Viticulture Economie

Les 18-30 ans ont une autre façon de consommer le vin

Les Français de la génération des 18-30 ans ont une autre façon de consommer le vin : moins en quantité que les générations qui les ont précédés, plus en convivialité et en curiosité, plus avec leurs pairs qu’avec leur famille. Telle est la tendance de consommation synthétisée par une étude du Crédoc, exposée le 16 novembre en partenariat avec La Revue du Vin de France et l’association Vin & Société, qui vient de créer un laboratoire d’idées.

"Il s'agit moins de savoir que d'expérimenter"

La génération dite « Y », celle des personnes nées entre 1980 et 2000, se réapproprie le vin à sa manière. On sait que les jeunes générations en boivent moins. La part des 18-30 ans consommant du vin au moins une fois par semaine est en effet passée de 39 % à 31 % en 2013. Cela alors que pour les autres boissons alcoolisées (bières et alcools), cette part s’est maintenue à 40 %, a rappelé Thierry Mathé, chargé de recherche au Crédoc, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, qui dépend de Bercy.

Plus conviviale et raisonnée

Cette diminution de la fréquence s’accompagne d’une façon plus qualitative de consommer, d’après le Crédoc. La consommation chez les 18-30 ans est de plus en plus conviviale : 4 % seulement des prises de vin se font seuls (année 2013) contre 9 % en 2003.

L’apéritif dinatoire « est aujourd’hui devenu une nouvelle forme de repas autour du vin », a relevé l’étude du Crédoc. La fréquence des apéritifs dînatoires est plus importante dans cette classe d’âge que chez les plus âgés. Ainsi, ils sont 28 % à participer deux à trois fois par mois à des apéritifs dînatoires et 32 % une fois par mois, alors que pour les plus de 50 ans la fréquence tombe à 8 % et 24 % respectivement.

Les jeunes Français apprennent à apprécier davantage le vin à partir de leur propre expérience qu’à partir de critères transmis par le savoir. « Le vin est en premier bu avec des amis, puis en famille, alors que pour les plus âgés il est d’abord bu en famille », a commenté Thierry Mathé. C’est une façon « plus expérimentale de construire son identité, où il s’agit moins de savoir que d’expérimenter », a-t-il précisé.

Comprendre et transmettre

L’association Vin & Société, qui regroupe la filière viticole française, vient de créer un laboratoire d’idées. La présentation de l’étude du Crédoc le 16 novembre à la Maison des Métallos à Paris entrait dans ce cadre. « La filière viticole cherche à comprendre les nouveaux comportements face au vin et à transmettre les valeurs du patrimoine du vin pour une consommation raisonnée et qualitative », a indiqué Joël Forgeau, président de Vin & Société. Pour cette première édition, Vin & Société s’est associée à l’école Moda Domani Institute (école parisienne de commerce spécialisée dans les secteurs du luxe, de la mode et du design). Une des étudiantes a témoigné de cette façon typique d’aborder le vin dans les jeunes générations : « Je n’ai pas la culture du vin, je ne sais pas d’où il vient, je ne connais pas les châteaux, mais ça m’intéresse. Quel est mon profil de consommation ? Je ne sais pas, mais je découvre ».

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