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Olivier Rebaudet, écrivain passionné, ou l’art de sculpter des phrases

Lyonnais de pure souche, Olivier Rebaudet pioche dans son environnement et ses passions d’inépuisables sources d’inspiration pour écrire des romans où la forme compte autant que le fond. Rencontre.

Olivier Rebaudet revendique son attachement à la terre et au monde agricole.

Tout en effectuant une riche et fructueuse carrière dans l’univers du transport, Olivier Rebaudet a toujours eu une appétence pour la langue française et, plus particulièrement, pour quelques grands auteurs. « Je suis venu à l’écriture par la lecture des grands auteurs du répertoire classique français, de Balzac à Lamartine en passant par Zola. J’affectionne plus spécialement la littérature du XIXe siècle, où le style était recherché, travaillé, pour construire des phrases harmonieuses, où plusieurs idées étaient parfaitement articulées. Je considère que l’écriture est une sorte de sculpture des phrases pour parvenir à la meilleure esthétique. L’histoire, l’intrigue du roman, est pour moi un prétexte pour écrire ».

Dès lors, une fois à la retraite, Olivier Rebaudet décide de franchir le Rubicon et se lance alors dans l’écriture. Mais pas n’importe comment ! « Je recherche des thèmes puissants qui autorisent l’auteur à plonger dans des choses profondes : la question du loup, celles de la tauromachie, de la gloire et de la misère des canuts, de la vie rurale difficile. Et, maintenant, de l’occupation de Lyon par les nazis. Mis à part l’Andalousie, j’essaie de m’ancrer dans l’histoire de ma géographie. Du coup, je redécouvre ma ville et ma région, avec des yeux neufs et passionnés ». Avec toujours le souci du détail, de la précision - voire de la méticulosité - grâce à un important travail documentaire en amont.

Les racines de ce pur lyonnais né à La Croix Rousse - mais dont le fils travaille à Mâcon dans l'Agriculture - sont essentielles au moment de trouver l’inspiration. « Ma famille et mes ancêtres sont très attachés au terroir. Mes racines ne sont pas dans le bitume, elles sont dans la glaise. Nous sommes farouchement défenseurs de la paysannerie française, pour ce qu'il en reste, et nostalgiques pour celle qui a sombré sous les coups d’une modernité aux bénéfices souvent illusoires ».

Du loup à Séville...

Olivier Rebaudet se fait remarquer dès 2013 avec un premier roman intitulé "Le crime du loup". Dans les hautes montagnes savoyardes, les loups - de plus en plus nombreux et audacieux - font des carnages dévastateurs dans les troupeaux. Les bergers doivent faire face à ce fléau avec des moyens dérisoires ou inadaptés. Un journaliste mondain envoyé par sa rédaction pour rendre compte de l’agitation d’un village reculé, commence à comprendre cet univers qui lui est étranger et à l’apprécier... Lors d’un évènement tragique auquel il va s’intéresser, en mettant les pieds dans la boue, pour faire émerger une autre vérité sur les faits qui contredisent la version officielle, il en apprendra sur lui-même dans sa vie professionnelle et surtout sentimentale.

Il ne faudra attendre qu’un an pour découvrir son deuxième roman, "Orage à Séville". En Andalousie, les temps sont durs pour la famille du baron Fronteja et pour ses toros sauvages. Même ces animaux au sang chaud ne sont pas épargnés par la crise. Le rachat d’une partie des terres par les frères Bonillo marque le début d’événements troublants et tragiques. Avec leurs méthodes particulières, ces derniers ne tardent pas à se faire détester au sein de la finca. La situation s’aggrave à partir de la corrida de la san Miguel, où les toros de l’élevage combattent. Le commissaire Manzano va mener son enquête en s’immergeant au cœur de ce milieu fermé, loin de tout.

Le tournant de 2016...

D’abord publié en auto-édition, Olivier Rebaudet a su séduire "Les éditions du Mot Passant". C’est par cet intermédiaire qu’il sort en 2016 son troisième ouvrage "Une épine dans la soie". Il s’agit du destin, au XIXe siècle, d’une famille lyonnaise de tisseurs de soie qui se lance dans le défi du progrès technique pour tenter de vivre mieux, voire de survivre. L’auteur offre ici une plongée dans l’histoire industrieuse de Lyon au début des années 1800.

Olivier Rebaudet renouvelle l’expérience en 2017 avec "La colline sauvage". Cette fois, il décrit la confrontation explosive entre générations dans l’après-guerre, dans une région coincée entre Monts du lyonnais et Beaujolais. « Lorsque j’écris, je sais dès le départ où je vais arriver ».

Passionnant à lire et à écouter, Olivier Rebaudet est allé à la rencontre de ses lecteurs lors d’une séance de dédicaces au magasin Cultura de Mâcon le samedi 7 avril. L’occasion d’échanger avec un auteur à la fois authentique, cultivé et attachant.

Deux nouveaux romans à venir

Le Sang des Gavassines est la suite de Une Epine dans la Soie.

Toujours aussi prolixe, Olivier Rebaudet travaille actuellement sur deux romans. Le premier, "Le sang des Gavassines", est tout simplement la suite de "Une épine dans la soie". En cours d’édition, il compte l’histoire d’une famille de tisseurs dans les années terribles 1830-1831 qui ont conduit à la révolte des canuts.

Par ailleurs, l’auteur a choisi de changer d’univers en s’attaquant à une période sombre de notre histoire. En effet, il écrit actuellement un roman historique du temps de l’occupation de Lyon par les nazis. Un moment clé où Pétain ne met pas toujours tout le monde d’accord au sein d’une même famille...

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