Elevage Marchés Economie

Cotations bovins maigres : une interruption lourde de conséquences

Depuis neuf semaines maintenant, les cotations bovins maigres de Dijon ne sont plus communiquées par France Agri Mer. L’origine en est que plusieurs opérateurs ont cessé de faire remonter leurs données à la DRAAF. Une omission lourde de conséquence dans un contexte économique particulièrement difficile pour les éleveurs et face à un commerce âprement concurrentiel…

Le 12 juin dernier, la séance plénière de cotation s’est tenue à Saint-Christophe-en-Brionnais.

Depuis le 26 avril dernier, et ce depuis huit semaines consécutives, les cotations bovins maigres de Dijon ne sont plus communiquées par France Agri Mer. Un fait que confirme le représentant de la DRAAF Nicolas Aury, lequel évoque un problème de données de prix et de volumes expliquant l’impossibilité d’établir ces cotations hebdomadaires. Si pour les animaux gras, la transmission de ces données est une obligation préfectorale, en revanche dans le maigre, elle demeure suspendue à la bonne volonté des entreprises, informe Nicolas Aury. Or depuis plusieurs semaines, certains opérateurs ne jouent plus le jeu ce qui compromet la validité statistique des cotations.

Plus que deux opérateurs sur six…

De fait, alors qu’ils étaient 5 ou 6 opérateurs privés et coopératifs à transmettre leurs données d’achat en ferme à la DRAAF, aujourd’hui ils ne sont plus que deux à continuer de le faire, alertent les membres de la commission des cotations. Une interruption lourde de conséquences puisqu’aucune cotation officielle ne peut être émise par France Agri Mer. C’est en effet à partir de ces données précieuses que la DRAAF établit sa grille de cotation hebdomadaire en compilant un maximum de données. Plus les remontées sont nombreuses et complètes et plus les moyennes sont fiables tant elles tiennent compte de toute la diversité des opérateurs. La diversité de ces données est aussi essentielle au travail de la commission des cotations dont la mission est d’apporter des corrections aux éventuelles anomalies de prix constatées au regard de la réalité du terrain, explique Jean-Philippe Nivost, lui-même membre de la commission.

Outil de travail indispensable

Dans un contexte économique particulièrement difficile pour les éleveurs, l’impossibilité de publier des cotations hebdomadaires tombe particulièrement mal. « Elles constituent un outil de travail indispensable tant pour les éleveurs que pour les opérateurs de la filière. Validée par la DRAAF et ajustée par une commission d’éleveurs et d’acheteurs, ces cotations font référence », fait valoir Jean-Philippe Nivost. Dans un commerce de bovins âprement concurrentiel, elles arment les éleveurs contre d’éventuels abus commerciaux. Car, dénonce la FNB, certains opérateurs ne rechignent pas à asséner sur le terrain des contre-vérités, tant sur le marché de la viande que sur les cours, lesquelles placent les éleveurs en situation de vulnérabilité. Tout cela participant à cette « opacité culturelle qui ne profite à personne », déplore un professionnel.

« Pour avoir une grille de cotations robuste, sur laquelle les opérateurs peuvent s’appuyer, il faut que tout le monde joue le jeu en nous faisant remonter un maximum de données », synthétise Nicolas Aury. « Une grille de cotations robuste, reflétant un grand nombre de transactions, serait un plus face à une concentration des importateurs, en particulier italiens », confirment les éleveurs de la section bovine de la FDSEA.

« Les commission cotations sont un lieu où règne une très bonne ambiance de travail et où l’on recherche un prix juste », ajoute Nicolas Aury qui confie que France Agri Mer a demandé que les cotations bovins maigres de Dijon soient de retour dans la presse agricole dans les plus brefs délais. Affaire à suivre…

 

 

Bovins gras : des prix qui demeurent étonnamment bas…

Dans la viande, la remontée des données d’abattoirs est obligatoire. Chaque semaine, la commission des cotations examine la synthèse effectuée par la DRAAF. Son rôle étant, dans une filière viande à la fois complexe et très concurrentielle, de corriger d’éventuelles aberrations et de lever toutes suspicions. « Ce que la profession suspecte quand même, c’est que les abatteurs soient en train d’entretenir des prix bas alors que l’offre en bovins à abattre s’est amenuisée et que les chiffres de la consommation globale de viande bovine n’évoluent pas dans ce sens », dénonce au nom de la profession Jean-Philippe Nivost. L’autre revendication de la profession est que les plus-values des bovins de qualité bouchères (Eleveurs et Engagés, Label…) soient intégrées aux remontées de prix pour les cotations abattoirs. En effet, faute de les faire remonter à la DRAAF, les plus-values de ces filières de qualité ne sont jamais prises en compte dans les cotations hebdomadaires alors que s’il elles l’étaient, cela influencerait les cours à la hausse, estime Jean-Philippe Nivost.

 

Principe des cotations Dijon

Les cotations de Dijon sont établies chaque semaine pour toute une région Centre Est de la France. C’est la DRAAF qui centralise toutes les données fournies par les abattoirs pour le gras et par les opérateurs coopératifs et privés pour le maigre. La remontée des données d’abattage est obligatoire. Celle dans le maigre demeure facultative et dans les faits, ce sont les plus gros opérateurs qui livrent, en principe, chaque semaine leurs volumes et prix. La DRAAF compile l’ensemble des données pour constituer une grille de cotation la plus fidèle possible. Une commission bénévole, composée d’acheteurs et de vendeurs, désignés par la profession et les opérateurs, siège chaque mardi. Son rôle est d’ajuster et corriger les éventuelles anomalies dans la grille au regard de la réalité du terrain.

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