Culture Pratique

Essai blés d'Arvalis à Flagey : A la recherche du meilleur

Arvalis-Institut du Végétal proposait une visite d'essais jeudi 8 juin à Flagey-Echézeaux (21).

Les nouvelles variétés de blé, le pilotage de l'azote et la gestion du désherbage ont été abordés.

Exploitants et techniciens des organisations professionnelles agricoles avaient rendez-vous début juin au Gaec de la Champagne, à Flagey. Une parcelle de cette exploitation gérée par Benoît Collardot avait été mise à la disposition d'Arvalis-Institut du Végétal pour la réalisation d'essais en blé. Plusieurs pôles étaient déclinés, avec notamment la visite commentée des nouvelles variétés. Deux noms sont principalement ressortis des discussions avec Filon et Chevignon. « Ces deux variétés présentent des profils très complets mais totalement différents en ce qui concerne la précocité » indique l'ingénieure d'Arvalis, Diane Chavasieux. Particulièrement précoce, Filon peut davantage s'exposer au risque de gel. A l'inverse, Chevignon, variété tardive, peut présenter des risques d'échaudage importants. « Il n'existe malheureusement pas de variété parfaite » a rappelé Diane Chavassieux, relevant tout de même une tendance intéressante dans les nouveautés : « dans sa globalité, la tolérance aux maladies s'améliore. Ceci est vrai en blé, mais aussi chez les orges d'hiver et de printemps et également dans le triticale. Une recherche variétale axée sur le rendement s'est opérée durant un certain nombre d'années : désormais, nous obtenons des variétés à la fois productives et tolérantes aux maladies ».

Modèle «CHN»

L'azote et la physiologie de la plante étaient également au programme. Arvalis-Institut du Végétal a présenté un modèle de culture dynamique nommé «CHN», en cours d'expérimentation. « L'objectif est de simuler la croissance de la plante - et donc les besoins- au cours de son cycle. Le modèle est paramétré avec le précédent, le type de sol, et bien d'autres paramètres. Une fois cet outil testé, nous l'utiliserons pour piloter l'azote en dynamique » explique Diane Chavassieux. «CHN» compte trois compartiments : le sol, la plante et l'atmosphère. Différents flux sont modélisés entre ces compartiments (carbone C, eau H et azote N). Les calculs se font à pas de temps journalier et par tranche d'un centimètre de sol. «CHN» est régulièrement utilisé au sein d'Arvalis pour la réalisation de diagnostics agronomiques de parcelles d'expérimentations, voire des parcelles d’agriculteurs. « Ce modèle de culture va déboucher sur un moteur de calculs qui nous servira dans nos outils d'aide à la décision » poursuit l'ingénieure d'Arvalis.

Leviers agronomiques

Un troisième atelier technique s'intéressait au désherbage, poste toujours plus onéreux et de moins en moins efficace. Plusieurs nouveaux produits du marché ont été présentés lors de cette journée, mais force est de constater que les matières actives restent les mêmes d'année en année. Devant une telle « impasse », les intervenants d'Arvalis préconisent de « repenser » l'agronomie : « une résistance s'instaure avec ces produits qui restent de la même famille. Mieux vaut lever un certain nombre de leviers en allongeant par exemple les rotations quand on le peut, ou alors en modifiant la date des semis ». Un essai réalisé en Auvergne et présenté lors de cette visite a démontré l'utilité de décaler les dates d'une quinzaine de jours afin d'obtenir une optimisation du désherbage.

Aurélien Genest