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Fort de son IGP, le Brillat-Savarin s'associe au Crémant de Bourgogne

Avec pour fil conducteur, l’obtention du label IGP en janvier dernier, l’assemblée générale du Groupement de promotion du Brillat-Savarin s’est tenue à Chablis, en présence du directeur de l’Union des producteurs de crémant de Bourgogne, Pierre du Couëdic, venu présenter la mise en avant de l’accord entre les deux produits phare bourguignons.

 

C’est tout naturellement, que l’assemblée générale s’est ponctuée par une dégustation de Brillat-Savarin et de crémant de Bourgogne.

La nouvelle était attendue depuis plus de dix ans et à ce titre le 19 janvier dernier restera sans doute gravée dans les mémoires des opérateurs de la filière. Après le Soumaintrain en juillet 2016, le Brillat-Savarin a enfin obtenu son "Indication géographique protégée" (IGP), qui le fait entrer dans un cercle restreint, puisqu’ils ne sont que onze fromages en France à être enregistrés sous ce signe de reconnaissance.

Philippe Delin, président du Groupement de promotion du Brillat-Savarin et responsable de la fromagerie éponyme en Côte-d’Or, s’en est largement félicité : « c’est une véritable victoire et c’est là le résultat de nombreuses années de travail. Cette IGP sera un allié inconditionnel pour la promotion et la pérennité de notre "Roi des fromages". Une nouvelle ère s’ouvre et de nouveaux challenges s’offrent à nous. Nous devons conserver l’esprit collectif qui nous a permis de décrocher cette reconnaissance. Qualité, homogénéité, constance, les trois critères pour assurer la notoriété de notre produit phare… ».

Même s’il est encore un peu tôt pour mesurer l’impact qu’aura cette reconnaissance sur la commercialisation à venir, l’IGP ne pourra que renforcer un peu plus un marché en constante progression, passé de 600 tonnes en 2006, à plus de 1.400 tonnes en 2016. Ils sont aujourd’hui neuf fabricants, dont deux affineurs, à produire du Brillat-Savarin, sur une aire s’étendant du centre de la Seine-et-Marne au sud-est de la Bourgogne, traversant notamment l’Yonne, la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire. Le tiers de la production est exporté, essentiellement vers l’Allemagne, l’Angleterre et la Belgique, mais également en Amérique du Nord.

Faits pour s’accorder

Souvent appelé "Prince des fromages", présent sur les plateaux des plus grands restaurants, le Brillat-Savarin est considéré par ses aficionados, comme un produit d’exception et un incontournable de la gastronomie bourguignonne. D’où l’idée de développer une communication conjointe, avec cet autre produit phare qu’est le crémant de bourgogne. Deux entités au final, « faites pour se rencontrer », comme le soulignait dans son intervention, Pierre du Couëdic, délégué général de l’Union des producteurs de crémant de Bourgogne (UPECB) : « il faut savoir que le nom Crémant vient tout simplement du mot "Crème", en référence à cette mousse onctueuse et assez dense qui caractérisait les vins effervescents élaborés en Champagne au XIXe siècle ». Avec, pour dénominateur commun, un esprit de fête et de convivialité, a rappelé Pierre du Couëdic, regrettant qu’il n’y ait pas plus de synergies de ce type en Bourgogne, entre les différents produits qui y sont présents : « l’idée, pour nous, ce n’est pas dans ce partenariat de rentrer dans une usine à gaz, mais d’agir de façon très pragmatique, en mettant en avant nos produits respectifs, pour parvenir à toucher un maximum de personnes, sur des publics qui nous sont communs… ». Et les atouts sont de part et d’autre au rendez-vous. Les bonnes volonté aussi. Une recette gagnante !

Dominique Bernerd