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Tendance commerciale de la semaine 26 sur les marchés animaux

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l'analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

 

Bovins de boucherie

Alors que les relations entre les producteurs de lait et la distribution semblent s’apaiser après les accords sur les prix de la semaine passée (avec toutes les GMS, sauf Leclerc…), le climat commercial dans la viande tend, de son côté, à se dégrader. Un certain nombre d’enseignes qui ont pourtant signé les accords "Cœur de gamme" renforcent leurs commandes en piècé, lesquelles échappent partiellement ou totalement aux plus-values liées à la démarche, tout en gardant une base de carcasse pour ne pas (trop) froisser les éleveurs.

Le problème le plus marquant est le recul des commandes engendrées par la baisse de la consommation constaté lors de la semaine passée du fait de la canicule. Les frigos des abattoirs, des bouchers et des magasins ont de ce fait du retard dans les rotations, et si on peut considérer que c’est un bien pour la qualité des viandes (davantage de maturation), cela impacte sérieusement les échanges. Les abattoirs ont commencé à repousser des livraisons programmées et profitent de ce contexte pour peser sur les prix. Cela engendre de grandes disparités de valorisation pour une même conformation, car dès que l’on sort du cadre "Cœur de gamme", les transactions sont plus difficiles, confrontées à la demande réelle du marché à la saison de transition entre la fin de l’année scolaire, le début des soldes et la préparation de la saison estivale. Dans ce contexte, il semble utile de rappeler que la démarche "Eleveur & Engagé" (Cœur de gamme) ne fait d’ombre à aucune autre filière. En effet, les viandes sous signe de qualité représentent moins de 3 % de l’ensemble des viandes de bœuf achetées en France et les éleveurs qui font du label vendent en moyenne quatre animaux avec une plus-value de 10 à 15 centimes du kilogramme pour la carcasse ou la partie de carcasse labellisée.

Du côté de la production, la situation est inquiétante dans les régions en fort déficit hydrique, notamment sur la façade atlantique. La pluie en cours cette semaine sera malheureusement inefficace sur des prairies jaunies comme en plein mois d’août. Elle peut en revanche permettre d’étaler les sorties dans les régions qui ont le moins souffert avec des prairies encore vertes. Et elle fait tant de bien aux cultures…

Sur les marchés, les volumes ne sont pourtant pas abondants avec les travaux de saison (foins, moissons), mais les livraisons directes dans les abattoirs suffisent largement à couvrir la demande. L’activité commerciale est calme avec des tarifs difficilement maintenus dans les femelles haut de gamme. Le report des commandes vers les zones touristiques est encore peu significatif. La commercialisation est plus compliquée dans les charolaises avec des commandes en baisse dans les bonnes vaches viandées ainsi que dans les allaitantes de choix secondaire (de type "R") qui enregistrent quelques baisses. Les animaux d’entrée de gamme et en manque de finition sont un peu plus nombreux alors que la demande en viandes hachées est moins importante à la saison. Dans les laitières, les bonnes vaches frisonnes, normandes ou montbéliardes viandées perdent quelques centimes, mais c’est dans les animaux de moindre conformation (type "P-1" ou "P-2") que le tri est plus sévère. Les tarifs se tassent dans les taureaux, car les besoins en viande hachée sont en baisse. En jeunes bovins, la canicule n’a pas frappé que la France, les exportations vers l’Italie sont en baisse, et quand les animaux ne partent pas en ½ carcasse, les avants restent souvent sur le territoire pour une valorisation nettement moins favorable. Seule, la modestie saisonnière de l’offre permet de tenir les prix.

 

Bovins d’embouche et d’élevage

Même si certaines prairies restent verdoyantes, les herbagers réduisent leur activité à l’approche de l’été et se montrent très prudents face à la tension qui se profile sur le prix de la viande et au possible risque de sécheresse dans certains secteurs. Les tarifs se maintiennent au niveau de la valeur viande dans le bon bétail lourd et proche de la finition. La vente est plus sélective dans le cheptel de second choix, voire difficile dans les animaux âgés ou maigreux.

 

Broutards

Les bons charolais de 350 à 450 kg se tiennent pour le moment avec pas trop de soucis d’herbage dans la région. La situation est un peu plus compliquée dans les limousins dont les tarifs sont plus discutés. La tendance est également plus lourde dans les zones sèches, avec des écarts de prix plus marqués entre la belle marchandise vaccinée pour l’export et les broutards de moyenne conformation. Dans les femelles, la modestie de l’offre facilite la vente sur les bonnes laitonnes herbées de 350 kg. Le commerce demeure très calme avec des tarifs stables, mais peu élevés dans les légères ou les ordinaires exportés vers l’Espagne.

 

Veaux d’élevage et d’engraissement

L’animation commerciale est controversée, car si les intégrateurs ont maintenu leurs prix sur la grande majorité du territoire dans les veaux holsteins et mixtes face à des vêlages encore modestes, la tension est montée d’un cran dans le Sud-Est où les retards de sorties du veau gras ont fortement impacté le commerce des petits veaux. Le marché de Bourg-en-Bresse a enregistré des moins-values allant de -15 à -40 € dans les montbéliards, abondances, holsteins et croisés laitiers. Les bons veaux croisés montbéliards-charolais, restent bien valorisés.

 

Ovins

L’activité commerciale est plus calme, avec une consommation qui a sérieusement été affaiblie par la canicule de la semaine passée. Cette situation se positionne également à une période où la consommation est amoindrie par la fin du mois d’une part et le début des soldes d’autre part. Les tarifs se tassent légèrement dans les agneaux. Dans les brebis, les échanges sont réguliers dans les bonnes lourdes, mais la demande à l’export ne prendra réellement forme que vers la mi-juillet.

 

Porcs

L’animation commerciale est amoindrie par la fin de l’année scolaire et par le coup de chaud de la semaine passée. Le cours sur le Marché du porc breton est étal à 1,488 € du kilogramme dans une tendance européenne également sans changement.

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