Lait Elevage

Le premier lait 100 % régional

La Bourgogne Franche-Comté a désormais aussi son lait. En effet, une laiterie de Côte d'Or vient de sortir du lait en brique provenant à 100 % d'élevages de la région. Sur les douze producteurs concernés, six sont de la Saône-et-Loire... et particulièrement fiers de participer à cette aventure.

La plupart des douze producteurs n'ont pas hésité à être photographiés pour figurer directement sur les briques de lait. Tous participent à la promotion de "leur" lait, que ce soit auprès des médias ou lors des animations et dégustations organisées un peu partout dans la région depuis quelques semaines.
Il faut dire qu'un lait garanti 100 % issu d'élevages de Bourgogne Franche-Comté c'est non seulement dans l'air du temps mais surtout une première.
Six exploitations de Saône-et-Loire font partie de l'aventure : quatre de Pierre-de-Bresse, Éric Chalumeau, Fabien Daloz, Jean-Michel Guigue, Sarah et Julien Gandrey ; Vincent Laurin et Jérôme Ferrand de Saint-Germain-du-Bois ; Guillaume et Alexis Charton de Charette-Varennes.

150 € de plus les 1.000 litres

Ces producteurs livrent déjà tous leur lait à la laiterie Delin, basée à Gilly-lès-Citeaux en Côte-d'Or.
« Cette laiterie a en tout douze apporteurs, désormais tous concernés par la vente de ce lait. De son côté, la laiterie n'achète pas de lait ailleurs », précise Sarah Gandrey.
À la base, cette laiterie côte-dorienne commercialise des fromages, parmi lesquels du brillat-savarin, du morbier, de la brie de Melun, du crémeux de Bourgogne, etc. Plus des fromages blancs et des yaourts. Et jusqu'il y a peu, pas de lait.
« C'est avec la volonté de rémunérer mieux ses producteurs que Philippe Delin, le président de la laiterie, nous a proposé de sortir cette gamme de lait UHT », détaille encore Éric Chalumeau.
Une proposition lancée il y a un an. Il aura donc fallu plus de douze mois pour réaliser l'étude de marché, constituer le dossier, obtenir les autorisations, et lancer la commercialisation des briques de lait.
Ce lait en surproduction était jusqu'à présent vendu en lait spot, donc selon le cours du marché. « On en obtenait en moyenne 250 € les 1.000 l, explique Julien Gandrey. Avec ce lait, la fromagerie Delin nous garantit une rémunération de 400 € les 1.000 l ». Un appel d'air qui fait du bien dans la période actuelle et entre pleinement dans l'esprit des ÉGAlim.

En conversion "sans OGM"

« L'objectif est pour l'instant de vendre 25.000 litres par semaine », détaille les producteurs. « Si le lancement peut bien marcher, car suscitant la curiosité des consommateurs, c'est surtout le réassort qui déterminera le succès de la démarche » avance prudent Vincent Laurin.

Toujours est-il que cette initiative a engendré pour eux quelques changements dans leur conduite de ferme. « Nous pourrons bientôt afficher ce lait sans OGM car nous sommes tous en conversion depuis avril dernier », expliquent-ils. « De toute façon, nous aurions dû y venir un jour où l'autre, donc cela n'a fait qu'accélerer notre transition ». Toujours est-il que le surcoût de l'achat de l'alimentation non OGM, essentiellement le soja, se trouve en partie compensé par cette rémunération plus élevée du lait.

« Cela nous permet de nous projeter et pour certains d'entre nous d'investir, notamment dans des robots de traites ou en augmentant leur troupeau », relaie Vincent Laurin. D'autres cherchent à encore plus développer leur production céréalière.
La vente aux particuliers n'est pas le seul débouché possible « dans l'esprit actuel du circuit court, la restauration collective pourrait aussi être intéressée par notre lait produit localement », souligne Éric Chalumeau.
Ce sont donc des producteurs de lait motivés et portés par « le bon dialogue et la relation de confiance » nouée avec leur laiterie qui participent à la promotion du lait de leur campagne.

Un million de litres par an

« Nous avons de bons retours !  La première citerne de 25.000 l a déjà toute été livrée, car certains points de vente ont demandé deux fois du réassort, et elle a déjà été vendue à moitié », se félicite Philippe Delin, le président de la laiterie Delin commercialisant le lait.
Si la prochaine citerne est déjà programmée, le rythme envisagé à court terme va justement être de transformer les 25.000 l de lait en briques, tous les 15 jours, trois semaines, « ceci dans un premier temps, car notre objectif est d’atteindre ce volume de façon hebdomadaire d’ici le début d’année prochaine, pour écouler un million de litres de lait par an… ».

Mieux rémunérés

Actuellement, on retrouve ce lait dans une trentaine de points de vente en Bourgogne Franche-Comté, « nous n’avons encore eu aucun refus pour l’instant. Les enseignes sont elles-mêmes en demande de ce produit régional ».
Outre l’investissement marketing, le lancement de ce lait a engendré un coût supplémentaire pour la laiterie qui s’est engagée à mieux rémunérer ses apporteurs : « augmenter le prix d’achat à 40 € les 1000 litres a représenté un surcoût de l’ordre de près de 300.000 € pour la laiterie, ce que nous répercutons sur le prix de vente des fromages, mais une juste rémunération de nos producteurs a toujours été notre volonté ».

Le bar à lait

Pour l’heure, la laiterie passe par un prestataire de service situé dans la Loire pour conditionner le lait en UHT, « à termes, notre objectif sera d’investir dans notre propre ligne UHT », mais aussi de sortir un lait « bio » par l’intermédiaire des apporteurs bio du Doubs et d’écouler une partie de cette production via les collectivités Région et Départements pour la restauration collective.
En attendant, la laiterie et les producteurs multiplient les animations et les dégustations, pour aussi apprendre ou réapprendre aux consommateurs à boire le lait autrement, notamment grâce à un bar à lait proposant du lait à déguster avec tout un panel de sirops différents.

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