Ruralité Loisirs

L'agriculture s'invite dans les débats du Festival des Histoires Vraies Autun Bibracte 2018

Du 13 au 15 juillet, Autun et Bibracte ont accueilli la seconde édition du Festival des Histoires Vraies, dans le cadre des Rendez-vous de juillet. Cette année, près de 10.000 personnes étaient présentes pour rencontrer une centaine d’intervenants : journalistes de presse écrite, de radio, de télévision, écrivains, réalisateurs de documentaires …

Ce sont les revues de presse indépendantes, les magazines XXI et 6 Mois qui organisent depuis 2017 cet événement. Leur choix s’est porté sur Autun et Bibracte du fait de la complémentarité de ces deux sites chargés d’histoire, ville et campagne associées … La réussite de la première édition les a amplement confortés dans ce choix pour cette seconde édition.

Cette année, comme en 2017, le soleil était au rendez-vous pour accueillir les festivaliers venus de toute la France. La cité éduenne et le site de Bibracte se sont animés au gré des conférences et des rencontres savamment orchestrées par les organisateurs. Vendredi et dimanche, l’évêché, la Villa Médicis, l’hôtel de Morey, la mairie, le théâtre ou encore le musée Rollin ont offert leur cadre majestueux aux différents temps forts. Pour la journée de samedi, c’est le site de Bibracte et l’ombre de ses hêtres centenaires qui ont été investis pour le plus grand bonheur de tous.

Pour les Autunois, ce festival est une formidable occasion de redécouvrir les charmes de leur ville, de déambuler d’un lieu à l’autre tout en se frottant à différents sujets.

La journée à Bibracte a connu un franc succès également avec plus de cent cinquante visites guidées du site et pas moins de vingt ateliers « d’histoires vraies ».

Ces trois journées ont été empreintes de belles rencontres humaines, de curiosité partagée et de découvertes variées. Les échanges entre festivaliers et intervenants ont été nombreux et facilités par la très grande disponibilité de tous. Les séances de dédicaces à la librairie La Promesse de l’Aube ont permis aux admirateurs de rencontrer une vingtaine de grandes plumes comme Martin Winckler, Emmanuel Guibert ou encore Marie Desplechin.

Les thématiques abordées ont permis de satisfaire la curiosité de tous : le pouvoir des mots, la place des femmes, l’omniprésence des écrans dans nos vies, les sources du journalisme, les bandes-dessinées historiques, le sport et le dopage, le Japon ou encore le rapport à l’argent.

Chacun de ces thèmes a été décliné sous forme de projections et débats au cinéma, de rencontres, d’ateliers, de spectacles, de lectures ou encore d’expositions photos.

Les enfants n’étaient pas en reste avec l’organisation d’ateliers d’écriture, de de peinture, de dessin, de photographie, de cuisine, de radio…

Debout les bourgs !

"Debout les bourgs ! ". Cette thématique signe l’entrée du monde rural dans la programmation du Festival. Les différents événements ont mis en lumière les initiatives bourguignonnes qui permettent de redonner vie à nos campagnes : agriculture, forêt, initiatives originales, « villages du futur », maisons de santé ou encore l’aventure de Jérôme Brochot.

Le ton choisi est résolument celui de parler de ce qui marche et de ce qui fait bouger les lignes même si le constat de départ n’est pas forcément très encourageant. 15 % des Français ont un projet de vie à la campagne : nos villages doivent savoir les accueillir.

Le débat entre Emma Rigollet, maraîchère de Savigny-Poil-Fol, Fabien Bazin, maire de Lormes et Grégoire Alix-Tabeling, "designer", a été particulièrement intéressant : une vingtaine de producteurs autour de Luzy ont créé en 2017 un magasin de producteurs « Le local paysan » aux résultats très prometteurs pour cette première année. La ville de Lormes compte de nombreuses initiatives collectives comme des commerces associatifs, les boutiques à l’essai, la « brigade des bricoleurs » ...

La ligne directrice est de sortir du pessimisme ambiant et de rehausser l’estime de soi des élus des communes rurales, tout en professionnalisant le savoir-faire en développement local.

Recréer du lien entre les gens, de tous les âges, voici le second leitmotiv qui est sorti de ce débat : que ce soit autour des services à la personne ou dans les différentes associations. C’est cette envie de faire ensemble qui donne des résultats concrets et rend nos villages attractifs, en coopération les uns avec les autres.

Pas besoin d'étoile pour briller

L’intervention de Jérôme Brochot, restaurateur étoilé à Montceau-les Mines, a clos cette série d’interventions. Le renoncement à son étoile fin 2017 a provoqué une déferlante médiatique qui a traversé l’Atlantique et ému de nombreuses personnes. Face à la crise économique qui frappe les entreprises du bassin minier, il a pris cette douloureuse décision afin de sauver son établissement en rendant ses tarifs plus abordables.

Pour y parvenir, il a choisi de travailler davantage avec des produits locaux en circuits courts, et de simplifier l’apparat nécessaire à un restaurant étoilé. Grâce à sa détermination et à sa passion, le guide Michelin a maintenu son étoile. En effet, leurs critères sont en train d’évoluer : la qualité des produits travaillés, la régularité et la bonne santé économique des restaurants comptent maintenant davantage que la beauté du nappage.

Dix-huit personnes travaillent dans ses deux restaurants de Montceau et Dijon, et Jérôme compte travailler davantage encore en circuits courts avec les producteurs de la région : voici un exemple porteur d’espoirs pour tous.

Sophie Mobillion - Chambre d'agriculture de Saône-et-Loire

Mieux que de grands discours : discuter !

Lors de la soirée d’inauguration du Festival le jeudi, et le vendredi soir, l’agriculture a fait son entrée au festival sur la place du Champ de Mars. Les membres du GIEE de l’Autunois se sont associés à la CCGAM pour mettre en valeur notre département et les produits locaux. Assis sur des bottes de paille, les festivaliers ont pu échanger avec ces « ambassadeurs du territoire » autour d’un verre de vin, d’un morceau de jambon du Morvan ou encore de fromages de chèvres. Deux brebis ont fait la joie des enfants et des curieux. En toute simplicité, les ambassadeurs ont répondu aux questions de chacun. Les produits locaux étaient une bonne entrée en matière pour parler avec fierté du métier d’agriculteur et des atouts de notre territoire.

Le GIEE de l’Autunois répond ainsi à son objectif de communication avec le grand public : ce type d’événement est incontournable pour une meilleure compréhension mutuelle. Un échange informel de ce type fait passer bien plus de messages qu’un grand discours.

Pour la prochaine édition de ce festival, l’agriculture autunoise compte s’investir davantage encore, et pourquoi pas, présenter lors d’un atelier, la concrétisation des projets territoriaux en cours. 

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