Bovin Pro Allaitant Elevage Ovin Porcin

Les Rencontres "Made in Viande" débutent, ce sont sept jours pour expliquer nos métiers et nos passions au grand public

Alors que les Rencontres "Made in Viande" ont débuté le 30 mai et ont lieu jusqu’au 6 juin prochain, le président d’Interbev BFC, Jean-Pierre Fleury, revient sur l’importance de ce rendez-vous pour la filière.

Jusqu’au 6 juin aura lieu le grand rendez-vous annuel de la filière Élevage et Viande avec le grand public à l’occasion des Rencontres "Made in Viande".

Ces journées permettent de présenter l’ensemble des activités des professionnels de ce secteur d’activité (agriculteurs, négociants, abatteurs, bouchers et restaurateurs) à des gens curieux de comprendre cet univers. L’intérêt essentiel est de faire découvrir la vraie vie de ces hommes et de ces femmes, ainsi que leurs savoir-faire puisque les explications sont données par ces derniers, eux-mêmes, et de l’intérieur. Les visiteurs peuvent ainsi s’initier au jeu subtil de l’articulation des différents métiers et cela, en dehors de tout contexte médiatique d’urgence.

C’est une occasion supplémentaire permettant de dialoguer, de montrer et de démontrer l’importance économique, écologique et humaine de notre agriculture à l’échelle de nos territoires ruraux et de la société en général.

En France, plus de 1.200 élevages et entreprises accueilleront à cette occasion des familles et des journalistes. Dans notre région, cinquante sites seront ouverts au public auxquels il convient d’ajouter vingt-neuf écoles totalisant cinquante-deux classes qui ont déposé une demande pour participer à cette découverte sur autant de sites. Cette mobilisation démontre l’intérêt et l’attrait que génère ce secteur, notamment sous l’angle de la découverte des métiers et du potentiel d’emplois que cela représente.

D’ores et déjà, je remercie l’ensemble des personnes qui se mobilisent pour faire de ces journées une réussite et j’encourage chacune et chacun d’entre vous à être curieux en allant pousser, seul ou en famille, une ou plusieurs de ces portes. Vous serez sans aucun doute étonné par ce que vous y trouverez.

Jean-Pierre Fleury, président d’Interbev Bourgogne Franche-Comté

 

Pour en savoir plus sur les horaires des visites dans la région : http://www.la-viande.fr/made-in-viande

 

Aller au-devant des consommateurs, « cela fait partie de notre métier »

Les citoyens se posent de plus en plus de questions vis-à-vis de l’élevage et de la légitimité de la consommation de viande. Pour apporter des éléments de réponse, Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB), témoigne sur la nécessité pour les éleveurs de communiquer davantage sur les pratiques et sur les évolutions importantes qui ont eu lieu dans le métier.

 

Que pensez-vous des réactions des consommateurs qui considèrent que l’élevage est trop intensif et pas assez respectueux du bien-être animal ?

Bruno Dufayet : ces réactions montrent qu’il y a une vraie déconnexion entre ce que l’on fait dans nos fermes et ce que perçoit le consommateur. Plusieurs sujets remontent, avec énormément de questions sur la quantité de viande, la nécessité de manger moins et de manger mieux remonte. Nous, la filière française, nous rentrons dans ce schéma, mais à condition qu’on définisse le "mieux". Car les consommateurs décrivent souvent un modèle d’élevage à deux vitesses, ce qui existe, mais à l’échelle de la planète ! Ce n’est pas le cas à l’échelle de la France où l’élevage de bovins viande, c’est en moyenne 60 hectares et 55 vaches, avec toujours ce rapport entre la taille du troupeau, l’espace disponible pour le troupeau, et l’humain qui suit le troupeau. Ces proportions garantissent un système de production à la fois vertueux, qui maintient le lien au sol mais favorise aussi le bien-être des animaux comme des éleveurs.

 

Et pourtant, les gens semblent penser que les pratiques d’élevage étaient plus vertueuses avant…

B. D. : les gens ont l’impression qu’il y a plus d’atrocités qu’avant et, à ce niveau-là, on peut parler d’un vrai déficit de communication de la part des éleveurs. Moi, j’ai la même exploitation que mon grand-père, que mon arrière-grand-père. Par contre, les conditions d’élevage ont énormément évolué pour le troupeau. A l’époque de mon arrière-grand-père, les vaches étaient attachées pendant six mois, elles sortaient seulement matin et soir pour aller boire, elles étaient logées sur du pavé. Aujourd’hui mes animaux sont nourris matin et soir, ils ont de l’eau à volonté, déambulent librement dans la stabulation dont on change la paille tous les jours. Et cela, c’est l’hiver uniquement avant de le lâcher en plein champ… Les conditions d’élevage ont été améliorées dans le sens du bien-être.

 

Quelle doit-être l’attitude des éleveurs face à ce déficit d’information ?

B. D. : c’est vexant de voir que des gens pensent que l’éleveur n’a plus d’intérêt pour ses animaux, alors que le souci du bien-être animal, c’est la clé même de la réussite d’un élevage !

C’est blessant, mais il faut dépasser ce stade pour rebondir et expliquer que l’on a tout intérêt à bien élever nos animaux.

S’il y a controverse, c’est qu’il y a question, et s’il y a question, nous nous devons d’apporter des réponses. Aller au-devant des consommateurs, ça fait partie de notre métier aujourd’hui. Il faut aussi être en mesure d’étayer nos propos, en continuant à mener des études, à investir dans la recherche et le développement, à continuer à élaborer des chartes de bonnes pratiques et à les exposer au niveau de la société civile et des consommateurs.

Les vidéos de L214 comme celles des autres associations portent sur des exceptions dans des élevages ou des abattoirs, qui sont condamnables, mais qui ne sont pas la majorité. Nous nous devons, sur ces sujets, d’aller expliquer ce que l’on fait, quelles sont les vraies pratiques des éleveurs, les vraies pratiques en abattoirs. Nous devons adopter une posture plus offensive sur ces sujets-là.

 

Quelles sont les actions de la filière à ce niveau ?

B. D. : à Interbev, nous avons fait le choix d’une logique de RSE : responsabilité sociale des entreprises. On s’engage dans un pacte à tous les niveaux de la filière, ce n’est pas du marketing, c’est un véritable engagement. Nous allons nous appuyer sur la norme ISO 26.000 et nous faire auditer et contrôler, la première évaluation aura lieu en janvier 2018. Il s’agit d’intégrer, à chaque échelon, ces enjeux sociétaux en matière de bien-être animal, de nutrition santé, de durabilité du système, mais aussi de faire entendre tous les rôles et tous les services rendus à la société par notre filière.

Nous avons aussi lancé une communication autour des viandes racées, à travers des petits films race par race, où les éleveurs expliquent leur métier au quotidien. Ces vidéos sont diffusées sur les réseaux sociaux car, et c’est dommage, nous avons peu accès aux médias. L’idée est d’être au plus près du citoyen, mais aussi au plus près de la réalité des pratiques sur le terrain.

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