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A la Glorieuse de Louhans, le palmarès a bousculé les traditions

L’édition 2017 de la Glorieuse de Louhans, samedi dernier, a été marquée par deux événements majeurs. En l’occurrence la victoire d’un ressortissant belge, Dimitri De Cuyper, et la présence remarquée du ministre de l’agriculture.

Lors de la remise du Vase de Sèvres par le ministre de l'agriculture à Christophe Perrault.

Samedi 16 décembre, il fallait montrer patte blanche pour accéder à la salle de La Grenette pour assister à la remise des prix à l’occasion de l’édition 2017 de la Glorieuse de Louhans. Le déploiement des forces de l’ordre était particulièrement impressionnant et (bien trop ?) important pour recevoir, un court instant, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert. Ce dernier était venu porter la bonne parole et relayer les intentions des plus hautes instances de l’Etat quant au présent et au devenir de l’agriculture. Rappelant que « la Bresse est une terre de traditions avec une histoire qui se transmet de génération en génération, notamment au sein de votre filière d’excellence qu’il faut continuer à promouvoir », Stéphane Travert a ainsi souligné que la volaille de Bresse avait su demeurer « un produit prestigieux qui s’inscrit dans le patrimoine de la région ». Et de mettre en avant les signes de qualité, véritables enjeux actuels, plus particulièrement pour ce qui est des produits avec SIQO (signes d’identification de la qualité et de l’origine) dont la présence doit être grandissante, plus particulièrement dans la restauration collective.

Victoire d’Outre Quiévrain

Mais pour en revenir au cœur même de l’événement, les sourires étaient de mise en terme de participation puisque, après plusieurs années de baisse, la participation était en très nette hausse passant ainsi de 736 volailles en 2016 à 864 animaux présentés par quelque vingt éleveurs.

Ce fut presque un tremblement de terre auquel le public a assisté avec la victoire du Belge Dimitri De Cuyper. Propriétaire de trois brasseries en Belgique, ce dernier a choisi il y a dix ans de racheter une exploitation placée sous la responsabilité de Christophe Perrault. « Nous souhaitions pouvoir fournir en direct nos brasseries, non seulement en poulets, mais aussi en pintades, en porcs et en agneaux. L’année 2016 a été compliquée avec la survenue d’un incendie. Il nous a fallu tout rebâtir et nous sommes repartis de zéro. Quatre personnes travaillent sur l’exploitation. Le Vase de Sèvres met en valeur du travail que réalise au quotidien l’équipe. En 2018, nous allons augmenter la production pour pouvoir livrer à la fois localement et des restaurants, notamment étoilés ».

L’œil gourmand de Christophe Marguin

Chef étoilé installé à Lyon, Christophe Marguin a apprécié de participer à l’édition 2017 de la Glorieuse de Louhans. « C’est un vrai plaisir que de travailler avec des produits de la qualité des volailles de Bresse. On a envie d’en prendre soin. Pour nous, chefs, c’est la plus belle des volailles. A travers la qualité de la chair, on se rend compte de la qualité des aliments qu’a mangé l’animal. Personnellement, j’aime préparer cette volaille simplement avec de la crème d’Etrez. Le mariage entre volaille et crème est fabuleux ». Nous n'en doutons pas !

Six décennies d’AOC

La volaille de Bresse demeure la seule à disposer d'une AOC, depuis maintenant soixante ans.

Sur l’initiative du préfet de l’Ain, Léon de Saint-Fulgent, et du député de la circonscription, le comte de Hon, a été créé le 8 juin 1862 le comice de Bourg-en-Bresse. Le 23 décembre de la même année, se déroulait le premier concours de volailles auquel prennaient part 116 éleveurs, présentant 591 volailles. Le plus beau chapon, Grand prix d’honneur, était attribué à Napoléon III.

Trois années plus tard naissait le concours de Louhans. La première Glorieuse se déroulait au théâtre, avant d’être transférée en 1884 à la halle de La Grenette. Au fil du temps, seule la seconde guerre mondiale viendra marquer un coup d’arrêt aux Glorieuses. De deux, le nombre de concours passera à trois avec l'arrivée de Pont-de-Vaux, puis à quatre avec Montrevel-en-Bresse.

Parmi les étapes qui ont jalonné l’évolution de la volaille de Bresse, on s’arrêtera à l’année 1934. Suite à la transplantation de volailles de Péronnas par un agriculteur de Meillonnas, la Fédération des syndicats avicoles de l’Ain décide de saisir le tribunal de Bourg-en-Bresse et de solliciter des experts. Cela aboutit, suite au jugement du 22 décembre 1936, à une détermination des limites officielles de la zone AOC Bresse. Il faudra attendre deux décennies pour décrocher le Graal et voir la promulgation d’une Appellation d’origine contrôlée avec la loi du 1er août 1957 alors signée par le président René Coty. Enfin, en 1996, viendra la reconnaissance européenne de l’AOC volaille de Bresse comme Appellation d’origine protégée.

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