraton dispose de douze hectares avec des vignes sur Chaintré, Vinzelles, Loché et Viré qui lui permettent de produire aussi bien du Pouilly-Fuissé que du Pouilly-Vinzelles, du Viré-Clessé, du Mâcon Loché, du Mâcon Vinzelles, du Mâcon Chaintré et du crémant. Mais (surtout) pas n’importe comment. « Depuis toujours, j’ai eu une démarche de viticulture raisonnée. J’ai ainsi été l’un des premiers à enherber à Chaintré dès1992. » Par conséquent, la Haute Valeur Environnementale (HVE) lui a semblé naturelle. Beaucoup plus simple et moins risqué que le bio « qui n’était pas forcément le mieux adapté à mon exploitation. Et la démarch HVE ne m'a pris que quelques mois, entre six et neuf mois, à mettre en place ».

Simple et rapide

Dans la démarche HVE depuis octobre 2018, Christophe Perraton a été séduit par plusieurs aspects de cette certification. « C’est une certification de l’exploitation dans sa globalité et pas uniquement de la production. En outre, cela n’a pas entraîné de grosses contraintes supplémentaires. J’ai seulement dû créer un local pour les produits phytosanitaires. Cela n’a pas été très compliqué à mettre en place ». Seule vraie contrainte : la démarche administrative. Un dossier qu’il a choisi de faire réaliser et  non de s’occuper lui-même.

Par ailleurs, Christophe Perraton a apprécié la souplesse de la démarche ainsi que la philosophie qui la sous-tend. « Cela a le mérite de permettre de réfléchir à son exploitation. C'es l'occasion, par exemple, d’améliorer la biodiversité, les réserves en eau…. Actuellement, je réfléchis à un enherbement total en trèfle. Le trèfle permet d’absorber l’azote dans l’air et de redistribuer l’azote dans le sol ». Un exploitant qui pense également à introduire une ruche sur son exploitation, à proximité de son vignoble.

Même s’il n’y a aucune obligation légale pour l’instant, Christophe Perraton ressent également l’évolution inexorable de la société et donc de ses attentes. « On perçoit l’inquiétude des consommateurs. Certaines enseignes travaillent déjà avec des exploitations HVE sur d’autres produits que le vin. Le négoce aussi commence à acheter en HVE ».

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