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Les huit communes exclues de la nouvelle ZDS sont déterminées à aller jusqu'à réparation de ce qui est aux yeux de tous une injustice flagrante

Les agriculteurs des huit communes du Clunysois qui ont perdu la reconnaissance en Zones défavorisées simples sont déterminés à aller jusqu’au bout pour « réparer ce qui est une injustice flagrante ». Avec, à leurs côtés, le consensus absolu des élus.

Des paysages aux fortes pentes, des affleurements rocheux, des sols peu profonds... Tout ce qui justifie l'attribution des ICHN.

Pour qui connaît les huit communes qui sont sorties du classement en Zones défavorisées simples (ZDS), l’injustice - parce qu’il s’agit bien là d’une réelle injustice - est flagrante et doit être réparée.

♦ Berzé-le-Châtel

♦ Bissy-sous-Uxelles

♦ Blanot

♦ Bray

♦ Chapaize

♦ Chissey-lès-Mâcon

♦ Cortambert

♦ Donzy-le-Pertuis

« Nous sommes en zone de petite montagne », rappelle fort justement un éleveur, très amer, qui fait état des pentes qui caractérisent le secteur des monts du Clunysois, des sols vite séchants et peu productifs au regard de ceux, d’autres secteurs, quant à eux reconnus en ZDS. « Il ne s’agit pas d’opposer, mais d’obtenir réparation de cette injustice flagrante ». Faut-il rappeler que les ICHN ont été mis en place pour compenser les handicaps naturels, et furent en cela les toutes premières aides directes… ?

De fait, les critères qui ont conduit à l’exclusion de ces huit communes, on les connaît. Et il n’est plus question ici de les remettre sur la table, ni de les discuter, mais bien d’en illustrer les conséquences incohérentes.

« Pour le secteur, la perte est lourde : au total quelque 320.000 € d’ICHN pour les vingt-neuf exploitations et les près de cinquante actifs directement concernés », rappellent à l’unisson les producteurs concernés. Une perte sèche qui amputera des revenus agricoles - dont chacun connaît le niveau moyen - et donc dont chacun imagine la traduction concrète…

Et convient-il de rappeler, ici, qu’un emploi agricole, c’est entre six et sept emplois indirects diffus sur le territoire ?

Unanimité et consensus absolus

Si rien ne change, l’impact pourrait bien être lourd pour lesdites communes concernées. « Ces exploitations sont à plus ou moins long terme condamnées », rappelaient de concert Frédéric Brochot, vice-président du Conseil départemental, et Jean-Luc Delpeuch, président de la communauté de communes du Clunisois, le 23 avril à Mâcon. Les exploitations en place certes, mais aussi les installations et les transmissions… et cela avec un impact sur le tourisme et donc sur l’économie.

Ce jour-là, une réunion était en effet organisée au Conseil départemental et à l’initiative des agriculteurs concernés eux-mêmes, lesquels souhaitaient travailler la question avec les parlementaires, les conseillers départementaux, les maires, la communauté de communes, mais aussi la chambre d’Agriculture et les services de la direction départementale des Territoires (DDT 71).

De cette réunion, il en ressort « un consensus absolu » qui transcende les clivages de toutes sortes, pour reprendre l’expression de Christian Decerle, président de la chambre d’Agriculture. Un consensus établi depuis le tout début de ce dossier, dès 2009, et sur lequel les vingt-neuf exploitants concernés entendent bien s’appuyer pour "jouer" la dernière carte encore possible à ce stade, c’est-à-dire en plaidant « la nécessaire continuité territoriale ».

Cette carte, tous les acteurs du dossier entendent la plaider. En faisant entendre leur voix au ministère de l’Agriculture et cela avec le soutien unanime des élus du secteur, mais aussi celui de l’administration, comme le rappelait Christian Dussarrat, DDT 71. Reste que, comme Jean-François Farenc, maire de Blanot et président des maires ruraux de Saône-et-Loire, le déplorait, « comment le préfet pourra-t-il argumenter et défendre ce secteur sans y avoir mis les pieds sur place pour mesurer toute l’injustice née de l’exclusion des monts du Clunysois de la carte des ZDS ? », interrogeait-il soulignant que Jérôme Gutton, préfet, avait prévu de se rendre sur place… le 7 juin, « alors que tout va se jouer d’ici le 30 juin… ».

Aigreur et détermination

C’est peu dire que les exploitations des huit communes sorties du zonage ZDS sont amers. Cela fait plus de deux ans que le dossier est ouvert et on ne compte plus les rebondissements de toutes sortes qui l’ont illustré… Et les répercussions pour le territoire sont énormes : « on n’ose plus investir, on n’ose plus aller de l’avant. Les installations sont figées… », font état plusieurs agriculteurs qui ont le sentiment d’avoir la double-peine, eux qui sont situés en zone Natura 2000, avec toutes les contraintes qui en résultent, mais potentiellement plus aucune indemnisation ICHN et ce dès la prochaine campagne… D’autant que « ce classement, on le prend pour 40 ans », fait valoir Marine Seckler, agricultrice sur la commune de Blanot.

« C’est ahurissant », dénonçait un éleveur rappelant que les petites régions agricoles qui ont été prises en compte résultent d’un découpage datant de 1946… « A l’heure des satellites, on croit rêver ! ».

On partage tant d’une absurdité naît une injustice.

L’avenir des territoires ruraux

« Nous sommes dans la dernière ligne droite du dossier », rappelait Christian Decerle, pour qui ce dossier n’est plus technique, mais bien politique. « Je crains que l’issue de ce dossier ne préfigure d’autres rendez-vous tout aussi importants qui se profilent pour notre agriculture ». Et de faire ainsi clairement allusion à la Pac post 2020 : « quand les soutien publics se fragilisent, et alors que le pari de regagner de la plus-value à la production sera difficile à gagner, irrémédiablement, ce sont les exploitations agricoles qui se vulnérabilisent. Et avec elles, tout un tissu économique ».

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