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Les stocks céréaliers revus à la hausse

FranceAgriMer a tiré le 11 juillet le bilan de la campagne commerciale 2017/18 et dressé les perspectives 2018/19.

« Des moissons précoces avec des rendements dans la moyenne des cinq dernières années est un espoir de bonne qualité, en termes de PS (poids spécifique) et de protéines notamment ». Rémi Haquin, président du Conseil spécialisé pour la filière céréalière de FranceAgriMer s’est montré plutôt optimiste le 11 juillet, en présentant la nouvelle campagne commerciale 2018/2019. Les premières analyses effectuées par Arvalis et FranceAgriMer devraient confirmer les bons résultats qualitatifs des moissons 2018. Les récoltes dans les régions où les blés ne sont pas encore arrivés à maturité seront bien sûr suivies avec attention. Le ministère de l’Agriculture table sur une production nationale de 36,1 millions de tonnes (Mt), bien au-dessus des prévisions de certains analystes qui misent plutôt sur une fourchette entre 33 à 35 Mt. « La plupart des débouchés devraient être satisfaits comme lors de la campagne qui vient de s’écouler », prédit Rémi Haquin.

Expéditions non réalisées 

La fin de la campagne commerciale 2017/2018 qui s’est achevée le 30 juin a pourtant été laborieuse. Dans son bilan du 11 juillet, FranceAgriMer a révisé à la hausse de 445.000 t le stock de report en blé tendre, présent sur le marché en fin de campagne, pour le porter à 3 Mt, très légèrement au-dessus de la moyenne quinquennale (2,89 Mt). Si les ventes de blé vers nos voisins européens sont ajustées à 9,26 Mt (+ 235.000 t par rapport au mois de juin), les exportations vers les pays tiers s’affichent en baisse de 230.000 t à 8,17 Mt. Un niveau, certes, satisfaisant au regard de celui enregistré au cours de la campagne précédente (4,97 Mt), mais qui reste inférieur de près de 36 % par rapport à la campagne 2015/2016. « Tous les engagements n’ont pas pu être réalisés dans les temps du fait de la grève de la SNCF, de celle dans les ports sur fin juin et de la problématique logistique avec les difficultés des transports routiers et fluviaux », explique Marc Zribi, chef de l’unité « grains et sucre » de FranceAgriMer. Les exportations vers l’Algérie ont doublé par rapport à la campagne dernière, mais sont en retrait de 10 % à celles de 2015/2016. L’Algérie demeure, néanmoins, la première destination de la France vers les pays tiers, représentant à elle seule 53 % des exportations, devant l’Afrique subsaharienne et le Maroc. Concernant les autres postes du bilan blé tendre, FranceAgriMer a rehaussé en un mois la collecte de 403.000 t à 33,37 Mt et minoré les utilisations par la panification (- 30.000 t) et l’amidonnerie (- 40.000 t).

L’Arabie Saoudite, premier acheteur de l’orge français 

Pour le blé dur, FranceAgriMer prévoit désormais un stock de fin de campagne en baisse de 74.000 t à 105.000 t, conséquence d’exportations en hausse vers les pays de l’Union Européenne (+ 80.000 t). Côté orge, l’organisme public projette des ventes vers l’UE pratiquement stables à 3,42 Mt (- 22.000 t par rapport au mois de juin). Les objectifs d’exportation vers les pays tiers sont réduits de 200.000 t à 2,6 Mt. L’Arabie saoudite, première destination pour un volume de 841.000 t, représente à elle seule, un tiers du total. Concernant les autres postes du bilan, FranceAgriMer n’a modifié que ses prévisions d’utilisations par les fabricants d’aliments du bétail (- 50.000 t à 1,25 Mt). Le stock de fin de campagne, en hausse de 273.000 t à 1,67 Mt, se situerait au-dessus de la moyenne quinquennale (1,18 Mt). Le stock français de maïs en fin de campagne pourrait, quant à lui, s’alourdir de 69.000 t à 2,91 Mt et serait supérieur de 458.000 t au niveau moyen des cinq dernières campagnes. La collecte a été revalorisée de 36.000 t à 11,93 Mt, les incorporations par l’alimentation animale sont majorées de 50.000 t à 2,5 Mt alors que les ventes vers l’Union Européenne sont ajustées en baisse de 48.000 t à 4,91 Mt.

97 % de blés panifiables en 2018 

Les blés panifiables représentaient 97 % des surfaces semées l’automne dernier, réparties entre 68 % de blé améliorant et de blé panifiable supérieur (BAF et BPS) et 29 % de blé panifiable courant (BPC). C’est ce qui ressort d’une enquête de FranceAgriMer menée de mars à juin 2018 auprès de 45.150 céréaliers. La tendance, constatée les années précédentes, à une diversification variétale se confirme et aucune variété n’a dépassé 10 % de la sole nationale. Fructidor prend la tête du classement couvrant 7,4 % des surfaces devant Rubisko (7,2 %), Cellule (5,5 %), Boregar (4,3 %) et Oregrain (4,1 %). Il est à noter que la proportion des mélanges progresse fortement atteignant 8,6 % de la sole nationale et que la part de l’emblavement des dix premières variétés semées diminue à 42 % contre 53 % en 2017. Concernant le blé dur, la variété Anvergur se maintient en tête du classement et atteint 48 % de la sole nationale. En orge, Etincel est toujours la variété la plus cultivée, couvrant le tiers des surfaces. Les escourgeons sont toujours majoritaires avec cinq variétés dans le top 10 : ils occupent 54 % de la sole nationale contre 57 % en 2017. Les orges de printemps progressent légèrement en un an de 27 % à 29 %.

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