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La viande bio est perçue comme « ayant tout bon »

« La viande bio poursuit son envol. Les consommateurs en redemandent mais ils veulent en trouver plus facilement. La filière doit répondre à leurs attentes », explique Denis Lerouge, directeur de la communication d’Interbev, à l’occasion de la présentation d’une enquête Ifop sur la viande bio (1).

Le prix « constitue un obstacle pour une partie de la population » Denis Lerouge (Interbev)

Parmi les 96 % de Français déclarant manger de la viande, 74 % consomment de la viande bio (+ 15 points depuis la 1e enquête de 2015). Ils sont 3 % à ne manger que de la viande bio (2 % en 2017) et 24 % à le faire dès qu’ils en trouvent (21 % en 2017). Pourquoi cet engouement ? « Parce que la viande bio est perçue comme ayant tout bon », souligne Denis Lerouge : une « image positive en termes de qualité et de goût », des « bénéfices sur la santé », le « bien-être animal » (élevage en plein air, médecines douces…). Le « respect de l’environnement » ne vient qu’en 4e position, alors qu’il « est le point essentiel du cahier des charges bio ». Un seul bémol, le prix de la viande bio, qui « constitue un obstacle pour une partie de la population » et explique que « les catégories socio-professionnelles supérieures (CSP+) soient les plus consommatrices ». Le surcoût de la viande bio vendue au détail est estimé autour de 10 à 12 % en bœuf, en veau ou en agneau, autour de 30 % à 35 % en volaille et en porc, ont estimé les responsables des filières bio qui assistaient à la présentation de l’enquête de l’Ifop. Dans les filières granivores, « 90 % du différentiel de prix de revient entre bio et conventionnel est dû à l’aliment, qui coûte trois fois plus cher en bio », explique Philippe Cabarat, président de la commission bio d’Interbev et d’Inaporc.

« Changement d’échelle »

En 2017, les achats de viande bio ont atteint 317 millions d’euros (M€) en bœuf (+ 13 %), 132 M€ en charcuterie/salaison (+ 22 %), 85 M€ en porc (+ 11 %) et 55 M€ en mouton (+ 12 %), indique l’Agence bio. En 2017, les grandes surfaces ont réalisé 52 % des ventes de viandes bio (en volume), devant les magasins spécialisés (17 %), la boucherie artisanale (14 %), la vente directe (10 %) et la restauration hors domicile (7 %), renseigne l’Observatoire des viandes bio (Interbev, juillet 2018).

« Les Français veulent plus de bio dans leurs assiettes », se félicite Philippe Cabarat, en indiquant que le mouvement de conversion observé en 2017 (+ 18 % en bovin, + 14 % en porc, + 16 % en poulet, + 14 % en poule pondeuse, selon l’Agence bio) se poursuit en 2018. Une progression de 17 % a été enregistrée en bovins au 1er semestre. En porc, le nombre de mises en place de truies et de sorties de porcs charcutiers devrait bondir de 30 % cette année, et être multiplié par 2,5 d’ici à 2020. Ce qui n’est pas sans susciter quelques « inquiétudes » pour l’équilibre du marché dans la mesure où la consommation de porc bio n’est attendue qu’en hausse de 15 % par an. La conversion de cheptels de 300 à 500 truies (50 truies en moyenne pour les naisseurs-engraisseurs bio actuellement) traduit un « changement d’échelle » qui interroge les responsables des filières. « De même qu’en volaille, nous devons être très vigilants à d’éventuelles dérives du cahier des charges ».

 

« Les Français et la consommation de viande bio » - enquête administrée en ligne du 22 au 24 août 2018 auprès d’un échantillon de 1.003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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