Actualité Département Elevage Caprin

L'assemblée générale de la Fnec à Davayé met le projecteur sur la filière caprine bourguignonne

Les 4 et 5 avril à Davayé, l’assemblée générale de la Fnec, la Fédération nationale des éleveurs de chèvres, sera un moment privilégié pour mettre en avant la filière caprine bourguignonne. Une région dont la Saône-et-Loire est le plus grand département caprin et l’un des plus importants producteurs de fromages fermiers en France.

La région Bourgogne Franche-Comté est la sixième région caprine française, avec 415 éleveurs de chèvres (fermiers et laitiers) et un cheptel de 32.000 chèvres adultes. La filière caprine bourguignonne représente plus de 2.000 tonnes de fromages de chèvres fermiers produits chaque année, ce qui équivaut à plus de 30 millions d’€ de chiffre d’affaires. C’est aussi une majorité de systèmes pâturant, qui font que la région est en phase avec les attentes des consommateurs alors même qu’elle est pourtant trop peu souvent mise en lumière. La région compte sur de nombreux signes officiels de qualité, dont trois AOP fromages de chèvre - le Mâconnais, le Charolais et le Chavignol - ainsi que de nombreux produits qui font la renommée de la région : le Vézelay, le Nivernais, le fromage fort, le bouton de culotte, le fromage mélangé…

Plus de 250 élevages en Saône-et-Loire

La Saône et Loire est le plus important département caprin de la région avec plus de 250 élevages de chèvres, dont une très grande majorité de producteurs de fromages fermiers pour seulement une dizaine de producteurs laitiers.

La filière caprine départementale dispose de nombreux atouts. Le marché du fromage fermier est porteur et permet de créer de la valeur ajoutée sur le territoire avec des produits traditionnels et de haute qualité sensorielle. L’installation est encore possible en Saône-et-Loire et la pyramide des âges y est favorable. Les AOP et IGP, ainsi que les laiteries sont en recherche de nouveaux producteurs. A cette occasion, la filière ainsi que la presse professionnelle rencontreront les formateurs et techniciens du Pôle caprin régional de Davayé. Une belle opportunité pour valoriser le CFPPA avec ses BPREA et son CS caprin et fromager fermier, mais aussi la ferme caprine, qui constitue un support pédagogique et expérimental unique, enfin le Centre fromager de Bourgogne, lieu unique d’expérimentation et d’appui technique aux producteurs fermiers notamment.

Cent éleveurs attendus de toute la France

Le Syndicat caprin de Saône-et-Loire compte trente-cinq exploitations adhérentes et assure la représentation de la région Bourgogne Franche-Comté au sein de la Fnec, via son président, Jean-Philippe Bonnefoy, par ailleurs vice-président de la Fnec. Cette relation privilégiée permet aux éleveurs caprins de bénéficier d’un appui syndical, réglementaire, sanitaire et technique, qui permet à cette filière d’exprimer tout son professionnalisme et sa dynamique, au travers d’un lait et des fromages de qualité.

Les 4 et 5 avril, ce sont environ cent éleveurs de chèvres de toute la France qui vont venir découvrir les spécificités des exploitations saône-et-loiriennes, ainsi que la diversité et la qualité de leurs productions. Une occasion pour les éleveurs de chèvres de se retrouver et de débattre sur les enjeux de leur filière.

Jean-Philippe Bonnefoy : « faire entendre la voix des éleveurs de chèvres »

Eleveur et producteur de fromages de chèvres fermiers à Céron, Jean-Philippe Bonnefoy préside le Syndicat des éleveurs de chèvres de Saône-et-Loire. A ce titre, il est aussi le vice-président de la Fnec pour les producteurs fermiers.

« Pour les soixante ans de la Fnec qui a vu le jour en Saône-et-Loire, le président Jacky Salingardes nous a demandé d’accueillir l’assemblée générale. C’est pour nous l’occasion de mettre en lumière une filière caprine régionale qui, si elle est bien entendue en Saône-et-Loire, l’est un peu moins à l’échelon régional. Au niveau national, la filière caprine se porte plutôt bien, et se démarque, mais il reste des choses à faire. La moitié des producteurs français sont des laitiers et, pour eux, il existe une demande en lait dans un marché plutôt porteur. La filière fermière se développe, mais elle a besoin d’un bon accompagnement avec de la formation, de l’appui technique et un soutien à la transmission des exploitations.

Le thème de l’assemblée générale de la Fnec sera les enjeux sociétaux. Sur ce point, la filière fermière en vente directe joue un rôle majeur pour l’agriculture à travers le contact privilégié qu’elle entretient avec les consommateurs. Les producteurs fermiers créent du lien avec la société civile. Ils sont les meilleurs ambassadeurs pour contrer les attaques contre l’élevage en délivrant les bons messages. Faire comprendre aussi que les produits de qualité ont une valeur.

