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Le Plan de filière en viticulture veut des leviers pour relever le défi environnemental

Création de valeur, engagements sociétaux, réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, certifications environnementales des exploitations, la filière viticole se fixe des objectifs ambitieux dans son plan. Elle attend cependant un signe positif vis-à-vis de la Stratégie nationale santé, qui stigmatise le vin, pour remettre son document au ministère de l’Agriculture.

« C’est une incompréhension pour nous de faire un plan de filière alors que la stratégie nationale santé et la campagne de communication du ministère stigmatise la filière », indique Jérôme Despey, président du conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer et secrétaire général de la FNSEA. Le plan santé du gouvernement place en effet la viticulture au même niveau que le tabac ou les drogues, avec l’idée que toute consommation serait nocive, sous-tendant l’idée que l’Etat ne croirait pas au développement de la filière. Une position en contradiction avec l’exercice de structuration et de projection demandé à l’interprofession viticole dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation. « Sans revenir sur la nécessité de la prévention, on ne veut pas que le seul secteur visé soit le secteur viticole », insiste Jérôme Despey, qui explique que les acteurs attendent à ce sujet une réponse de la présidence de la République avant de remettre leur plan de filière, qui était attendu comme les autres pour le 15 décembre. Le document est néanmoins rédigé et répond à la commande. « Nous sommes prêts à relever collectivement le défi et à se mobiliser sur différents enjeux », souligne ainsi Jérôme Despey.

Engagements

Comme la plupart des filières, la viticulture fait des propositions pour créer de la valeur à tous les maillons de la chaîne, à travers des contrats entre l’amont et l’aval, et donne à l’interprofession un rôle de régulation dans cette création de valeur, sous réserve d’être en conformité avec le droit de la concurrence.

A côté de ce volet contractuel, qui demande également le relèvement du seuil de revente à perte et l’encadrement des promotions, des objectifs sont fixés sur les plans environnemental et sociétal. Dans la lignée des attentes des consommateurs, une trajectoire de sortie de l’utilisation des produits phytosanitaires est à poursuivre, « sous réserve de trouver des alternatives fiables qui garantissent un niveau de qualité égal au niveau actuel », précise Jérôme Despey, qui ajoute qu’une « reconnaissance du consommateur est nécessaire, ce qui passe par le prix ». Pour démontrer la haute qualité de la production française, « nous proposons d’aller vers plus de certifications des exploitations, que ce soit HVE, bio ou autres certifications, avec l’objectif de 50 % des exploitations certifiées HVE d’ici 2025 », développe-t-il. Autre objectif fixé par la filière en matière environnementale : ne plus utiliser d’herbicides chimiques sur 50 % des surfaces (hors vignobles en forte pente) d’ici 2025.

Pour y parvenir, le plan préconise plusieurs leviers : utilisation de matériel de précision, comme des pulvérisateurs qui limitent les quantités de produit utilisées et qui réduisent le phénomène de dérive, la promotion de phytosanitaires alternatifs, le tout via un accompagnement aux investissements et par la formation aux nouvelles pratiques. Enfin, « nous avons beaucoup travaillé sur un dernier point, la résilience, avec un volet différents outils », comme le développement de l’assurance ou l’épargne de précaution, ajoute Jérôme Despey. 

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