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Labodanim à Mâcon donne vie à l’inanimé

A la fois métier et passion pour Karine Miralles, le cinéma d’animation séduit un large public avide de découvrir une technique plus que centenaire.

Karine Mirallas avoue sa passion pour son métier.

L’animation est à l’origine du cinéma. Animer, c’est donner l’illusion du mouvement à partir d’une suite d’images fixes. On décompose un mouvement en une série de dessins qu’on projette ensuite tellement vite que l’œil ne perçoit pas séparément chaque phase du mouvement. Ce qui donne l'impression rétinienne d'un mouvement continu. C’est sur ce principe qu’ont été inventés les jouets optiques, puis les pantomimes d’Émile Reynaud ou les photographies animées des frères Lumière. C'est toujours ce même principe pour les vidéos numériques.

Cet univers de l’animation, Karine Miralles le découvre à Lyon lors de ses études de dessin. Un centre d’intérêt qui allait très rapidement se transformer en passion. Elle travaille de nombreuses années à Annecy au sein d’une association oeuvrant à l’éducation par l’image. Puis elle décide d’ouvrir sa propre structure, Labodanim, à Mâcon au mois d’octobre 2011.

Passion partagée

Un bon moyen de faire découvrir à tout type de public la technique traditionnelle de l’animation. « Cela consiste à donner vie à ce qui ne bouge pas. A la base, il faut écrire un scénario, souvent de manière collective. Lequel scénario définit généralement la matière utilisée qui peut être de la pâte à modeler, du papier découpé, des silhouettes… Puis il y a un story board, c’est à dire un scénario en images. On construit ensuite ses personnages ». Avec plusieurs impératifs. Comme par exemple de séparer le corps de la tête ainsi que des jambes et des bras. Arrivent les prises de vue image par image pour faire vivre le personnage. Un travail d’extrême patience. Une fois terminé, il faut procéder au montage et à la réalisation de la bande son.

Tout cela, il est possible de le découvrir en cours dès l’âge de sept ans. Cette formation se déroule dans sa boutique, tout au long de l’année, ou lors de stages. « Je peux également me déplacer avec mon matériel. » A la fin de l’année, après environ 60h de travail, les élèves présentent leur film d’animation sonorisé. « Chacun choisit sa technique selon ses envies, ses capacités. Le plus difficile est de mettre sur pied un scénario sobre et efficace. » Elle s’adresse aussi aux enfants d’école primaire, ravis de participer à une telle activité. A l’image de Hector pour qui « c’est bien de pouvoir raconter une histoire. » Alors que Altina s’est dit « intéressée par la possibilité d’animer des personnages », Marion a souligné son envie de « travailler la pâte à modeler et de manipuler des objets ». Et de conclure, tous en cœur, en disant « le plaisir de raconter une histoire ensemble ».

Langage international

Par ailleurs, Karine Miralles se rend régulièrement à l’étranger comme en 2016 où elle a formé onze enseignants à Valence (Espagne). « Je disposais de deux semaines pour qu’ils puissent se débrouiller seuls et réaliser un film d’animation ». On évoquera aussi la Bulgarie. « Chaque année se déroule un festival de film sur les bords de la Mer Noire. J’organise des ateliers dans ce cadre. Les films sont projetés le soir de la clôture ». Un métier qui l’a en outre menée du côté de Cuba et au Japon.

Les origines de l’animation

Le cinéma d’animation naît en deux temps. D’abord à la fin du 19ème siècle avec le théâtre optique d’Émile Reynaud. Puis une deuxième fois après l’invention du cinématographe quand des bricoleurs parviennent à appliquer l’image par image à ce dernier, d’abord pour produire des effets spéciaux, puis pour créer des œuvres à part entière. Parmi les pionniers, souvent solitaires, de l’animation, beaucoup viennent du dessin de presse. Le dessin animé est rapidement majoritaire. Mais presque toutes les techniques sont expérimentées dès les premières années. Après les expérimentations des pionniers, l’animation s’industrialise, grâce notamment à plusieurs inventions. Le Québécois Raoul Barré met au point la perforation standard des feuilles de dessin ainsi qu’un système permettant de ne pas avoir à redessiner à chaque image les parties immobiles. En même temps Earl Hurd fait breveter le cel process, encore utilisé : on dessine les parties mobiles sur des feuilles de celluloïd transparent, appliquées sur les décors peints une fois pour toutes. La division du travail, orchestrée aux Etats-Unis d'Amérique par John Randolph Bray, permet d’augmenter considérablement la production de dessins animés et engendre les premières séries comiques. Après le succès énorme de son personnage Mickey Mouse, Walt Disney accélère l’industrialisation dans les années 1930 : il passe de six employés en 1928 à 1.600 en 1940.

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