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Le blé français manque d’impulsion à l’export vers les pays tiers

Le 16 novembre, FranceAgriMer a souligné le manque d’allant des exportations françaises de blé tendre vers les pays tiers, ramenées à 9,9 Mt (contre 10,2 Mt le mois dernier) sur 2017-2018. Comme souvent, la deuxième partie de campagne sera décisive pour l’origine France…

La seconde partie de la campagne d’export des blés française sera déterminante.

Les embarquements depuis les ports français n’ont « toujours pas accéléré leur rythme », a pointé Olivia Le Lamer, adjointe au chef de l’unité Grains et sucre, jugeant l’export de blé insuffisant par rapport aux fortes disponibilités. Et cela à l’issue du conseil spécialisé pour la filière céréalière. À quatre mois de campagne, ils atteignent en effet seulement 2 millions de tonnes (Mt), soit +12 % en glissement annuel (contre +13 % le mois dernier). Le cap - fixé à 9,9 Mt sur 2017-2018 - sera « sans doute atteint grâce à la deuxième partie de campagne, comme c’est le cas très fréquemment », a-t-elle mis en avant. Et d’expliquer ce laborieux démarrage à l’exportation par « une concurrence qui continue de faire rage », notamment au départ de la mer Noire mais aussi des États-Unis et de l’Argentine. C’est le marché algérien qui reste la destination phare du blé français, avec près de 1,6 Mt au 13 novembre (67 % du total pour les pays tiers).

Une « dynamique forte » pour l’orge

L’orge bénéficie quant à elle d’un nouvel élan : les embarquements depuis les ports français grimpent à plus de 700.000 tonnes (t) au bout de quatre mois, soit +11 % en glissement annuel (contre -34 % en octobre). Une « dynamique forte » s’est installée pour l’orge vers les pays tiers, selon FranceAgriMer. À l’inverse, les incorporations par les fabricants d’aliments du bétail sont abaissées à 1,2 Mt (contre 1,3 Mt prévu le mois dernier). « L’orge a une moindre compétitivité relative par rapport aux autres céréales », analyse Olivia Le Lamer.

Côté Maïs, dont les récoltes sont tout juste achevées, le bilan demeure « en construction » à ce stade. Si FranceAgriMer retient l’estimation officielle d’une production à 12,7 Mt, « les chiffres qui courent sur le marché vont de 13,4 à 14,2 Mt », fait-elle état. L’établissement national revoit à la baisse certaines utilisations, tenant compte de l’annonce de la fermeture d’une des quatre maïseries françaises, dont « la capacité ne sera pas reprise ou pas en totalité », a signalé Olivia Le Lamer. Le poste semoulerie est ainsi réduit de 30.000 t (à 100.000 t), celui des exportations vers l’Union européenne de 60.000 t (à 4,7 Mt). En revanche, les incorporations par les fabricants d’aliments du bétail sont revues à la hausse de 100.000 t (à 2,7 Mt de maïs), compensant le recul de l’orge.

En blé dur, l’écart se réduit…

Le marché du blé dur a aussi été largement abordé lors du conseil spécialisé de FranceAgriMer du 16 novembre. La production mondiale apparaît en nette baisse, à 36,6 Mt (-8 %). Principale raison, la sécheresse qui a touché la récolte nord-américaine. Le Canada voit ainsi sa production de blé dur chuter de -40 %. Mais contrairement à l’an dernier, elle est d’excellente qualité. L’abondant stock de début de campagne neutralise la chute du volume récolté. Résultat, les cours s’effritent à 295 $ la tonne Fob Saint-Laurent (contre 330 $/t l’an dernier). Et l’écart avec le blé tendre se réduit très nettement à 40 $/t (contre environ 100 $/t il y a un an). Au sein de l’Union européenne, la production affiche un léger repli (-2 %), à 9,1 Mt. Elle est tirée vers le bas notamment par l’Italie (-13 %), la Grèce, mais d’autres pays compensent avec une meilleure récolte, en particulier la France (+28 %). Là encore, l’écart de prix avec le blé tendre s’amenuise, chiffré à 54 €/t fin octobre pour le blé dur Fob La Pallice (contre près du double lors de la précédente campagne).

 

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