Elevage

En route pour l’éradication collective de la BVD !

En septembre, la zone Est-Saône du département expérimentera le nouveau plan de prophylaxie collective de la BVD. Une répétition grandeur nature avant l’obligation ministérielle et la généralisation à toute la Saône-et-Loire en 2020.

Tous les éleveurs situés à l’Est de la Saône recevront ce kit de prélèvement dès cet été lors de la réception des boucles d’identification habituelle. Les éleveurs situés à l’ouest de la Saône pourront également "démarrer" dès cet été. Il leur suffit pour cela de contacter le GDS avant la commande des boucles de juin.

La Saône-et-Loire s’apprête à se lancer dans un plan d’éradication généralisé de la BVD. Ce plan sera testé dès le mois de septembre à l’échelle de la zone Est du département. Puis il sera généralisé à toute la Saône-et-Loire en septembre 2020. Pour informer les éleveurs concernés, le GDS 71, en lien avec les cabinets vétérinaires de la zone Bresse, a animé une dizaine de réunions de Tournus à Pourlans en passant par le Louhannais et Varennes-Saint-Sauveur.

Le premier message que le GDS a tenu à faire passer aux participants, c’est que la BVD a des impacts lourds lorsque ce virus circule dans un élevage. Une mortalité pouvant être multipliée par trois jusqu’à 24 mois ; un triplement du nombre d’avortements ; des soins aux veaux quadruplés ; un triplement du nombre de retour en chaleur… Les impacts en termes de santé, production, troubles de reproduction sont nombreux et ils affectent la charge de travail et les finances de l’exploitation. Il faut compter 3.000 € de perte par élevage infecté, indique le GDS et c’est une estimation basse. A l’échelle de la Saône-et-Loire, avec 12% d’élevages infectés, cela équivaut à deux millions d’euros « qui coûtent cher aux éleveurs », pointent les membres du GDS 71.

L’assainissement individuel ne suffit pas

Les plans d’assainissement individuel tels qu’ils sont pratiqués aujourd’hui (vaccination volontaire + assainissement foyers) ne suffisent pas pour lutter contre la maladie. Une gestion collective s’impose. 19 départements du nord-est de la France, couvrant la zone frontalière s’étendant du Nord-Pas-de-Calais au Jura, sont engagés dans une gestion collective depuis plusieurs années. Un arrêté ministériel prévu en 2019 rendra obligatoire l’éradication de la BVD sur tout le territoire.

La gestion collective de la BVD repose sur quatre mesures. Le dépistage systématique de tous les veaux à la naissance. Les rassemblements (concours, ventes, pâturages collectifs…) ne devront compter que des animaux de statut favorable non IPI. Tous les animaux détectés IPI devront être éliminés dans les quinze jours. Les adultes IPI pourront être abattus sous réserve qu’ils soient acheminés vers l’abattoir en transport direct. Ne pourront être introduits que les animaux qualifiés non IPI ; les bovins dont le statut est inconnu seront mis en quarantaine et contrôlés. A terme, seuls les animaux ayant la garantie non IPI pourront être vendus à un élevage.

Pour les éleveurs, cette nouvelle prophylaxie collective va se concrétiser par la pose de boucles préleveuses sur tous les nouveaux nés et l’élimination immédiate de tous les IPI diagnostiqués.

La Bresse comme zone test

Ce plan d’éradication collectif fera l’objet d’un test grandeur nature à l’est de la Saône à partir du mois de septembre 2019. Ce secteur a été choisi parce qu’il est limitrophe des départements où l’éradication de la BVD est en route. C’est aussi une zone d’élevage diversifiée avec du lait et de l’allaitant et où le taux de vaccination est plus faible qu’à l’ouest, justifie-t-on. Ailleurs, les mesures collectives pourront être adoptées par les élevages volontaires.

En pratique, pour tous les éleveurs de cette zone « Est Saône », la première étape sera la réception de boucles d’identification préleveuses dès l’été prochain. Les éleveurs recevront des kits contenant tout le nécessaire pour l’identification de l’animal et son dépistage BVD (pince, boucles, tube à échantillon, enveloppe « T », étiquette). Un prélèvement de cartilage sera effectué en même temps que l’éleveur posera la boucle sur l’oreille du petit veau. Un dispositif de contention est recommandé pour la réussite de l’opération. Ce prélèvement, conditionné dans un tube, placé dans l’enveloppe retour, daté, étiqueté, devra être posté au laboratoire dans les 48 heures (72 heures si conservation au réfrigérateur). Si l’analyse virologique révèle un résultat positif, il sera procédé à l’assainissement du foyer.

Retour sur investissement

Dans le département du Jura, le plan d’assainissement collectif de la BVD a permis d’atteindre 70% de bovins certifiés non IPI au bout de 18 mois de généralisation du bouclage. 87% des veaux nés étaient dépistés et seulement 0,6% des veaux testés étaient positifs à la naissance. Des résultats extrêmement encourageants, d’autant qu’ils sont le fruit d’une démarche basée sur le volontariat, font valoir les responsables du GDS 71.

Dans les premières années, la mise en place de ce plan d’éradication aura certes un coût pour les éleveurs. Mais un retour sur investissement est attendu au bout de six ans environ alors que la maladie sera quasiment éradiquée et tandis que les frais de surveillance diminueront. Pour 2019, les éleveurs volontaires bénéficieront d’aides conséquentes faisant qu’au final, 4€ par veau resteront à la charge des éleveurs. Ce qui équivaut à un reste à charge de 200€ pour un cheptel de 50 vêlages, calcule le GDS. Des conditions avantageuses qui ne seront peut-être plus vraies demain quand le dépistage sera rendu obligatoire. Il faut savoir aussi que le futur arrêté ministériel prévoit le blocage des ventes jusqu’à la fin de l’assainissement. Mieux vaut donc anticiper, recommande le GDS 71.

Eliminer les « IPI », véritables bombes à virus…

La BVD est une maladie virale qui se transmet par contact direct. Il existe une contamination classique dite « horizontale », d’animal à animal entrainant une virémie transitoire. Un autre mode de transmission, « verticale » cette fois, se fait de la mère au fœtus entre le 2ème et le 5ème mois de gestation. C’est ce second mode de transmission qui fait naitre des futurs IPI (Infectés Permanents Immunotolérants). Redoutables, ces animaux IPI ne présentent pas forcément de signes cliniques mais « crachent du virus » et contaminent donc à tout va leurs congénères. La nocivité de ces fameux IPI démontre toute l’importance de vacciner les mères pour éviter leur « formation », mais aussi d’éliminer les IPI dans les plus brefs délais.

« Les veaux négatifs en virologie à la naissance obtiendront quant à eux la garantie non IPI et leurs mères également », informe le GDS.

Le virus de la BVD bien présent en Saône-et-Loire

L’état des lieux réalisé l’an dernier en Saône-et-Loire révèle que 38% des élevages allaitants du département sont vaccinés contre la BVD. Un taux supérieur aux départements nord bourguignons et supérieur aussi à la vaccination des cheptels laitiers saône-et-loiriens protégés à 28%. L’étude montre par ailleurs que le virus a circulé dans 65% des élevages allaitants non vaccinés. En laitier, c’est 46% des troupeaux non vaccinés qui ont été confrontés au virus.

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