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Stéphane Travert avait annoncé sa venue lors du prochain Festival du bœuf charolais, il a renoncé...

Les samedi 2 et dimanche 3 décembre aura lieu le prochain Festival du Bœuf charolais. Et, pour sa 24e édition, le grand rendez-vous devait se faire en présence de Stéphane Travert, lequel s’était annoncé pour le samedi 2. Il y a renoncé. Demeure l’incertitude que fait planer la FCO…

 

 

Les incertitudes qui pèsent sur la tenue du prochain festival sont lourdes et difficiles à supporter pour les bénévoles de la Société d’Agriculture et d’Elevage du Charollais.

La question est posée : faut-il encore présenter le Festival du bœuf charolais dans les colonnes de L’Exploitant Agricole de Saône-et-Loire ?

La réponse s’impose : forcément oui, et plutôt trois fois oui qu’une seule !

Oui, car ce rendez-vous - qui se tiendra cette année les samedi 2 et dimanche 3 décembre prochain - demeure et de loin le plus important concours d’animaux de boucherie de France. Qui plus est uniquement en race charolaise ! Et parce qu’autour de ce rendez-vous gravitent mille et un autre rendez-vous comme le concours des vitrines pour les apprentis bouchers, lequel a pris une dimension européenne avec, cette année, vingt-cinq CFA inscrits, mais aussi le concours culinaire, celui de photo…

Oui, car cette 24e édition est marquée par la FCO. Cette année encore mais bien différemment des précédents épisodes. Cette année, c’est le sérotype 4 qui a conduit au classement de tout notre département en Zone de surveillance… Des analyses ont été effectuées dont les résultats sont attendus dans les jours à venir.

Oui encore, car Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, y avait annoncé sa venue, avant de faire marche arrière. Dommage car jusqu’alors aucun ministre n’avait jamais encore mis les pieds dans ce qui est la plus grande et la plus belle manifestation de mise en avant du savoir-faire de la grande région d’élevage qui est le berceau de la race charolaise !

Compliqué…

Reste que pour Gilles Degueurce, le président de la Société d’Agriculture et d’élevage de l’arrondissement de Charolles, les choses ne sont pas simples ces temps-ci.

Il y a d’abord le laps de temps court entre, d’une part, le concours de reproducteurs HBC charolais et le Festival de l’autre, un laps de temps qui impose une intense mobilisation du réseau des bénévoles. Et ce laps de temps, bon an, mal an, chacun a appris à vivre avec. Du moins à faire avec !

Il y a aussi et surtout les incertitudes liées au placement de l’ensemble de notre département en Zone de surveillance, incertitudes qui complexifient les choses… Et cela même si la quasi-totalité des 750 bovins attendus seront abattus dans la semaine qui suivra le Festival, en vue de leur maturation et de leur préparation à destination des repas de fêtes de fin d’année.

« Jusqu’à il y a trois semaines, les choses se présentaient bien », note Gilles Degueurce qui fait état de 1.160 animaux engagés, contre 1.000 l’an dernier. « Nous sommes encore en progression, de plus de 160 animaux, et nous notons aussi l’inscription de nombreux nouveaux éleveurs ». Le tri sera, quoi qu’il arrive, sévère puisque le concours ne dispose que de près de 750 places. Un tri sévère qui hisse le Festival au premier rang des plus beaux concours d’animaux de boucherie. Qui s’y rend le sait. Quant aux chevillards, ils seront tous là, bien décidés à ne pas manquer le rendez-vous, ce qui est de bon augure.

Dans ce contexte, le classement du département en Zone de surveillance fait peser une incertitude double :

- d’abord parce des prises de sang sont en cours sur 45 cheptels et pour vingt animaux pour savoir si le virus est présent dans notre secteur ;

- ensuite parce que les éleveurs des départements voisins de la Loire et de l’Allier risquent bien de bouder le rendez-vous, eux qui avaient engagé près de 40 animaux. De même, les éleveurs de l’Ain, situés en Zone de protection, ne seront pas présents.

Un soutien, une reconnaissance

« Dans l’attente des résultats des prises de sang, notre conseil d’administration s’est réuni la semaine dernière pour savoir s’il fallait ou non maintenir le rendez-vous », reconnaît le président de la Société d’Agriculture de Charolles. Il ne cache pas que les avis étaient partagés, mais qu’une majorité s’est dégagée pour, malgré tout, tenir le rendez-vous et ainsi engager près de 70.000 € de dépenses. Et cela au risque d’une éventuelle annulation par les pouvoirs publics si un cas positif était découvert dans un rayon de vingt kilomètres autour de Charolles… « Nous serions alors en cessation de paiement, mais je ne conçois pas que le ministre puisse alors être des nôtres… Comment pourrait-il venir à Charolles alors que les travées seraient vides ? ».

Lourd et pesant…

Cette incertitude qui plane sur la tenue ou non du festival est lourde et pesante. Gilles Degueurce ne le cache pas, lui qui fait immédiatement allusion au vécu des éleveurs dans cette période tout aussi inconfortable pour eux : « le prix du broutard en a pris un coup, alors même que les marchés ne sont pas fermés ». « Des messages sur le vécu de l’élevage, nous avons à lui en passer », poursuit l’ancien vice-président de la section bovine. « Comme Stéphane Travert viendra le samedi, nous aimerions l’amener sur une exploitation du secteur pour un échange avec les éleveurs, pour garder au Festival un côté plus protocolaire ».

Le Festival avec ses 750 bêtes grasses attendues, c’est un des rendez-vous qu’on ne manque pas. Annoncé, le ministre y est attendu. Les animaux, les éleveurs et leurs partenaires aussi. Sans oublier le grand public !

C’est d’ailleurs en cela que le président de la Société d’Agriculture de Charolles ne cache pas sa satisfaction d’avoir décroché la venue du ministre. « La venue de Stéphane Travert aurait sonné comme une reconnaissance de l’excellence de notre élevage et de ses produits. Cela aurait aussi été une vraie reconnaissance pour les éleveurs ».

 

Et la Glorieuse de Louhans…

Autre événement majeur dans le département, la prochaine Glorieuse de Bresse à Louhans se tiendra le samedi 15 décembre.

Et là encore, des rumeurs font état de la probable venue du ministre Stéphane Travert pour ce rendez-vous incontournable de la filière Volailles de Bresse à quelques jours des fêtes de fin d’année.

« Si tel est le cas, nous ne pouvons que nous en réjouir », note Gilles Degueurce pour qui « c’est l’illustration de l’excellence des filières de Saône-et-Loire dans de multiples productions : en volailles, en viande, en vin bien entendu ». A noter que l’AOP Volaille de Bresse fête en effet en 2017 le soixantième anniversaire de son accession au rang d’appellation d’origine contrôlée. Soixante ans après, elle est encore la seule à avoir été élevée à ce rang…

450.000...

Pour les éleveurs, le Festival, c'est l'équivalent de près de 450.000 € de plus-values qui se répartissent sur les quelque 85 % d'animaux vendus au cours des ces deux journées. Une somme qui est loin d'être une paille et qui explique une partie du succès du concours...

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