Viticulture

Attention aux troubles musculo-squelettiques avec la taille des pieds de vigne cet hiver

La taille de la vigne est souvent propice à l’apparition de pathologies physiques qui peuvent être évitées.

La taille de la vigne approche. Et c’est à cette longue période de l’année que le dos et les articulations des viticulteurs et viticultrices et de leurs salarié(e)s sont soumis à rudes épreuves. Comme chaque année, la MSA n’hésite pas à interpeller les vignerons sur les risques encourus par cette activité, et notamment les troubles musculo-squelettiques (TMS), appellation générique qui couvre l’ensemble des symptômes musculo-squelettiques en relation avec l’activité professionnelle. Les TMS regroupent une quinzaine de pathologies qui touchent les tissus mous à la périphérie des articulations. Ils affectent donc principalement les muscles, les tendons et les nerfs des membres supérieurs et inférieurs. Ils sont localisés au niveau de la colonne vertébrale, de l’épaule, du coude, du poignet, de la main, du doigt, du genou, de la cheville et du pied.

Comme l’explique la MSA, les conditions de travail sont à l’origine des TMS. Outre les gestes répétitifs comme pour la taille de la vigne, le port de charges lourdes, les positions pénibles, les vibrations et le froid, l’organisation du travail, le mode de management ou encore le stress peuvent également être des déterminants générateurs de TMS.

Depuis 2005, le ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social a d’ailleurs fait de la lutte contre les TMS une de ses priorités. Cette volonté s’est traduite par la prise en compte du risque TMS comme une cible prioritaire du plan santé sécurité au travail 2015-2020.

Maîtriser l’affûtage des lames

Il y a trois ans, la MSA avait mené de 2011 à 2015 une étude nationale afin de suivre l’évolution annuelle d’indicateurs spécifiques pour les TMS des actifs agricoles. Cette étude a notamment révélé que les mouvements ou le travail répétitif sont la cause de 84,6 % des TMS des actifs agricoles sur cette période. Autre enseignement tiré de cette étude, les TMS représentent 95,7 % des maladies professionnelles reconnues pour les salariés agricoles entre 2011 et 2015. « Les salariés en viticulture sont également très concernés par les TMS. Ils sont très fréquemment soumis à des contraintes gestuelles et posturales de façon prolongée, en particulier, posture accroupie et courbée pour accéder à la vigne. Les contraintes physiques sont également importantes, notamment les gestes répétitifs (taille de la vigne) et le port de charges », peut-on lire dans cet Observatoire des TMS des actifs agricoles. Enfin, toujours pour les salariés viticoles, les femmes sont les plus touchées avec un indice de fréquence supérieur par rapport aux hommes (5,7 TMS pour 1.000 femmes contre 2,7 TMS pour les hommes).

Afin d’épargner au maximum le dos et les articulations des tailleurs, la MSA continue de faire de la prévention à travers des formations.

Dans le Beaujolais, trois journées sont programmées : les jeudis 22 novembre, 6 décembre et 31 janvier 2019, de 9 h à 12h et de 13 h 30 à 16 h 30 au lycée Bel Air à Saint-Jean-d’Ardières. Des journées sont également programmées en Saône-et-Loire. « Les participants pourront découvrir les mécanismes d’apparition des tendinites et des lombalgies et se verront présenter des solutions concrètes pour ménager leurs articulations. Enfin, et c’est une nouveauté, nous insisterons longuement sur l’entretien et l’affûtage des lames du sécateur, qu’il soit manuel ou électrique. Avec une lame dont le tranchant n’est pas de qualité, on force plus et cela se répercute sur les articulations. Et nous constatons, sur le terrain, que peu de viticulteurs savent entretenir le fil de la lame », informe Jacques Vermorel, conseiller en prévention des risques à la MSA Ain-Rhône.

David Duvernay

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