L'état des lieux de Fermoscopies

Cerfrance71 a présenté ses Fermoscopies 2018 en faisant une première session à Gueugnon mardi 24 novembre. Sans surprise, l’année laisse apparaître des résultats décevants notamment à cause de la météo. Mais ces réunions annuelles servent aussi à réfléchir à l’agriculture de demain et donc aux adaptations à envisager dès aujourd’hui.

Près de 200 personnes étaient présentes au foyer municipal de Gueugnon pour la présentation des Fermoscopies 2018.

La météo excessive de 2018 a fortement impacté les productions agricoles du département. Les producteurs bovins viande sont contraints à décapitaliser de façon anticiper les bêtes improductives. Dans le secteur bovin lait, la hausse du prix du lait tant attendue n’est pas venue alors que les charges ont augmenté. En culture, le rendement n’a pas non plus été au rendez-vous mais le phénomène est en partie compensé par la qualité et la conjoncture du marché. La viticulture finit l’année avec une belle récolte mais des cours sous pression et incertains. Se basant sur l’analyse de la gestion de 2.000 exploitations de Saône-et-Loire, Emmanuel Gros, du service analyses et statistiques, constate : « sur l’exercice 2017, trois exploitations sur quatre présentaient un risque nul ou faible. Cependant, le nombre présentant un risque élevé a progressé de deux points par rapport à 2016, chiffre qui a doublé en 10 ans ».

EBE en baisse de 9 %

Les filières viticulture, lait et céréale ont toutes vu leur revenu par Utaf (unité de travail agricole familial) augmenter. Ce qui n’est pas le cas pour la filière viande (43 % des 2.000 exploitations) : les projections 2018 laissent apparaître un EBE en baisse de 9 % par rapport à 2017. « Il y a une grande disparité de revenus, précise Eve Armenté conseillère entreprise, et les systèmes mixtes sont les plus impactés. 49 % des structures dégagent moins de 10.000 € de revenu moyen par UTAF ! ».
Parmi les solutions suggérées : optimiser l’outil de production en gardant l’exploitation à taille humaine ; optimiser ses ventes en diversifiant ses produits et en adaptant son offre à la demande du marché ou en proposant par exemple ses services à la collectivité ; se lancer dans la production d’énergie renouvelable.  
« La Saône-et-Loire présente de nombreux atouts, a rappelé Eve Armenté. Elle compte une multitude de débouchés et de nombreux signes de qualité, elle a plusieurs abattoirs de proximité  et un réseau socioprofessionnel dynamique et dense ».
Les mesures financières annoncées par le Département et la Région viennent également en soutien au secteur et l’audit à réaliser doit permettre aux exploitants de mieux se protéger de telles situations.

La méconnaissance des consommateurs

La matinée a ensuite été animée par Gabriel Tavoularis, directeur d’études et de recherches au Crédoc dont le propos était de donner des pistes pour s’adapter localement aux nouvelles attentes des consommateurs. Pour lui, l’une des clés passe par une meilleure communication sur les pratiques agricoles. « Les consommateurs ne connaissent plus le monde agricole et en sont de plus en plus éloignés. L’agriculteur a cependant une bonne image auprès des clients, donc à vous de vous en emparer pour véhiculer l’image de qualité de vos produits et pour communiquer sur vos modes de productions ». Et Thomas Lemaître, le directeur général de Cerfrance71 de conclure : « Le monde agricole doit raconter des histoires aux consommateurs et il y a beaucoup d’histoires de terroir à raconter. Il faut réenchanter l’agriculture et les agriculteurs ».

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