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Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l'analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

Bovins de boucherie

L’ambiance est morose dans les campagnes avec des tarifs qui restent globalement insuffisants pour la majorité des éleveurs. La progression des ventes dans le "Cœur de gamme" (marque " Éleveur et Engagé") n’est pour l’heure pas à la hauteur des attentes des éleveurs - en dépit des plus-values bien réelles apportées - avec des retards de sorties observées dans les organisations de producteurs qui ciblent ce débouché. Le plus important souci du moment réside dans la commercialisation des pièces nobles des animaux, alors que l’écoulement ne pose pas de problème en ce qui concerne les avants. L’équilibre carcasse est de fait difficile à faire et entraîne une tension sur les prix.

La viande de qualité est touchée avec un recul des ventes des pièces nobles. Si dans certains milieux, consommer de la viande demeure un marqueur social, c’est plutôt le contraire pour les nouvelles générations, notamment pour celles qui vivent dans les centres urbains. Pour une grande partie de la population (50 %), la viande se consomme –désormais sous forme de viande hachée ou de viande préparée essentiellement produite à base de réformes laitières ou d’avants de race à viande d’entrée de gamme.

Les acteurs de la filière vont se retrouver la semaine prochaine au Sommet de l’Elevage et ils vont tâcher de faire monter la pression auprès des distributeurs et des acteurs de l’aval pour renforcer la communication axée sur les "Viandes de France" et sur le "Cœur de gamme". Les conversions en agriculture bio et les filières courtes se développent. Ces schémas de production ont en effet des niveaux de valorisation bien supérieurs à ceux des circuits traditionnels et surtout ils ne sont pas soumis de la même manière aux aléas de l’offre et de la demande. Alors qu’une solution viable se dessine ainsi pour une partie des éleveurs, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a confirmé la suppression des aides au maintien pour la filière bio. Dès lors, on peut se poser la question : où est la volonté ou la trame pour sortir l’élevage français de l’ornière… ?

Sur les marchés, la demande est peu dynamique en cette période de transition entre la consommation estivale et celle d’hiver. Le commerce est calme, même si les volumes se montrent moins importants cette semaine sur les marchés. Les tarifs se maintiennent avec difficulté dans les femelles haut de gamme. La vente reste tendue dans les charolaises lourdes et les tarifs restent discutés dans les réformes allaitantes de choix secondaire âgées ou en manque de finition. Dans les laitières, les industriels maintiennent la pression notamment sur les montbéliardes de moindre conformation. Pas de changement dans les taureaux de réformes. Quant aux jeunes bovins, les disponibilités sont juste suffisantes pour la demande, aussi les tarifs se tiennent-ils.

 

Bovins d’embouche et d’élevage

Pas de changement d’orientation avec une demande ciblée sur des vaches de gabarit et proches de la finition avec une conformation ordinaire. C’est la gamme de marchandise recherchée par les abattoirs. Les engraisseurs sont prudents dans le bétail de second choix à finir plus tardivement sur l’automne ou l’hiver.

 

Broutards

Les bonnes conditions climatiques de ces dernières semaines apportent une bonne pousse automnale de l’herbe. Les sorties sont modestes et les expéditions vers l’ensemble de nos clients à l’export (même si la Turquie se fait encore et toujours attendre…) permettent une assez bonne activité avec des tarifs qui se montrent très convenables pour les éleveurs à condition que les animaux soient correctement préparés pour ces marchés. Les transactions sont régulières avec des tarifs attractifs sur l’ensemble des catégories. Dans les femelles, la demande est soutenue dans les bonnes laitonnes de 300 à 350 kg vaccinées et exportées vers l’Italie. Les tarifs sont stables dans les ordinaires.

 

Veaux d’élevage et d’engraissement

Les intégrateurs adaptent leurs commandes à leurs prévisions de sortie pour février 2018 alors que l’offre va atteindre son pic du fait du pic attendu des vêlages. Les contingents ont été remis en place, ce qui libère des veaux pour l’export, mais ce marché semble également saturé dans les holsteins avec des tarifs en baisse sur l’Espagne. Après la baisse de la semaine dernière, les tarifs se stabilisent dans les montbéliards ou les abondances même si le tri reste sévère à l’achat. La situation est très compliquée dans les croisés laitiers qui subissent une forte pression des acheteurs. Dans les veaux allaitants, les tarifs se maintiennent dans les charolais ou les croisés montbéliards de bonne conformation ; le tri est toutefois plus sévère dans les ordinaires notamment dans les femelles.

 

Ovins

Le désintérêt chronique des Français pour la viande ovine se poursuit, ce qui inquiète sérieusement les acteurs de la filière. Les besoins en vue des promotions en GMS sont couverts et l’activité commerciale est plus calme. Les sorties sont mesurées et équilibrées face aux besoins des abatteurs, ce qui permet de maintenir les prix dans les bons agneaux. La commercialisation se montre plus sélective dans les sujets ordinaires et ceux en manque de finition. En brebis, la vente est plus calme avec un recul de la consommation. Les tarifs sont plus discutés notamment dans les brebis mal finies.

 

Porcs

La vivacité du marché français et européen dépend des exportations vers les pays tiers, notamment vers la Chine. Or le recul des ventes vers "l’Empire du milieu" s’est accentué depuis ces dernières semaines, ce dernier ayant opté pour des approvisionnements depuis la Russie (le blocus à l’encontre de la Russie a favorisé les investissements de ce pays et sa montée en puissance comme acteurs majeurs sur plusieurs marchés agricoles…). Conséquence, le prix sur le Marché du porc breton a plongé à 1,276 € du kilogramme ce lundi (-0,049 €). Pour rappel,  ce prix s’élevait à 1,534 € il y a seulement un an…

 

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