Valorisation Economie

Agriculture biologique européenne Une progression des surfaces de 70 % en 10 ans

Dans un rapport, la Commission européenne dresse un portrait de l’agriculture biologique au sein de l’Union Européenne (UE) : entre 2007 et 2017, les surfaces ont augmenté de 70 %, portant la surface agricole utile européenne bio à 7 %.

Avec 12,6 millions d’hectares en 2017, les surfaces converties en bio dans l’Union européenne représentaient 7 % du total de l’agriculture de l’UE et 18,6 % de la surface mondiale en agriculture biologique. En 10 ans, la production agricole bio a ainsi progressé de 70 %. Les prairies, destinées à l’alimentation du bétail, représentent à elles seules 44 % des surfaces en bio de l’UE, soit 5,6 millions d’ha, suivies par les fourrages (17 %), les céréales (16 %), et les cultures permanentes (11 %). A noter que les céréales bio ne représentent que 4 % des surfaces européennes de céréales. Concernant les cultures permanentes, la production bio est tirée par la forte demande en fruits et en vin, les fruits représentant 29 % des surfaces totales des cultures permanentes bio, le vignoble, 24 %. Ce sont l’Italie et l’Espagne qui concentrent une majorité de ces deux productions en bio (72 % du total européen). Les productions animales biologiques restent plus réduites par rapport aux productions conventionnelles (autour de 3 % du total des productions animales) : 5 % des troupeaux de bovins, 6 % des moutons et des chèvres, 3 % des volailles et 1 % des porcs.

Rendements inférieurs

Le rapport souligne également les rendements significativement moins élevés en agriculture biologique, par rapport à l’agriculture conventionnelle avec, pour le blé, un différentiel de l’ordre de 40 % à 85 %. Ces rendements plus faibles sont-ils suffisament compensés par les prix à la production plus élevés ? Visiblement non puisque les revenus ne sont pas systématiquement plus élevés en agriculture biologique. Certains producteurs choisissent aussi de quitter ce mode de production : au moins 2 % des producteurs ont quitté l’agriculture biologique chaque année dans les cinq dernières années, pour partir à la retraite mais aussi pour revenir à la production conventionnelle.

Enfin, le rapport indique que le marché des produits biologiques n’a pas encore atteint sa maturité. La croissance de ce marché se traduit dans le montant des dépenses annuelles en produits biologiques par habitant européen, passé de 29 € en 2007 à 67 € en 2017. Les œufs sont l’un des produits bio les plus vendus (jusqu’à 33 % au Danemark, et 30 % en France). Pour répondre à une nouvelle croissance du marché, la production intérieure poursuit sa conversion, mais une augmentation du volume des importations est également attendue.

La Chine, principal fournisseur

Dans un second rapport, la Commission européenne se penche sur les importations de produits biologiques de l’UE. Sur les 3,4 millions de tonnes de produits bio importées en 2018, 415.000 tonnes proviennent de la Chine, soit 12,7 % du marché total. L’Equateur (8,5 %), la République dominicaine (8,4 %), l’Ukraine (8,2 %) et la Turquie (8,1 %) sont également des fournisseurs importants, ce qui s’explique en partie par la demande en fruits tropicaux (24 % des importations), en céréales (22 %) et en tourteaux. Il s’agit souvent de biens que l’UE a du mal à produire ou pour lesquels un vide temporaire existe sur le marché, d’autant plus que combler ces vides prend plus de temps en production biologique, étant donnée la période de conversion de trois ans.

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