Elevage

Elevage Les fermes usines, une réalité française ?

Depuis déjà plusieurs années l’élevage est soumis à de nombreuses critiques. La visibilité médiatique des anti-élevages monte en puissance. Cependant, les abolitionnistes ne sont pas les seuls à faire parler d’eux, le 26 novembre, Greenpeace a dévoilé une carte supposée recenser « les fermes usines ». Cette action, qui a blessé le monde de l’élevage, se base sur des arguments dont certains sont infondés.

En France, seulement 2 % de la population déclare être végétarien, végétalien ou végan (source : Sondage Ifop pour Idele - Projet Accept juin 2016). Pourtant, médiatiquement, cette part de la population occupe une place importante. Les actions des antispécistes et des abolitionnistes se sont multipliées ces derniers mois, dégradation de devantures de boucheries, incendie d’un abattoir dans l’Ain… Cette montée en puissance et cette visibilité médiatique interrogent et inquiètent les professionnels qui se sentent blessés par ces critiques. Le débat sur le bien-être animal et l’impact de l’élevage sur l’environnement est sorti des sphères professionnelles pour entrer dans la sphère publique. Les abolitionnistes ne sont pas les seuls à s’exprimer sur ce sujet et à participer à l’agribashing dont est victime le monde de l’élevage. La dernière initiative en date, qui a heurté les éleveurs, est la carte de Greenpeace qui est supposée recenser ce que l’organisation décrit comme des « fermes usines ». Selon l’ONG, la carte, publiée le 26 novembre, représente toutes les exploitations qui dépassent les seuils suivants ; plus de 750 emplacements pour les truies, plus de 2.000 emplacements pour les porcs de production (de plus de 30 kg), plus de 40.000 emplacements pour les volailles, plus de 400 vaches laitières, plus de 800 animaux pour les élevages de veaux de boucherie et/ou bovines à l'engraissement. L’objectif de Greenpeace est d’en finir avec ces « fermes usines qui pullulent en France », car elles représenteraient un danger et seraient « le symbole d’un modèle d’élevage extrêmement concentré ». Or, en France, le taux de chargement d’un élevage de volailles est de 10,1 UGB (Unité gros bovin) contre 15,3 en Allemagne ou 51 en Espagne, par exemple. Concernant l’élevage bovin laitier, le troupeau moyen, en France, est de 60 vaches.

40 % de la consommation nationale d’antibiotique 

Dans son argumentaire, Greenpeace avance que 70 % des antibiotiques consommés en France le sont par le secteur de l’élevage. Cependant, d’après l’Anses, en France en 2017, il a été vendu 759 tonnes d’antibiotiques destinées à la santé humaine et 499 tonnes d’antibiotiques pour la santé animale, dont 95 % pour les animaux destinés à la consommation humaine. Le pourcentage présenté par Greenpeace est donc erroné puisque la consommation d’antibiotique en santé animal ne représente que 40 % de la consommation française totale. De plus, le volume total des ventes d’antibiotiques à usage vétérinaire a diminué de 5,9 % entre 2016 et 2017, et depuis 2011 les volumes ont baissé de 45,2 %. Cette évolution témoigne donc des efforts fournis par la filière animale, depuis la mise en place du premier plan Ecoantibio (2012/2016) qui avait pour objectif de réduire de 25 % l'usage des antibiotiques sur cette période. Finalement, c'est une baisse de 37 % qui a été enregistrée. Greenpeace allègue également que parmi ces 4.413 fermes-usines, elle a retracé 1.470 bénéficiaires d’aides de la politique agricole commune pour un montant total de 48 millions d’euros, dont 14 millions d’euros dédiés à des mesures dites de “verdissement”, soit 32.628 € par exploitation par an. Remis à l’échelle de l’exploitation ce chiffre ne semble pas si extravagant, puisqu’en moyenne, le montant des subventions perçues par les exploitations est de 30.130 € par an (source : base RICA). Les 48 millions d’euros de subvention PAC ne représentent, de plus, que 0,5 % des subventions versées à l’ensemble des 460.000 exploitations françaises (360.000 déclarants PAC). Depuis le 29 novembre, sur son site, Greenpeace indique que « suite à des retours sur les données présentées dans cette carte des fermes-usines », l’organisation est actuellement en train de recenser les modifications à apporter. D'autant plus que certaines de ces fermes incriminées ne correspondaient en rien à leurs seuils...

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