Viticulture

La recherche vigne et vin au service de la relation filière-société

L’espace d’une matinée, le Vinipôle Sud Bourgogne a proposé d’assister, le 4 décembre dernier à Davayé, aux Rencontres avec la recherche. L’occasion d’aborder plusieurs sujets d’actualité.

Jean-Christian Tisserand a rappelé que le bio reste aujourd'hui un marché de niche.

La salle Jules Chauvet du lycée Lucie Aubrac de Davayé était comble au moment de débuter la matinée initiée par le Vinipôle Sud Bourgogne. L’occasion d’assister aux Rencontres avec la recherche le mardi 4 décembre sur la thématique La recherche vigne et vin au service de la relation filière-société. Cette matinée était découpée en trois parties distinctes. Dans un premier temps, les interventions se sont intéressées à la question suivante : Quelle demande sociétale pour la filière viti-vinicole ?

Une question de point de vue

Ainsi, Florent Schepens, de l’Université de Franche-Comté, s’est intéressé à la thématique Controverses et voisinage, des expertises différentes. L’occasion d’évoquer les risques, dangers et menaces pour la viticulture en proposant les différentes visions et autres points de vue de chacun. Car si, de leur côté, les professionnels ne s’estiment pas en danger car ils pensent maîtriser le risque, du côté du grand public, souvent profane, l’approche est tout autre. Car ces personnes pensent subir des risques qu’elles ne maîtrisent pas et qui deviennent une menace. Dès lors, de ces deux visions divergentes va naître une controverse selon Florent Schepens. Aux yeux des professionnels du vin, le voisin n’est pas, lui, un professionnel. Donc ses arguments ne portent pas forcément face à eux, experts, qui ont la compétence technique.

Le vin bio encore au stade embryonnaire

Économiste chercheur à la Burgundy School of Wine and Spirits Business, Jean-Christian Tisserand s’est attaché à présenter la Perception des signes environnementaux ainsi que quelques résultats de l’économie comportementale. De 14.600 hectares 2007, nous sommes passés à 57.000 hectares de vin bio en 2015 (sur 790.000 ha de vignes en France soit 7 %). Quant à la croissance annuelle moyenne des ventes, elle est de 20 % depuis 2010. La hausse des exportations en valeur de 2014 à 2015 est de 26 %. Ainsi, 46 % de la production de vin bio est écoulées à l’étranger (soit deux tiers de tous les produits bio exportés) alors que seulement 30 % des vins traditionnels sont exportés. Jean-Christian Tisserand remarque qu’ « un vin bio est plus difficile à fabriquer en partie en raison des intempéries et des maladies de la vigne, lesquelles sont aussi parfois plus difficiles à maitriser en Bio. Néanmoins, les consommateurs sont prêts à payer plus cher pour un vin bio selon un  sondage Ipsos. » On notera que 75 % des vins bio sont en AOP ou AOC contre seulement 48 % pour l’ensemble des vins. Jean-Christian Tisserand a ensuite brièvement présenté les résultats de plusieurs études, françaises et étrangères, dont les plus anciennes remontent à 2005. A l’époque, les consommateurs européens étaient prêts à payer 8 % de plus pour un vin bio. Un chiffre confirmé, aux Etats-Unis, en 2016.

Au final, Jean-Christian Tisserand estime qu’il y a trois types de consommateurs : le neutre qui est prêt à ne rien payer ou à peine plus, le conservateur qui ne fait pas confiance au vin bio et le sensible à la cause environnementale. Cette dernière catégorie a tendance à augmenter pour l’instant même si le marché bio reste un marché de niche.

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