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Pas toujours simple, pour les producteurs de végétaux, de parler de la nécessité de traiter leurs cultures...

La question est d’actualité. Dans le vignoble certes, mais pas seulement. Toutes les productions végétales, bio comprises, sont concernées par un débat qui est devenu sociétal. Retour sur une journée de réflexion sur le sujet alors que la profession entend sortir de l’irrationnel et parler des faits, des seuls faits.

 

L'usage des produits de protection n'est pas optionnel. Il s'impose en conventionnel comme en agriculture bio.

La question de la communication autour de la protection phytosanitaire est loin d’être simple et anodine. Elle est stratégique pour des pans entiers de notre économie, de notre agriculture et viticulture, aussi la FNSEA organisait-elle récemment une journée sur le thème "Protection phytosanitaire : comment en parler ?". Plus de quatre-vingt personnes issues de vingt-cinq départements et de cinq régions y participaient. Cette journée visait à faire un bilan des pratiques de protection des cultures, et faire émerger les premières propositions pour contribuer à la construction d’une stratégie de communication adaptée.

Les différentes interventions de l’Inra, de l’Irstea, de la MSA et du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, ainsi que nombreux échanges ont permis de remplir ce double objectif. Comme cela a été précisé en introduction par Eric Thirouin, responsable du dossier Environnement à la FNSEA, cette journée se voulait la première étape d’une réflexion large sur la communication de profession au sujet des "phytos" et les messages audibles pour renouer avec la société et apporter des solutions.

Des éléments factuels

La matinée a été consacrée aux enjeux liés à la protection phytosanitaires, aux évolutions des pratiques agricoles depuis quinze ans et aux chantiers d’avenir. S’en suivait un état des lieux des connaissances en matière de santé et d’environnement, puis le bilan sociétal et médiatique de la question phytosanitaire. Une matinée riche en échanges qui a permis de dégager des éléments factuels qui peuvent être utilisés par l’ensemble du réseau pour expliquer les pratiques.

Tous se sont accordés sur le besoin de la protection phytosanitaire et sur la nécessité de trouver des réponses « face aux attentes et parfois aux attaques de nos concitoyens sur la question phytosanitaire ». Si la recherche travaille activement sur des alternatives, qui intègrent solutions systémiques et innovations technologiques comme axes de recherche, les fruits ne porteront qu’à moyen et long-terme. Aussi est-il important de bâtir une stratégie pour que les agriculteurs puissent dès demain répondre aux questions, démentir les attaques et mieux coordonner sa communication. « Utiliser le capital sympathie des agriculteurs », « sortir de la défensive », « prendre la parole », « trouver des alliances », « trouver des porte-voix » ont été autant de propositions mises en avant. La matinée s’est conclue sur la nécessité de mettre en place une communication durable, de fond sur le sujet de la protection phytosanitaire, parallèlement à une communication de crise.

Des ateliers concrets

En début d’après-midi, Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, a souligné le besoin d’une ligne de communication de la profession sur la protection phytosanitaire, d’autant plus nécessaire à l’aube du lancement des Etats généraux de l’Alimentation. Elle a exprimé l’importance d’être proactif sur ce sujet, de sortir des postures défensives et d’être force de proposition. En prenant pour exemple les œufs de poules en cages ou la filière porcine vis-à-vis du "sans antibiotique", Christiane Lambert a évoqué une prise d’engagements de la part de la profession sur le sujet de la protection phytosanitaire, avec des échéances raisonnables et dans le cadre d’un pacte avec le consommateur et les filières.

Cette intervention était suivie de travaux en groupe dans le cadre de quatre ateliers, exposant des scènes de vie et des cas pratiques auxquels les réseaux peuvent faire face : conflits avec le voisinage, pétitions, différences d’utilisation de produits phytosanitaire entre la France et les pays limitrophes. L’objectif de ces ateliers était de faire émerger les réactions et les messages que pouvaient tenir les agriculteurs en fonction des différentes cibles, pour gérer les crises. Riches d’enseignements, ces ateliers ont fait émerger des messages communs : la nécessité d’expliquer le métier, d’aller au contact des riverains, d’être à l’écoute des préoccupations, d’expliquer les pratiques et les besoins des agriculteurs, mais aussi de responsabiliser le consommateur, etc.

En conclusion, Eric Thirouin insistait sur l’obligation de disposer de solutions de protection des cultures, quelles que soient les modes de production concernés, et, parallèlement, la nécessité de « répondre présent », d’être force de propositions. Pour cela, les pratiques et les postures sont à faire évoluer, mais cela nécessitera une transition, accompagnée par des financements et politiques publiques. Il faudra à terme réfléchir à des systèmes intégrant la baisse inexorable des solutions phytosanitaires, tout en travaillant à la dédiabolisation des pratiques actuelles. Enfin, Eric Thirouin soulignait qu’il fallait, dans la suite des travaux initiés par cette journée, travailler sur deux niveaux :

-       d’une part sur la gestion de situation de crise, être en capacité de réagir et d’apporter des arguments rapidement pour dépassionner les échanges ;

-       d’autre part, et il s’agira là d’un chantier qui s’inscrit dans la stratégie plus globale de la FNSEA, construire une ligne qui montre que la profession est prête à relever les enjeux, et qui lui permette d’être audible par tous les acteurs.

 

 

 

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