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Les manifestations de la Société d’agriculture du Charollais sont des valeurs sûres

En 2016, malgré une conjoncture difficile, les manifestations de la Société d’agriculture et d'élevage de l'arrondissement de Charolles ont connu de nouveaux succès. 2017 s’annonce d’ores et déjà sous de bons auspices.

Malgré de petits moyens et une main-d’œuvre qui demeure bénévole, la Société d’agriculture de Charolles est l’organisatrice de deux des plus importants rassemblements de la race. Et même au-delà.

La Société d’agriculture et d’élevage du Charollais tenait son assemblée générale le 16 octobre à Charolles. A quelques semaines de ses manifestations phares de fin d’année, la structure dressait le bilan de la saison 2016. Malgré un contexte difficile en élevage, les manifestations d’automne qu’organise la Société d’agriculture ont été plutôt réussies. L'an dernier, le concours de reproducteurs a cependant connu une baisse d’effectif de -10 % réunissant ainsi 580 bovins charolais présentés par 86 élevages. Cette légère baisse n’a tout de même pas empêché la vente de près de 80 veaux reproducteurs. A noter aussi la présence d’une délégation en provenance d’Afrique du Sud.

4.000 visiteurs, 700 gros bovins

Trois semaines plus tard, le Festival du Bœuf avait connu, une nouvelle fois, un succès total. Environ 4.000 visiteurs sont ainsi venus admirer les quelque 700 gros bovins de boucherie en concours. La Société d’agriculture avait enregistré près de 990 engagements d’animaux et les acheteurs, encore plus nombreux, ont acquis 98 % des animaux à des tarifs très rémunérateurs.

Ce 22e Festival a également été l’occasion de la huitième édition du concours de vitrines de boucherie, organisé par l’Institut charolais. Un concours qui grandit d’année en année. Dix-neuf écoles d’apprentis participaient en 2016 sous l’œil aiguisé du Meilleur ouvrier de France, Romain Lebœuf, et sous le parrainage du syndicat des bouchers.

Première pierre…

Comme chaque année, le Festival du Bœuf a été le théâtre de nombreuses animations (concours culinaire, concours de photos, défilé de mode et stands divers…). Ce fut aussi la pose de la première pierre des travaux d’extension du parc des expositions de Charolles en présence de la présidente de Région, Marie-Guite Dufay. Un double évènement puisque c’était la première fois qu’un président de Région rendait visite au Festival. Et ce fut aussi la perspective d’une infrastructure plus adaptée aux manifestations organisées, entre autres, par la Société d’agriculture qui pourra désormais compter sur un espace réaménagé avec notamment une vraie salle de restaurant, informaient les responsables.

Nouveaux succès en vue…

Ce nouveau cadre ne sera pas opérationnel cette année puisque les travaux n’en sont encore qu’aux fondations. Aussi, le concours et le Festival devront-ils s’adapter à un site quelque peu chamboulé par le chantier de la nouvelle halle.

Malgré ce handicap, la Société d’agriculture est bien décidée à accueillir tous les participants à ses manifestations. 712 bovins sont d’ores et déjà inscrits pour le concours de reproducteurs des 10 et 11 novembre. C’est 140 animaux de plus qu’en 2016 et c’est autant que les meilleures années vécues par la société.

Quant au Festival du bœuf charolais, qui se tiendra les samedi 2 et dimanche 3 décembre, il y a fort à parier qu’il enregistrera encore près d’un millier d’engagements de bovins de boucherie… et que le public sera encore plus nombreux.

Viande Charolaise : retrouver la place qu’elle mérite auprès du consommateur

« Avec ses 1,6 millions de vaches fournissant quelque 800.000 broutards, la race charolaise n’est pas là par hasard. C’est bien parce qu’elle répond à un marché », estimait le président de l’OS Charolais France Hugues Pichard. Un propos résolument positif qui rejoint le point du vue du président de la société de Charolles Gilles Degueurce : « soyons vigilants mais confiants : notre race charolaise a encore de belles cartes en main ». Pour illustrer ces propos optimistes, la société d’agriculture avait invité Priscilla Papon-Mamessier, animatrice de Charolais de Bourgogne et Christian Bajard, président de la section bovine de la FDSEA et artisan au sein de la FNB « d’Eleveurs et engagés ». Deux démarches collectives nouvelles destinées à mieux valoriser la production charolaise auprès des consommateurs.

IGP Charolais de Bourgogne

Charolais de Bourgogne est aujourd’hui une IGP officiellement reconnue qui compte 1.500 éleveurs, six organisations de producteurs, des abattoirs fournissant une soixantaine de points de vente en GMS un peu partout en France. L’IGP Charolais de Bourgogne est bâtie sur un cahier des charges avec une aire géographique, des conditions en termes de fourrage, surfaces herbagères, chargement, type de bête, maturation, etc… Correspondant à des charolais de qualité produits dans les conditions habituelles de la zone allaitante herbagère, la viande IGP Charolais de Bourgogne vise le milieu de gamme en proposant des produits clés en main correspondant à la demande du consommateur, expliquait Priscilla Papon-Mamessier. Cette nouvelle filière va avoir besoin d’animaux pour assurer des volumes et il lui faut réaliser un véritable marketing auprès de la consommation. Une nouvelle communication sera présentée au prochain salon de l’agriculture et rendez-vous est donné en novembre à la foire gastronomique de Dijon, informait l’animatrice.

« Eleveurs et Engagés »

Avant même que ne se déroulent en grande pompe les fameux « Etats généraux de l’alimentation », la profession planchait déjà sur une démarche qui « repositionne mieux la viande d’allaitante auprès du consommateur » et qui soit plus équitable pour l’éleveur. L’intérêt de cette démarche, baptisée dans un premier temps « Cœur de Gamme », est d’avoir tenu à intégrer le coût de production (4€50 le kilo de carcasse pour une vache R+ en tenant compte de la rémunération de l’éleveur). Une exigence audacieuse que la FNB a défendu jusqu’au bout malgré le recul de certains membres de la filière et qui a permis de faire naitre la filière « Eleveurs et Engagés », rapportait Christian Bajard. L’éleveur s’engage sur la qualité de ses animaux (âge, état d’engraissement, maturation…). La grande distribution s’engage sur les volumes (au moins 50% de son rayon en allaitant). A ce stade, « Eleveurs et Engagés » démarche les grandes enseignes. Carrefour et Système U ont répondu favorablement pour respectivement 3 et 5 magasins. Auchan reste à convaincre tandis que Leclerc et Intermarché se font désirer… « Cette démarche permet aux éleveurs de toucher une plus value de 200 à 300 € par animal. Aujourd’hui, on en est à 5.000 animaux par mois », confiait Christian Bajard. Désormais, l’enjeu est de faire identifier le produit par le consommateur. Le succès de la démarche « C’est qui le patron ? » dans le lait inspire confiance aux producteurs de viande et prouve que rien n’est impossible.

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