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Comment se porte l’insertion professionnelle des jeunes ?

Menées depuis vingt ans, les enquêtes Génération suivent les jeunes depuis la fin de leurs études jusqu’aux cinq années suivantes. Entre chômage et différence entre niveau requis et effectif, ce n’est toujours pas simple d’être un jeune sur le marché de l’emploi.

Les chiffres, têtus, parlent d’eux-mêmes : depuis trente ans, le taux de chômage des jeunes n’a jamais baissé en-dessous de 15 %, pour parfois aller dépasser les 20 % ! C’est l’un des tristes constats établi par le Céreq, le centre d’études et de recherches sur les qualifications.
Ainsi, depuis les années 1990, ce centre suit les jeunes dès leur sortie de formation et sur leur cinq premières années d’insertion professionnelle (ou tentative d’insertion…).
Les constats observés actuellement sont multiples. Tout d’abord, un premier décalage : les jeunes sont de plus en plus qualifiés mais ils arrivent sur un marché de l’emploi où les postes à pourvoir sont soit très en-dessous de leur niveau de compétence, soit très au-dessus. Ce qui fait dire à Florence Lefresne, la directrice du Céreq, que ces jeunes « de plus en plus diplômés, s’insèrent de moins en moins ! » Autrement dit, les jeunes se sont qualifiés plus vite que les postes à pourvoir, même si cette surqualification est difficile à mesurer véritablement.
Autre constat, les politiques menées depuis vingt ans n’ont jamais réussi à enrayer le chômage des jeunes. Pourtant des leviers existent : l’apprentissage, les contrats aidés, un accompagnement plus individualisé pour les jeunes sans qualification. Seulement l’apprentissage par exemple a longtemps souffert d’une image négative. Un changement à ce niveau-là semble s’opérer, laissant espérer une redynamisation de l’image de l’apprentissage. Les enquêtes montrent par ailleurs que les jeunes issus de l’apprentissage accèdent plus rapidement à l’emploi. Un effet contact avec l’entreprise qui s’amenuise cependant à mesure que le niveau de formation augmente.

Toujours le poids des origines

Troisième point qui ressort de ces enquêts : le taux d’accès à un emploi stable s’est fortement dégradé depuis les années 1990. Dans le privé ou le public, les jeunes intègrent de moins en moins de CDI ou d’emploi statutaire dans la fonction publique.
Il reste en parallèle des secteurs complets en manque de main d’œuvre : l’enseignement, l’hôtellerie-restauration, le bâtiment, l’informatique.
Par ailleurs, le déterminisme social, autrement dit le poids de l’origine sociale dans l’insertion professionnelle, est encore très influent et ancré dans notre société, même si là aussi une légère amélioration semblerait s’amorcer ces dernières années.
Enfin, si, comme le souligne Florence Lefresne, la directrice du Céreq : « le diplôme est certes de moins en moins suffisant mais de plus en plus nécessaire pour trouver un emploi », l’arme fondamentale reste la formation, quel que soit l’âge du demandeur d’emploi d’ailleurs, pour ajuster au mieux et au plus vite ses compétences aux besoins du marché du travail.

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