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Les producteurs de viande de la région BFC entendent bien valoriser leurs atouts

Les producteurs de viande bovine de BFC ont fait le point sur la production et sur la filière "Eleveur & engagé", mais aussi sur les marchés à l’export, nécessaire relais de croissance pour la filière bovine régionale. Et il est manifeste qu’il est grand temps que les choses bougent…

 

L'élevage à l'herbe est manifestement un atout de la production régionale, rarement - ou pas assez - mis en avant. A tort.

Une trentaine d’éleveurs se sont récemment réunis dans le cadre de la section Bovins viande de la FRSEA BFC. « Il est nécessaire de se rencontrer pour avoir une vision partagée de la filière bovins viande au sein de la région, pour échanger entre nous et avec ceux que nous mandatons pour nous représenter dans les instances nationales et européennes et de définir nos lignes directrices de défenses syndicales », rappelait Michel Joly, président de la section régionale, en introduction de la journée.

La question du prix, la situation économique et morale très difficile vécue par bon nombre d’éleveurs sont très vite venues dans les échanges pour se focaliser sur la marque "Eleveur & engagé" dans le cadre de la démarche "Cœur de gamme". Au dialogue de terrain privilégié jusqu’à présent avec les enseignes de la distribution, des producteurs souhaitent passer à une forme d’action beaucoup plus revendicative. Michel Joly rappelait qu’en imposant une nouvelle segmentation de marché de la viande bovine, on devait parvenir à mieux valoriser les animaux en terme de prix. Système U d’abord, puis Carrefour, Leclerc, Casino et Auchan ont signé. Dans la région, une négociation est en cours avec le groupe Schiever, mais « les éleveurs attendent maintenant des résultats concrets dans les rayons sinon la méthode va se durcir ».

De vrais défis

Jean-Pierre Fleury, président du groupe Viande du Comité des organisations professionnelles agricoles (Copa, à Bruxelles), a passé en revue les dossiers en cours. Chacun a pu appréhender les enjeux relatifs aux dossiers européens et internationaux comme la Pac, les défis du Brexit ou encore l’impact du CETA sur la filière viande avec la question des contrôles Qualité, la vérification des modes de production et les conséquences sur les prix jusqu’à -30 % sur les cours en période d’arrivée des volumes canadiens, et puis l’intérêt offensif de tous les pays du Mercosur sur la viande bovine !

Il poursuivait son exposé sur le Droit de la concurrence, dossier qu’il suit avec vigilance et dont les objectifs sont de renforcer la position des producteurs dans la chaîne, de permettre aux agriculteurs de s’organiser, de faciliter la négociation collective des prix et la gestion de la production et légiférer au niveau UE sur les pratiques déloyales.

Président de la commission Export à Interbev France, Emmanuel Bernard a présenté les marchés possibles de la viande bovine et du bétail en vif, deux marchés qui dépendent beaucoup de l’évolution du commerce extérieur. Alors qu’aujourd’hui, tous les acteurs de la filière Viande regardent vers l’export, deux facteurs apparaissent importants : la complémentarité des acteurs alors qu’il s’avère qu’il faut être à même d’apporter une large palette de produits et avoir la capacité à répondre à des volumes parfois importants pour un même produit… Pour s'affirmer sur les marchés à l'export et accompagner les acteurs, lInterbev a créé une nouvelle identité de marque pour la viande bovine française : "French beef, a taste of terroirs". Son objectif est de dynamiser les échanges commerciaux de viande bovine avec l'étranger en misant sur la tradition gastronomique française. « Depuis son lancement, cela fait un carton ! », appuie Emmanuel Bernard.

Parmi les pistes évoqués pour la filière régionale, il a été question du développement de l’engraissement et, à ce titre, le dispositif "Cœur de gamme" peut y contribuer. Il a été rappelé que les marchés à l’export constituaient de véritable relais de croissance pour la filière bovine régionale. Aussi, est-il particulièrement important d’envisager l’avenir de la filière en lien avec les attentes des pays étrangers. Le développement des marchés à l’export fait de fait partie des leviers d’action majeurs pour l’équilibre de la filière bovine de Bourgogne Franche-Comté. Celle-ci à une carte à jouer par un positionnement qualitatif et marketé avec mise en avant de l’élevage à l’herbe, de la haute valeur génétique des produits à destination des clients ou du suivi vaccinal.

Bref, il y a des cartes à jouer.

Jean Leconte

 

A l'heure de la communication

La matinée s’est poursuivie par une présentation réalisée par Isabelle Tisserand, directrice d’Interbev Bourgogne, sur les programmes d’action soutenus par le comité régional interbev notamment l’action "Made in Viande" qui s’est déroulée du 17 au 21 mai. L’importance de la prise de parole par les éleveurs pour expliquer leur métier est manifeste. A ce titre, deux formations seront bientôt proposées. L’une portera sur la prise de parole sur la question du bien-être animal et l’autre concernera les réseaux sociaux.

Tournés vers l’export

Les échanges se sont poursuivis avec un état des lieux de la filière Bovins viande par Philippe Deponge, de la chambre régionale d’agriculture, dans le cadre de l’audit filière engagé depuis quelques mois et financé par le conseil régional. Le cheptel Vaches allaitantes (526.000 têtes en région BFC) et le cheptel Vaches laitières (263.000 têtes) composent la production de bovins. Huit broutards sur dix sont exportés.

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