Culture Pratique

Limaces, pas de pression mais...

Avec le climat sec depuis l’été passé et le peu de pluie de ces derniers mois, la pression limace n’est pas trop d’actualité. Mais... Mais voici malgré tout quelques conseils si jamais les précipitations venaient (enfin) à être plus importantes et décident les mollusques à se multiplier. En cette période de semis de printemps, il conviendrait alors de surveiller de près les cultures.

Actuellement, en fonction du ressuyage des terrains après les quelques pluies de ces derniers jours, les semis de tournesol sont en cours et ceux de maïs ont commencé autour du 10 avril.
Avec la sécheresse accumulée depuis plusieurs mois maintenant, la pression limaces est quasiment nulle sur tout le département. Aucun dégât significatif n’a donc été signalé.
Mais la situation pourrait vite évoluer si jamais les pluies venaient enfin à se développer. Et avec des semis en plein développement, les limaces feraient de ces jeunes pousses un véritable festin. Des attaques qui pourraient avoir des conséquences sur la quantité et/ou la qualité produites.
Il convient ainsi de jouer la carte de la prudence et de la surveillance en fonction des pluies en évaluant, en premier lieu, le risque limaces de chaque parcelle.

Évaluation du risque

Plusieurs critères* devront être notés en fonction du risque : l’historique limaces de l’année précédente ; le type de sol (de sableux : 0 à argileux : 5) ; les cultures précédentes (exemple : cultures de printemps : 1 ; colza : 6) ; la pratique effectuée en interculture (de déchaumage après récolte avec labour : 0 à absence de travail du sol : 4) ; le niveau de développement de la végétation durant l’interculture ; la préparation du lit de semences (de fine à grossière).
Autres critères à prendre en considération et à traduire en note, le type (et donc la sensibilité) de culture et la date de semis (un blé en semis précoce dans certaines régions reviendra à un risque 2, quant un colza en semis tardif représentera un risque 10).
Au contraire des bulletins scolaires : plus la somme totale des huit notes est élevée, plus c’est risqué !

Actions et prévention

En Saône-et-Loire, par exemple, il conviendra de surveiller les cultures de maïs jusqu’à un stade levée à cinq feuilles et les parcelles de colza juqu’à un stade germination à six feuilles.
Si le recours à la lutte chimique s’avère incontournable, il faut alors recourir à des traitements sans risque pour la faune et l’environnement, et ce, uniquement dans les parcelles concernées.
Les deux substances actives actuellement disponibles sont le métaldéhyde et le phosphate ferrique sous forme de granulés, ce dernier étant utilisable en agriculture biologique.
Il convient de régler précisément les outils d’épandage (dosage et répartition) et de respecter une zone non traitée (ZNT) de 5 m en bordure de parcelles.
On retiendra, parmi les leviers de prévention pour rompre le cycle de reproduction des limaces et limiter leur développement, la diversification des rotations, le choix des cultures et des couverts, le ramassage ou le broyage des pailles, le déchaumage tout de suite après la récolte, la préparation fine du lit de semences, la préservation les auxiliaires, etc.

* Détails de ces critères à retrouver sur la fiche technique mise au point en 2016 par la chambre d’agriculture, la fédération départementale des chasseurs et la coopérative Bourgogne du Sud et rédigée à la suite de la découverte de plusieurs cadavres de lièvres, intoxiqués par du métaldéhyde.

Complément d’information sur la fiche « Limaces et métaldéhyde : des enjeux forts », rédigée dans le cadre du plan Écophyto.

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