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La Cave de Lugny est toujours aussi performante

La Cave de Lugny a beau avoir 90 ans, ses vignerons n’en finissent plus d’améliorer ses performances. Avec un chiffre d’affaires de 35,6 millions d’€ lors de l’exercice 2016-2017, la montée en gamme est avérée. Nouvelles cuvées, nouvelles segmentations, nouveaux outils (chais, caveau…), la dynamique n’entend pas s’arrêter en si bon chemin.

« Fini l’image des petits prix, c’est une victoire », se félicite le président de la Cave de Lugny, Marc Sangoy. D’ailleurs, derrière ce constat positif, se cache un mouvement de fond pour tout le Mâconnais viticole, dans le sillage de la montée en gamme des vins des caves coopératives. Le rapport qualité-prix est plus que jamais reconnu.

Avec un chiffre d’affaires de 35,6 millions d’€ (M€) sur l’exercice 2016-2017, la cave réussit une progression de +4 %, soit 1,3 M€ de plus, due à l’effet Pprix pour 300.000 €. Le reste résulte de l’effet Volume avec une progression du nombre de cols vendu. « Cela veut donc dire que les importantes hausses passées, il y a cinq ans, ont résisté et sont aujourd’hui acceptées par le marché », analyse Marc Sangoy. Pas de marche arrière donc pour les 5,9 millions de bouteilles vendues.

Sur vingt-cinq communes, les cent-quatre-vingt-dix-neuf exploitations adhérentes ont récolté 77.022 hl en 2017, pour une vingtaine d’appellations. Du VCI a été débloqué, ce qui a permis d’« amener de la régularité » pour les marchés de la cave. Un point positif. La campagne 2017 (-14 %) n’a en effet pas été épargnée par les aléas - le gel et la grêle notamment - puisque la récolte 2016 avait atteint 92.700 hl. Certes, à l’inverse, le VCI « permet aussi une visibilité » aux acheteurs qui se sont permis d’attendre pour acheter le vrac, faisant « légèrement fléchir » les cours. Mais globalement, les opérateurs « doivent maintenir la valeur » pour ne pas détruire la dynamique mâconnaise.

Et pour apporter de la valeur aux consommateurs, il y a le travail à la vigne et le travail à la cave pour faire ensemble des vins de qualité. En cela, la cuverie "Les Florières" d’une capacité de 14.000 hl est un outil technique pleinement satisfaisant pour les équipes leur offrant un « outil moderne » pour travailler. La coopérative peut désormais vinifier dans des « plus petits » contenants pour développer les lieudits et les cuvées.

Sainchargny, bio, sans sulfite…

Engagée dans la démarche environnementale et sociétale VDD (Vignerons en développement durable), la Cave de Lugny s’est lancée dans le bio ou encore dans la vinification sans sulfite (pour un mâcon-Péronne En Chassigny). « Un groupe de vignerons - jeunes et moins jeunes - souhaitait aller plus loin dans le respect de l’environnement », se félicite Marc Sangoy qui a vu le groupe s’agrandir. Ils sont désormais dix-huit. Le vin sera commercialisé sous le nom de "Domaine de la Croix Salain" en 2020. A l’avenir donc, puisqu’il faut trois années de conversion. Un crémant bio devrait également voir le jour.

Avec l’arrivée de la nouvelle appellation communale "Lugny", la cave ne pourra plus inscrire son nom sur les étiquettes des autres appellations « et les bulles se commercialisent très bien sous une marque comme le démontrent les champagnes ». Ainsi, une nouvelle marque devait-elle voir le jour. Elle a été présentée lors de la dernière assemblée générale : il s'agit de' Sainchargny, contraction de Saint-Gengoux-de-Scissé, Chardonnay et Lugny. Son slogan sera « libre, fier et insoumis », fruit de deux ans de réflexions, depuis le séminaire de 2015.

La cave mise aussi sur la démarche "premium" d’Eminent et de Grand éminent pour des crémants élevés pendant minimum 24 et 36 mois. Ils se positionneront sur le haut de gamme. "L’immémorial", le crémant Grand éminent sera présenté pour la première fois aux portes ouvertes des 5 et 6 mai prochain. Son prix de vente sera positionné en haut de gamme, l’idée étant toujours de retourner davantage de valeur ajoutée aux coopérateurs.

Pour vendre de telles cuvées, le marketing et tous les services commerciaux doivent se coordonner parfaitement. En local, un projet de nouveau caveau de vente et de dégustation devrait ainsi sortir de terre et être opérationnel dès 2019.

Transparence

Qui dit crémant de Bourgogne dit vendanges manuelles. 2017 a été marquée par un manque de vendangeurs. La Cave de Lugny a donc décidé de faire appel au service Emploi & Paie de la FDSEA de Saône-et-Loire pour créer un groupement d’employeurs afin de « trouver de la main-d’œuvre ».

Au sein de la cave, un groupe travaille, lui, de son côté au sujet de la transmission. Nul doute que ce travail devrait intéresser le nouveau groupe "Jeunes". Leur première action a été d’organiser une visite de leur outil coopératif, qui est bien « le prolongement de leur exploitation » : des bureaux à la visite des chais durant toute une journée. A refaire souhaitent-ils. Et pour continuer dans ce « bien vivre ensemble », à l’intérieur comme à l’extérieur, la cave a lancé une enquête de satisfaction.

Tout ceci contribue à être totalement « transparent » avec tous les adhérents, notamment sur le partage de la valeur. « La vraie performance de notre coopérative, c’est bien le pourcentage du chiffre d’affaires qui est distribué aux coopérateurs », conclut Marc Sangoy, confiant dans l’avenir.

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