En Saône-et-Loire, la production caprine offre des opportunités de diversification ou d’installation. Mais que ce soit en production laitière ou en productions fromagères, les choses doivent être bien cadrées et un accompagnement est indispensable. En cela, le site de Davayé que les représentants de la Fnec découvriront les 4 et 5 avril, constitue un outil précieux avec la formation, la ferme, le Centre fromager.

L’assemblée générale de la Fnec sera aussi l’occasion de rappeler que notre petite filière a besoin de la force d’un réseau pour être écoutée ».

La Fnec représente les éleveurs de chèvres au niveau national

Créée il y a soixante ans en Saône-et-Loire, la Fnec - Fédération nationale des éleveurs de chèvres - représente l’ensemble des éleveurs de chèvre français, qu’ils soient livreurs de lait en laiterie ou producteurs de fromages fermiers. Elle fédère les syndicats d’éleveurs caprins départementaux et fonctionne grâce à un conseil d’administration composé de vingt-six éleveurs issus de toutes les régions caprines de France. En plus de ce conseil d’administration chargé de prendre les décisions, la Fnec dispose de commissions spécialisées chargées de travailler sur des dossiers précis : lait, production fermière et viande caprine.

Jacky Salingardes, président de la Fnec

« L'assemblée générale de la Fnec est un moment privilégié dans la vie de la fédération et plus largement de la filière caprine. Elle permet de réunir les éleveurs de toutes les régions de France mais également les partenaires institutionnels et politiques avec lesquels nous travaillons au quotidien dans l'intérêt de la filière.

Notre assemblée générale est le moment de l'année où nous faisons le point sur les actions que nous menons et où nous présentons les acquis que nous avons obtenus dans l'année, que ce soit pour les éleveurs fromagers ou les livreurs de lait, ou sur les dossiers viande caprine.

C'est aussi l'occasion de faire remonter des problématiques nouvelles et faire émerger de nouveaux projets pour l'année à venir. Les tables rondes ou interventions thématiques donnent lieu à ce titre à des débats animés, mais toujours francs et constructifs ! »

600 millions de litres de lait de chèvres produits en France, dont 22 % transformé à la ferme

Le cheptel caprin français compte un peu plus d’un million de chèvres et il est relativement stable depuis 2000. Environ 800.000 chèvres sont détenues par un peu plus de 5.000 éleveurs de plus de dix caprins. A l’échelle nationale, ce sont les éleveurs livreurs de lait qui pèsent le plus lourd avec près de la moitié des exploitations représentant 72 % du cheptel caprin et 79 % du volume de lait produit. La taille moyenne des exploitations laitières est de 237 chèvres tandis que celle des fromagers est de 70 chèvres. En tête des régions caprines en nombre de chèvres, la Nouvelle-Aquitaine représente à elle seule 36 % de l’effectif caprin national avec de grosses exploitations. La région Auvergne Rhône-Alpes se hisse quant à elle à la première place en nombre d’exploitations avec 27 % des élevages. Les autres grosses régions caprines sont les Pays de la Loire, l’Occitanie, le Centre Val-de-Loire…

La France produit 600 millions de litres de lait de chèvres, dont 78 % sont livrés à des industriels et 22 % transformé à la ferme. En 2016, 845 élevages étaient certifiés bio pour 5,7 millions de litres de lait bio livré et plus de 1.000 tonnes de fromages bio fabriqués par l’industrie. En 2016, l’industrie agroalimentaire fabriquait un peu plus de 100.000 tonnes de fromages de chèvres en France à partir de 465 millions de litres de lait collecté localement plus 99 millions de litres de lait importé. En 2016, le prix moyen du lait payé aux livreurs était de 689 €/1.000 litres. Un prix moyen qui était descendu à 588 €/1.000 litres en 2012 en pleine crise conjoncturelle. La production fermière absorbe 120 millions de litres de lait transformés en près de 20.000 tonnes de fromages fermiers. La France produit 6.700 tonnes de fromages de chèvres AOP.

Le programme

Mercredi 4 avril

A partir de midi : déjeuner d’accueil

Après-midi : visites du site de Davayé puis des exploitations de Frédéric Vallensant à Germolles-sur-Grosne et du Gaec de la Chazère à Château

A partir de 18 h 00 : assemblée générale (huis clos réservé aux éleveurs)

A partir de 20h : soirée de gala

Jeudi 5 avril

Matin : assemblée générale ordinaire ouverte

Accueil, présentation de la filière régionale et départementale, rapport d’activité, table ronde, rapport moral du président et discours de clôture

Buffet de produits fermiers locaux

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