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Faire face à la canicule

De fortes chaleurs s’abattent depuis lundi sur la France avec des conséquences importantes pour les agriculteurs, qu’ils soient céréaliers, arboriculteurs, maraîchers ou éleveurs.

C’est une « canicule sans précédent en juin » que la France et l’Europe subissent depuis ce lundi 24 juin avec des températures frôlant les 40 °C au plus chaud des journées de mercredi, jeudi et samedi, selon Météo France. La nuit, la température ne redescend pas en dessous de 21 °C, notamment dans les agglomérations. Cet épisode est lié à l’installation d’un flux de sud entraînant la remontée d’une masse d’air très chaud sur l’Europe en provenance du Sahara. Météo France insiste sur le caractère exceptionnel d’un tel phénomène au mois de juin.

Protéger ses salariés

Pour les agriculteurs, ces fortes chaleurs vont multiplier les heures de travail pour réussir à tout faire. Sur les grandes cultures, cet épisode de canicule entraîne un « mûrissement plus rapide des blés », indique Thibaut Ray, ingénieur régional à Arvalis-Institut du Végétal. « Cette chaleur soudaine va accélérer la maturation du grain, ce qui va certainement abîmer un peu le potentiel de production, mais il est trop tôt pour l’estimer », poursuit l’ingénieur. « Pour les orges, ils sont en cours de récolte depuis quelques jours, cela ne devrait pas les impacter. En maïs, l’irrigation va se systématiser et leur croissance devrait en profiter. Pour les agriculteurs qui doivent moissonner, récolter les pailles et gérer l’irrigation, les journées risquent de devenir trop courtes, souligne l’ingénieur. Tout va se bousculer dans les prochains jours ».
Pour éviter de travailler aux heures les plus chaudes, les agriculteurs comme les arboriculteurs ou les maraîchers vont mettre leur réveil plus tôt pour commencer les travaux à la fraîche, tôt le matin ou tard le soir. Les salariés agricoles vont également être amenés à embaucher plus tôt, afin d’éviter de travailler aux heures les plus chaudes de la journée. En cas de fortes chaleurs, les employeurs doivent tenir à la disposition de leurs salariés de l’eau. Pour le reste, le Code du travail indique que l’employeur à une obligation de santé-sécurité, une notion assez floue qui impose néanmoins à ce dernier de veiller aux bonnes conditions de travail de ses salariés.

Des éleveurs mobilisés

Du côté des éleveurs, la canicule peut avoir des impacts significatifs sur les animaux en entraînant une baisse de production ou une plus faible croissance. Porcs, volailles ou bovins, tous craignent les fortes chaleurs. Ils ont besoin de plus d’eau propre pour s’hydrater et réguler leur température corporelle. « Les vaches craignent les fortes chaleurs, elles peuvent avoir des coups de soleil ou des insolations d’où l’importance de veiller à les protéger des trop fortes chaleurs et du soleil grâce à des prairies avec de l’ombre et à leur donner accès à de l’eau en quantité, souligne Monique Laurent de l’Institut de l’élevage (Idele). En cas de températures moyennes supérieures à 28 °C, une vache laitière de 600 kg a besoin d’environ 100 litres d’eau par jour. Entre 30 et 35 °C, les vaches souffrent de la chaleur, passée 42 °C pendant plusieurs heures, elles dépérissent très vite ». Cet approvisionnement en eau prend donc plus de temps aux éleveurs qui doivent parfois alimenter deux fois par jour leur troupeau en eau. « Si c’est possible, il convient de garder les vaches dans le bâtiment bien ventilé la journée et de les faire paître la nuit », explique Monique Laurent. « La canicule impacte également la production de lait qui peut reculer de 1 à 4 kg de lait / jour ». Chez les porcs et les volailles, les conséquences de la canicule sont surtout perçues sur la croissance des animaux qui ralentit et la consommation d’énergie qui s’accroît pour augmenter les débits de ventilation. « Les volailles ont tendance à un peu moins se nourrir quand il faut trop chaud », explique Jean-Marie Fontanelle, le directeur de l’Itavi. « Il faut bien sûr veiller à ce qu’elles aient un accès à de l’eau en permanence, et pourquoi pas, effectuer des purges du réseau d’eau pour apporter de l’eau plus fraîche ». Dans les bâtiments hors-sol, la ventilation va donc tourner à plein régime pour contenir la vague de chaleur. Plus sensibles, les cochons ne suent quasiment pas, ce qui ne facilite pas le refroidissement corporel. Quand on sait que la température de confort d’une truie est de 22 à 24 °C, la qualité de la ventilation est alors très importante pour conserver cette température quand il fait 35 °C à 40 °C dehors.

Camille Peyrache

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