Viticulture

Vin : les investissements de prévention des risques climatiques à l’étude

Au conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer du 13 juin, il a été décidé de lancer une réflexion sur les investissements des viticulteurs dans des outils techniques de prévention des risques climatiques. Ces investissements pourraient bénéficier de soutiens, a indiqué Anne Haller, déléguée des filières viticole et cidricole à FranceAgriMer. Le sujet est à l’étude au conseil spécialisé viticole. Pour la filière viticole, tous les moyens doivent être investis pour atténuer les effets négatifs des aléas climatiques sur la production : le matériel technique, les retenues d’eau, le VCI (volume complémentaire individuel, une réserve constituée les années d’abondante vendange pour compenser les années de maigre vendange), l’assurance récolte.

Le conseil spécialisé « vin » de FranceAgriMer du 13 juin a justement fait un point sur l’assurance récolte, confirmant l’importance de cette préoccupation. Une préoccupation qui est surtout française au sein de l’UE, et qui ne mobilise pas vraiment les autres pays membres. Le dispositif d’assurance récolte a été lancé en France sous l’impulsion des céréaliers, a-t-il été rappelé au point presse qui a fait suite au conseil. Ce dispositif s’est matérialisé en 2016 par un contrat socle, qui est financé à 65 % par l’UE. Mais il n’est utilisé que par 10 % des exploitations viticoles françaises. L’indemnisation n’est déclenchée, avec le contrat socle climatique, qu’à partir d’un seuil de 30 % de perte de rendement. Une proposition de la France à Bruxelles est de porter le seuil de 30 % à 20 %, lors de la négociation qui s’ouvrira en juillet dans le cadre du projet Omnibus réformant en partie la Pac.

Solutions techniques

Il existe tout un arsenal d’outils techniques de prévention des risques climatiques, qui nécessitent des investissements, et qui pourraient être soutenus par l’UE. Ces outils, ce sont du matériel d’irrigation, des filets paragrêle, et, pour protéger les vignes contre le gel, des brûleurs au gaz, des bâches amovibles nocturnes ou encore des pales brassant l’air et des systèmes d’aspersion d’eau, détaille l’Institut français de la vigne et du vin (IFV). Celui-ci démarre une étude qui recense les techniques et leurs coûts, a précisé Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, directeur général de l’IFV. Dans cette étude, l’institut technique de la filière viticole décrira des méthodes qu’utilisent les viticulteurs du Canada et de Nouvelle-Zélande, souvent frappés par le gel de printemps.

Cette étude sera discutée par la filière et pourra donner lieu à des propositions de lignes budgétaires de soutien à l’investissement, a évoqué Anne Haller. Déjà des investissements en matériel viticole peuvent être cofinancés par l’État et l’UE via le Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural), a-t-elle précisé.

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