Elevage

Simon Dumontet utilise de la balle de riz à la place de la paille pour la litière de ses charolaises

Depuis plusieurs années, Simon Dumontet utilise de la balle de riz pour la litière de ses bovins. Ce sous-produit de la filière rizicole offre de nombreux avantages : léger, facile à mettre œuvre, générant peu de poussière, des animaux très propres, un excellent fumier…

Simon Dumontet devant son stock de balles de riz conditionnées en bottes d’environ 400 kg. Léger en vrac, le produit pèse 120 kg le mètre cube.

Installé depuis deux ans à Saint-Aubin-en-Charollais, Simon Dumontet utilise de la balle de riz en guise de litière pour ses bovins charolais. Le jeune éleveur connaissait le produit pour l’avoir déjà utilisé lorsqu’il était salarié dans une ferme des environs. Un cousin lui avait fait découvrir ce matériau alternatif à la paille et lorsque Simon s’est installé à son propre compte, plutôt que d’investir dans une pailleuse, il a tout de suite pensé à la balle de riz.

La mise en œuvre de la balle de riz est on ne peut plus simple, à priori. « On en met une bonne couche au sol et les animaux font le reste », résume Simon. « Mais chaque bâtiment est différent », tempère toutefois l’éleveur. Lorsqu’il était ouvrier, Simon disposait une couche épaisse de 20 à 25 cm de balle de riz. Dans des cases chargées avec des vêlages d’automne, le va-et-vient des bêtes parvenait à recycler la litière. La balle de riz était mélangée sur toute son épaisseur et la totalité du produit était utilisée, explique l’éleveur.

Dans son élevage de Saint-Aubin, avec des vêlages plus tardifs et de grandes cases moins chargées, Simon s’est aperçu qu’une partie de la litière était gaspillée, faute d’être remontée en surface. Aussi, a-t-il du adapter son paillage en réduisant la couche de balle de riz à environ 10 cm d’épaisseur. Chaque semaine, tandis qu’il cure la marche bétonnée précédant la dalle d’alimentation, Simon rajoute entre 2 et 4 mètres cubes de balle de riz supplémentaires dans la case. « Cela permet de garder un aspect plus clair à la litière », explique-t-il.

Des bovins très propres

Le premier constat qui saute aux yeux, c’est que les animaux de Simon Dumontet sont très propres. Et ce en dépit de la couleur brune de la litière en plein hivernage. Outre le fait de ne pas nécessiter de pailleuse, la balle de riz a l’avantage aussi de « fumer beaucoup moins que de la paille », révèle le jeune éleveur. Chez son ancienne patronne, le remplacement de la paille par de la balle de riz avait permis de mettre un terme à des problèmes pulmonaires, explique-t-il. La balle de riz est aussi « excellente » pour des animaux en bâtiment en été, ajoute Simon. En effet, alors que la paille a tendance à s’échauffer et à se salir en saison estivale, la balle de riz « s’assèche en permanence », une propriété appréciable pour des mâles à l’engraissement, fait-il valoir.

Economiquement et agronomiquement intéressant

La balle de riz est un sous-produit de la filière rizicole de Camargue. Il s’agit de l’enveloppe du grain. Simon se la procure sous forme de bottes carrées de 80X80X200 cm au prix de 130 à 140 €/tonne. En vrac, le produit vaut entre 15 et 16 €/tonne. Le jeune éleveur calcule que pour un même bâtiment, un paillage à la balle de riz reviendrait à peine plus cher que le coût de revient de la paille, lorsque celle-ci avoisine les 80 à 90 €/tonne. Environ 6.000 € à la place de 65 tonnes de paille, fait-il valoir.  Mais sans avoir besoin de pailleuse et seulement trente minutes de travail par semaine pour refaire la litière, ajoute-t-il.

La balle de riz donne aussi un excellent fumier avec un pH neutre, indique Simon. La finesse de ce fumier le rapproche d’un compost, ajoute-t-il. Plus facile à épandre qu’un fumier de paille, le fumier de balle de riz est moins volumineux et plus concentré. « Il disparait très rapidement. Ce qui permet une grande souplesse d’épandage, même sur des parcelles de fauche », complète Simon Dumontet.

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