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Les marchés agricoles de l’Union Européenne « restent plutôt très protégés », selon l’OMC

Alors que le sommet du G20 affirme, avec quelques bémols souhaités par Donald Trump, qu’il « continuera à lutter contre le protectionnisme », l’OMC juge, dans son dernier rapport sur la politique commerciale de l’UE, que l’agriculture européenne « reste plutôt très protégée ».

 

Les droits de douane sur les produits agricoles « restent plus élevés (moyenne simple de 14,1 %) que ceux qui frappent les produits non agricoles (4,3 %) », relève l’OMC dans son rapport sur la politique commerciale de l’UE qui a été présenté et discuté à Genève les 5 et 7 juillet. « En outre, davantage de produits agricoles sont assujettis à des droits non ad valorem » (non exprimés en pourcentages) qui « ont tendance à varier considérablement entre les groupes de produits et au sein des groupes de produits ».

Le « soutien des prix du marché » en hausse

Reprenant l’évaluation de l’OCDE, l’OMC reconnaît que, globalement, le soutien mesuré en pourcentage des recettes agricoles brutes est, dans l’UE, « demeuré relativement stable durant la période 2011-2015, s’échelonnant entre 20 % et 18,1 %, soit un niveau nettement inférieur à ceux des années 1990 ». Toutefois, ajoute-t-elle, « le soutien des prix du marché est passé à près de 21 milliards € après avoir connu un niveau minimal de 11 milliards € en 2011 ». Une hausse qui « résulte de plusieurs facteurs, notamment la baisse des cours des produits de base car les producteurs internes de l’UE sont dans une certaine mesure protégés contre l’évolution des cours des marchés mondiaux grâce aux droits de douane ».

Le rapport note ainsi que « le soutien des prix du marché concernant le blé tendre et le sucre est passé respectivement de zéro en 2011 à 3,9 milliards € et 1,4 milliard € en 2015 ».

Pour sa part, l’UE souligne, dans son propre rapport remis à l’OMC, que son soutien interne global (MGS) « a très fortement diminué » et que « la plupart du soutien au titre de la Pac est notifié (à Genève) comme soutien du revenu découplé relevant de la catégorie verte ».

G20 : lutte contre le protectionnisme et instruments de défense commerciale

Les dirigeants du G20 sont parvenus lors de leur réunion des 7 et 8 juillet à Hambourg à un compromis sur le commerce auquel a pu se rallier le président américain Donald Trump. « Nous garderons les marchés ouverts […], continuerons à lutter contre le protectionnisme y compris toutes les pratiques commerciales déloyales et reconnaissons le rôle des instruments légitimes de défense commerciale à cet égard », affirme leur déclaration finale dans des termes qui autorisent toutes les interprétations.

Ils reconnaissent aussi le rôle de l’OMC, et « s’engagent à travailler » pour que la 11ème Conférence ministérielle de l’organisation en décembre à Buenos Aires soit « un succès ».

L’Europe doit être « ouverte » mais pas « naïve », selon la France

Le premier ministre français, Édouard Philippe, s’est prononcé dans un tweet « pour une politique commerciale qui protège » à l’issue d’un entretien avec la commissaire européenne Cecilia Malmström, le 10 juillet à Paris. « L’Europe doit être ouverte au commerce, aux investissements, mais sans naïveté », ajoute-t-il.

De son côté, la commissaire au commerce a souligné, dans un tweet également, que cette rencontre avait porté sur un « agenda de commerce responsable ».

Donald Trump veut conclure « très rapidement » un accord avec Londres

Le président américain Donald Trump a assuré le 8 juillet à Hambourg en marge du sommet du G20, comme il l’avait fait en début d’année déjà, que son pays conclurait « très, très rapidement » un accord commercial avec le Royaume-Uni. Un « accord très important », a-t-il insisté.

Le 10 juillet, le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, s’est dit aussi « très désireux » de nouer un tel accord avec Londres « une fois que le Brexit sera achevé ». « Dans le même temps, nous sommes impatients de conclure sous peu un accord de libre-échange avec l’Union européenne », a-t-il ajouté, soulignant que son pays « travaille très vite et dur » pour un tel accord et voudrait le boucler « avant que le Royaume-Uni quitte l’UE ».

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