Economie

Premier bilan pour le groupement d'employeurs

Les FDSEA et les organisations agricoles encouragent depuis plusieurs années la mise en place des groupements d’employeurs départementaux pour apporter une réponse opérationnelle aux problèmes de main-d’oeuvre sur les exploitations agricoles. À la demande des responsables Emploi de chaque département et des présidents des groupements d’employeurs départementaux, la Région Bourgogne Franche-Comté a décidé de soutenir leur développement.

Les vendanges ont permis de dresser un premier bilan pour le GED.

Un groupement d’employeurs agricole et rural (GEAR) a pour objectif de répondre de manière efficace à des besoins structurels de main-d'oeuvre sur les exploitations. La dimension d’un groupement est très variable : il peut aussi bien comporter une dizaine de membres comme plusieurs centaines. L’idée de cette structure est d’apporter une réponse souple et adaptée à des entreprises de petite taille, des micro-entreprises ou encore des TPE situées en zone rurale.
Le principal avantage du groupement est qu’il offre de la sécurité à la fois pour les salariés et pour les entreprises adhérentes. En effet, le salarié est salarié du groupement et c’est donc ce dernier qui va s’occuper des formalités administratives, notamment s’agissant du contrat de travail et des bulletins de paie. Quant au salarié, il n’aura qu’un seul employeur et pourra bénéficier d’un temps plein grâce aux besoins des différents employeurs membres. Enfin, en lissant par le volume d’activité les conséquences engendrées par le départ d’un adhérent ou d’un salarié, il permet aux entreprises de s’adapter rapidement aux nombreux aléas liés à l’activité agricole.
Les nombreux intérêts du groupement d’employeurs font que l’emploi partagé ne cesse de se développer ces dernières années, en particulier dans le milieu agricole, où il constitue une vraie réponse aux besoins d’emplois en zone rurale.

Création de la fédération régionale (FRGEAR)

Concrètement, la Région a accordé une aide à la fédération régionale ainsi qu’aux groupements membres pour augmenter leurs activités. Il s’agit d’être présent sur tous les territoires de la Région et de répondre aux attentes des exploitants intéressés par ce service. Ce projet de développement fait l’objet d’une convention signée pour un an, renouvelable deux fois. La fédération a pour mission principale d’accompagner le développement des groupements, en mutualisant les savoir-faire, les procédures et les moyens et en facilitant ainsi les échanges de pratiques améliorant la qualité des services. Pour cela, elle coordonnera les groupements d’employeurs en particulier grâce à la communication qui sera faite, donnant ainsi plus de visibilité aux groupements.

L’emploi partagé, pensez-y !

Notre région Bourgogne-Franche-Comté compte un groupement d’employeurs agricole et rural dans chacun de ses départements. Le contact pour la Saône-et-Loire :
Agri Emploi Rural 71 - 03 85 29 56 50 - service.emploi@fdsea71.fr
Bourgogne Franche-Comté Fédération Régionale des Groupements d’Employeurs : Camille Grellier - 03 80 48 43 30 - camille.grellier@reseaufnsea.fr

Bilan de campagne vendanges 2018

Les salariés du GED ont accumulé plus de 5.200 heures pour un total de salaires versés de près de 50 000 €.

Premier bilan pour le groupement d’employeurs départemental, le GED, à l’issue des vendanges. Initié à la demande de la Cave de Lugny, 9 des 11 adhérents au GED sont également membres de la cave de Lugny.
Le nombre total d’heures est de 5.219,50 (dont 4.334 à taux normal, 525,25 heures supplémentaires à 125 % et 359,75 heures supplémentaires à 150 %.
Total des salaires versés : 49.170,99 €
Les salariés : 60 personnes embauchées en août, dont 53 Bulgares, 5 Français, 1 Italien, 1 Polonais, répartis en 25 femmes et 35 hommes.
En septembre, 55 personnes embauchées dont 52 Bulgares et 3 Français répartis en 32 hommes et 23 femmes.
Le taux horaire était de 15,50 € HT/h, avec une majoration de 1 € pour compenser les difficultés et le coût de logement en période estivale.

Des responsables d’exploitation satisfaits

Devant la difficulté chaque année grandissante de recruter du personnel, plusieurs domaines viticoles de Saône-et-Loire sont cette année passés par le groupement d’employeurs pour trouver leur main d’œuvre, notamment pour les vendanges.
C’est le cas de Florian Gayet, du Gaec de la Grappe d’or à Lugny.
« Cette année, pour les relevages de juin, on ne trouvait personne pour venir travailler. Dernièrement, on avait passé une annonce sur Leboncoin et on avait embauché ceux qui se présentaient… mais beaucoup ne restaient pas longtemps. Cette année, il a suffit d’appeler le groupement d’employeurs ! »
Entre trois et six personnes sont ainsi venues pendant un mois en début d’été pour une première période de travail dans les vignes, puis une équipe de 25 Bulgares est revenue un peu plus de deux semaines au moment des vendanges. « Au début je n’étais pas motivé pour embaucher des étrangers. Mais ils se sont montrés travailleurs et autonomes. Avançant tous à la même allure, ils ont fait du bon travail ». Si ce n’est la barrière de la langue, les employeurs ayant eu ces salariés dans leurs vignes, ont tous été satisfaits de leur motivation et de la qualité de leur travail.
« Pour le relevage et les vendanges, on a juste eu à leur montrer les gestes, précise Florian Gayet. Pour la taille, nous avons programmé une petite formation », car le jeune viticulteur a d’ores et déjà prévu de refaire appel au groupement d’employeurs en début d’année prochaine.

Une gestion simplifiée

Philippe Boulay du domaine Château des Capitans, situé en limite du département à Juliénas dans le Rhône, confirme la facilité de recourir au service. « L’avantage, c’est que nous n’avons pas à nous occuper de faire les déclarations ou les fiches de paie. C’est le groupement d’employeurs qui prend tout en charge, depuis le recrutement jusqu’à la paie. Il nous facture ensuite la prestation ». Sur le domaine de 12 hectares en juliénas, 22 bulgares ont vendangé pendant un peu plus de huit jours : « ils venaient de travailler six jours à Lugny, donc ils avaient les bons gestes ». Les salariés bulgares ont ainsi pu accumuler sans interruption les journées de vendanges. « Même entre collègues viticulteurs, on se passe les salariés. Quand on sait qu’on ne va pas avoir besoin de l’ensemble du groupe pendant quelques jours, on en parle entre nous et les salariés vont ainsi sur un autre domaine. En parallèle, on le signale au groupement d’employeurs ». Une mutualisation et une souplesse qui ont ravi Florian Gayet : « l’année prochaine, je repars sans hésiter sur ce même principe ».

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