Viticulture

Les vins de Bourgogne doivent se préparer à l’inévitable évolution du climat

Dans le cadre de l’événement Wine business organisé dans la cité beaunoise, plusieurs conférences et tables rondes ont permis d’aborder différents sujets d’actualité pour la filière viticole. L’occasion de s’intéresser, notamment, à l’impact des évolutions climatiques sur la vigne et le vin de Bourgogne.

Christophe Chauvel (à gauche) a estimé que la qualité première de tout professionnel est sa capacité d'adaptation.

Le 29 novembre dernier, les Ateliers du Cinéma de Beaune ont fait la part belle à la viticulture. En effet, BSB Junior Consulting, le MEDEF de Côte d’Or, la School of Wine & Spirits Business et le Crédit Agricole avaient invité les vignerons de Bourgogne et d'autres à participer à un événement baptisé Wine business. Un excellent moyen, lors de conférences et tables rondes, d’aborder différents sujets d’actualité.

La préoccupation généralisée sur le réchauffement climatique pose la question de ce qui se passera dans quelques années. En effet, la viticulture étant intimement liée au climat et à la composition des sols, la nature de la vigne et du vin pourrait être profondément modifiée dans les décennies à venir. Cette évolution va dès lors nécessiter une révision de la commercialisation, voire de la vinification elle-même. Le changement rapide implique une prise de conscience de toute la filière et des domaines de toutes tailles pour maintenir la qualité des vins. La Bourgogne n’échappe pas à cette inévitable évolution voire à ce que l’on pourrait qualifier de révolution.

Une incidence indéniable du réchauffement

Régisseur des domaines Albert Bichot, Christophe Chauvel s’est attaché à présenter l’impact des évolutions climatiques sur la vigne et le vin de Bourgogne. « Avant toute chose, il faut être capable de s’adapter. Il n’y a pas de solution idéale, toute faite. » Désireux de resituer la problématique dans un contexte plus global, Christophe Chauvel a évoqué aussi bien la mondialisation que la concurrence, l’évolution des goûts et de la consommation. « Les aléas climatiques ne sont pas nouveaux. Par contre, il y a un changement dans la fréquence et l’amplitude. Cela semble aller de manière croissante. Dès lors, il faut lutter, prévenir, s’adapter et limiter les dégâts. » Quant au mildiou et à l’oïdium, « ce sont des maladies anciennes et évolutives à combattre. Mais il y a des fléaux potentiels nouveaux comme la cicadelle de la flavescence dorée, le black rot, la drosophila suzukii… » Pour ce qui est du futur, Christophe Chauvel pense qu’il va falloir investir et/ou développer des zones plus froides, septentrionales, à des altitudes supérieures. « Une des solutions peut passer par de nouveaux cépages. Différents essais sont menés aux niveaux technique, oenologique… ». Au moment de conclure, il a estimé que « l’incidence du réchauffement est indéniable. Il faut continuer à développer des moyens permettant de s’adapter. Il va peut-être falloir envisager des évolutions très différentes de ce que l’on fait aujourd’hui. Cela donnera aussi sans doute des caractéristiques très différentes des vins par rapport à ce que l’on connaît actuellement. »

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