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Pour ses 40 ans, la filière bio est toujours en pleine croissance

Le 1er juin, l’Agence Bio a souligné que tous les voyants étaient au vert. En effet, l’agriculture bio est en pleine croissance et est pourvoyeuse d’un nombre grandissant d’emplois.

« Les indicateurs de production et de consommation des produits bio, en constante évolution, nous renseignent sur l’envie des Français de consommer avec responsabilité », a indiqué Gérard Michaud, président de l’Agence Bio, le 1er juin, lors de la présentation des chiffres de la filière en 2017. Il a également ajouté que 2018 marquait les 40 ans de la FNAB, les 40 ans des premiers techniciens bio et les 40 ans de la première coopérative entièrement dédiée aux productions issues de l’Agriculture Biologique. « Il y a 40 ans, il y avait seulement quelques dizaines d'agriculteurs bio, ils sont désormais plus de 30 000 », s’est-il félicité. Florent Ghul, directeur de l’Agence Bio, a rappelé que la filière bio était génératrice d’emplois. Le nombre d'emplois directs a, en effet, augmenté de 49.200 entre 2012 et 2017, pour atteindre 134.500. Elle est ainsi pourvoyeuse de 12,5 % des emplois agricoles français, « alors que l’emploi agricole recule », souligne le directeur de l’Agence Bio. Fin 2017, on comptabilisait, par exemple, 88.400 emplois directs dans les fermes, +13,7 % par rapport à 2016, et 27.000 emplois directs dans le secteur de la vente au détail, +13 % par rapport à 2016.

69 % de la consommation produite en France 

En 2017, le marché des produits alimentaires biologiques a atteint plus de 8,3 milliards d’euros, soit une augmentation de 17 % en un an, soit 7,921 milliards d’euros de consommation à domicile (+18 % par rapport à 2016) et 452 millions d’euros en restauration, hors domicile. Florent Guhl note que 69 % de la consommation bio en France est issue de la production française.

En 2016, 29 % des produits consommés en France étaient donc importés. Pour le directeur de l’Agence Bio, l’augmentation des importations est principalement due à des phénomènes conjoncturels, comme le manque de disponibilité de lait, dû au fait que la production issue des conversions de 2016 n'est pas encore sur le marché et à une faible production, en raison des conditions climatiques. De plus, plus de 40 % de la valeur des importations sont considérées comme exotiques, (banane, cacao, café...) ou purement méditerranéens (olives, agrumes…). Hors produits exotiques l'approvisionnement français représente 82 % des produits vendus.

L’année 2017 a été marquée par une importante progression de la production et de la transformation biologique. Entre 2016 et 2017, le nombre d’agriculteurs engagés en agriculture biologique a augmenté de 14,7 %, pour atteindre 36.691, soit 8,3 % des fermes françaises. 1,78 million d’hectares sont ainsi cultivés en agriculture biologique, soit 6,6 % des surfaces totales cultivées en France. Florent Ghul observe que l’augmentation des surfaces est significative dans toutes les régions françaises. Cependant, plus de 60 % des fermes en bio se situent dans quatre régions : Occitanie, 8.154 fermes, Auvergne Rhône-Alpes, 5.377 fermes, Nouvelles Aquitaines, 5.327 fermes, et Pays de la Loire, 2.927 fermes.

Le directeur de l’Agence Bio a également évoqué le plan Ambition bio 2022. Le montant du fonds Avenir Bio sera doublé progressivement pour atteindre 8M d’euros en 2022. Il a souligné que la concertation, qui débutera le 21 juin prochain, sera le point d’orgue de la construction de ce plan.

Une troisième voie pour une alimentation durable

Le « Collectif de la troisième voie » est né ce 18 juin, scellé par la signature d’un manifeste entre Bleu blanc cœur, Demain la terre, CRC - le Blé de nos campagnes et Vignerons en développement durable. Les quatre acteurs indiquent vouloir « fédérer et promouvoir les initiatives d’agriculture responsable dans toutes les filières », dans un contexte où « producteurs et consommateurs sont toujours plus nombreux à prendre la pleine mesure des bénéfices d’une meilleure alimentation et d’une agriculture responsable et durable ». Les signataires rappellent que l’agriculture est diversifiée et que la notion de « troisième voie » vient s’ajouter aux agricultures conventionnelle et biologique. Le collectif regroupe ceux qui « travaillent dans une même logique de responsabilité environnementale, économique, sociale et sociétale » pour apporter « une réponse concrète à l’Alimentation durable telle que définie par la FAO et les Nations Unies ». Il englobe les questions de santé, de respect des milieux et de sécurité alimentaire. Pour devenir membres, les structures doivent s’engager dans la durée au-delà des exigences réglementaires. Cela repose sur « des obligations de moyens et de résultats définies selon des cahiers des charges co-construits et vérifiés », précisent les signataires. Le collectif espère rassembler 20 % de la production agricole française d’ici cinq ans et entend « accéder à une reconnaissance officielle et/ou d’intérêt général ».

La filière lait s’engage à réduire ses émissions de gaz

La filière laitière, par le biais du Cniel, de l’Institut de l’élevage, de France Conseil Élevage et des chambres d’Agriculture, s’est engagée à réduire de 20 % des émissions de la filière en dix ans, en signant une feuille de route climatique le 14 juin. Cette feuille de route « concrétise les engagements que nous avons pris » dans le plan de filière, souligne Thierry Roquefeuil, président du Cniel. Martial Marguet, président de l’Idele va plus loin: « Cela permet de faire reconnaître la filière laitière française au-delà des frontières ». Pour atteindre cet objectif, le programme Life Carbon Dairy, et notamment son outil Cap’2er, va être déployé au niveau national.

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