Economie

En terme de négociations commerciales, le compte n’y est pas dénonce la FNSEA

Le ministre de l’Agriculture et la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie ont réuni le 16 avril un comité de suivi des relations commerciales, pour un premier bilan des négociations commerciales 2019 suite à la loi Egalim. Pour les ministres comme pour les professionnels, le résultat est mitigé et les sanctions seront prises. La nouvelle dynamique doit être poursuivie pour une répartition de la valeur plus équitable vers l’amont de la filière.

« Les lignes ont bougé, mais des améliorations sont nécessaires », a estimé Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, suite à la réunion du comité de suivi des relations commerciales qui s’est tenu à Bercy le 16 avril, en présence des représentants des producteurs, transformateurs et distributeurs. Le ministre de l’Agriculture, qui coprésidait la réunion, s’est montré encore plus catégorique : « le compte n’y est pas du tout, la première année de négociations n’est pas satisfaisante. Ce qui a été satisfaisant, c’est le changement d’état d’esprit ». « Nous savions que les choses ne changeraient pas d’un claquement de doigt ni en une année, nous ne sommes donc pas surpris par les chiffres qui nous ont été présentés », a commenté Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, qui espère à présent que « l’on tire enseignement de ce qui ne va pas bien en cette année 1 pour faire mieux l’année prochaine ». Le médiateur des relations commerciales fait en effet état d’une baisse de -0,4 % du prix d’achat des produits alimentaires vendus sous marque nationale pour l’année 2019, tous produits confondus, et « d’une légère hausse des prix pour les produits laitiers et, dans une moindre mesure, surgelés salés », indique-t-il le 17 avril.

S’engager davantage

Si les résultats ne sont pas encore là, c’est aussi car la loi est entrée en vigueur très récemment. Certaines ordonnances restent d’ailleurs à paraître, notamment sur les prix abusivement bas. « Ces avancées ne sont pas encore répercutées, mais nous sommes confiants et optimistes », a rappelé Didier Guillaume, appelant les acteurs des filières à la responsabilité pour accentuer la dynamique amorcée. Suite aux contrôles de la DGCCRF, menés pendant les négociations, des sanctions seront prises « si le franchissement de lignes rouges est avéré », explique Agnès Pannier-Runacher. « Notre rôle sera de faire que les négociations se fassent et que ceux qui veulent contourner le jeu de la négociation rentrent dedans, au moyen des contrôles de la DGCCRF », a-t-elle ajouté, d’autant que des tentatives de contournement ont été signalées. Pour Richard Girardot, président de l’Ania (industries agroalimentaires), « on n’est pas du tout là où on devrait être. Il y a entre 2,5 et 3 milliards d’euros d’écart entre les demandes des industriels et la réalité, ce qui aura des conséquences sur les investissements, la recherche et le développement…il faut accélérer », insiste-t-il, rappelant qu’avec la hausse du seuil de revente à perte, la distribution allait engranger cette année 600 millions d’euros supplémentaires dont il faudra faire remonter une partie à l’amont. En effet, malgré les hausses annoncées, « la difficulté reste de savoir quelle est la part qui a été touchée par ces hausses, 10 % ; 20 %, 40 %, ces hausses étant différentes selon les distributeurs et selon les produits, on a besoin d’une analyse plus fine pour savoir quelle est la valeur dégagée, et ce qui peut au final revenir au producteur », explique ainsi Christiane Lambert.

Une attention particulière sur le porc

La présidente de la FNSEA s’est par ailleurs montrée satisfaite de la volonté affichée par l’ensemble des acteurs d’améliorer la situation dans la filière porcine. L’enjeu est d’autant plus important qu’avec l’ampleur de la peste porcine africaine en Chine, la demande internationale est forte pour les porcs français, faisant passer les cours à 1,40 €/kg quand ils étaient encore à 1,17 €/kg il y a quatre semaines, explique Christiane Lambert. « Il faut plus de réactivité à la hausse », prévient-elle, « car si le prix n’est pas satisfaisant sur le marché intérieur, c’est la Chine qui aspirera tous les porcs », au risque de connaître à nouveau une crise comme celle de la pénurie de beurre, survenue en 2017. « J’ai proposé que la filière porcine puisse être un terrain d’expérimentation pour justement réagir vite et de concert, avec une réelle transparence et un cadencement du retour à la hausse, et beaucoup plus de contractualisation dans la durée », ajoute la présidente de la FNSEA, qui a sollicité l’interprofession sur le sujet. « Le pire serait de manquer de porc français pour les filières françaises alors que nous prônons depuis des années l’étiquetage Le porc français ! », redoute-t-elle.

Hausse sur steak haché

Une augmentation de 3,57 % est aussi attestée sur le steak haché à 15 % de matière grasse. Ce qui veut aussi dire que sur les muscles, il y a eu déflation. Une baisse qui peut s'expliquer par des choix différents selon les produits. Steak haché, frites, chips… sont des produits emblématiques sur lesquels les distributeurs ont choisi d'afficher des hausses. Mais sur d'autres produits moins emblématiques, des déflations plus importantes sont à noter. La difficulté est maintenant de savoir quelle est la part qui a été touchée par ces hausses avérées. Un casse-tête difficile selon les distributeurs et selon les produits...

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