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Au Gaec de Raimbos à Simandre, l'abreuvement était la cause de problèmes d'élevage

Sous leur nouveau bâtiment laitier, Xavier et Guillaume Janniaux étaient déçus par le niveau de production de leurs holsteins qui souffraient de mammites, boiterie, manque d’état… Les investigations menées avec le GDS ont révélé qu’un problème d’alimentation en eau était en cause. Manque d’abreuvoirs, courants parasites, qualité insuffisante ont été corrigés et le troupeau a retrouvé la santé.

Désormais, le bâtiment du Gaec de Raimbos est équipé de sept points d’eaux pour cent vaches laitières.

Associés au sein du Gaec de Raimbos, Xavier et Guillaume Janniaux produisent du lait avec un troupeau d’une centaine de Prim’Holstein à Simandre. Les laitières ont changé de bâtiment en 2011 pour un nouveau site de 120 logettes sur aire raclée. Dans ce nouvel outil de travail, la famille Janniaux a rapidement été déçue par la production de leurs vaches. Malgré le niveau génétique, « ça ne montait pas en lait », confie Xavier, et le cheptel souffrait de problèmes de boiterie, mammites, etc… Appelée pour faire la lumière sur le problème, Ludivine Perrachon, technicienne au GDS 71, a dans un premier temps suggéré aux éleveurs d’installer un compteur d’eau sur l’alimentation du bâtiment. En effet, le manque d’eau est tout aussi impactant qu’un problème de ration pour expliquer un désordre métabolique pouvant impacter le niveau de production laitière. Le compteur a révélé que les vaches du Gaec buvaient en moyenne 60 à 70 litres d’eau par jour alors qu’elles auraient dû en ingurgiter 90 à 100 litres, révèle Xavier.

Abreuvoirs supplémentaires

La première résolution prise fut d’installer des abreuvoirs supplémentaires. D’origine, le bâtiment possédait deux abreuvoirs de type bacs inox au milieu de la stabulation plus un abreuvoir à deux boules à son extrémité. Les boules qui gênaient les vaches pour s’abreuver ont été démontées. Les associés y ont ajouté deux bacs en béton d’environ 500 litres de contenance chacun. A l’autre extrémité de la stabulation, la famille Janniaux en a profité pour ouvrir le cul de sac qui fermait deux rangés de logettes. Cela permet aux animaux de mieux circuler des logettes vers les cornadis. Et la nouvelle surface de circulation a permis d’implanter des abreuvoirs supplémentaires. Au total, le Gaec est passé de trois points d’eau en deux endroits à sept abreuvoirs en trois zones.

Reliés à la terre

Les éleveurs avaient également constaté que les vaches lapaient en buvant. Ce geste anormal pour un bovin trahissait la présence de courants électriques résiduels dans l’eau de boisson. Le lapement de langue étant un moyen pour l’animal d’affronter la micro décharge électrique ressentie au premier contact de l’eau. De la même façon, avant de boire, les vaches donnaient de grands coups de museau dans les bacs d’eau en inox, éclaboussant tout autour de l’abreuvoir. Indétectables par l’homme, ces courants parasites ont été mis en évidence par la technicienne du GDS. Pour les neutraliser, les frères Janniaux ont relié leurs abreuvoirs à la prise de terre de la construction. Pour ce faire, un fil de cuivre relié à la terre trempe dans l’eau des abreuvoirs. Les associés ont également amélioré le puit de terre (prise de terre) du bâtiment pour une meilleure évacuation dans le sol des courants vagabonds. Enfin, une clôture électrique a été retirée de la stabulation. Modification faite, la tension électrique est passée de 250 mV à 70 mV dans l’un des abreuvoirs et de 580 mV à 150 mV dans un autre, détaille Xavier.

« Les vaches vont mieux ! »

Depuis que ces modifications ont été réalisées, « les vaches boivent mieux ! », se félicite Xavier. La consommation en eau est remontée à 80 – 90 litres par vache et par jour, indique l’éleveur. Pour parfaire leur démarche, les associés ont également fait installer une machine à traiter l’eau du réseau (lire encadré). Les vaches reçoivent ainsi une eau parfaitement saine. « Elle vont vraiment mieux. Elles ont repris de l’état, ne boîtent plus, n’ont plus de mammites. Nous avons moins de frais vétérinaires. Les vaches font plus de lait et le lait est de meilleure qualité. La production monte doucement et nous avons atteint notre meilleur chiffre avec 9.000 kg de lait brut par vache et par an », confie Xavier.

De la fibre, de l’eau et du sel

Ce travail sur l’eau s’inscrit dans une vaste remise en question entamée en 2016 par le Gaec. Grâce au GDS, les frères Janniaux avaient fait la connaissance du vétérinaire Pierre-Emmanuel Radigue à l’occasion de formations sur la santé des veaux.  Dès lors, les associés se sont donnés comme objectif de « remettre leurs sols en bon état pour produire de bons fourrages pour bien nourrir les vaches ». Parmi les enseignements retenus de leur nouvelle démarche, les frères Janniaux expliquent que la santé des bovins passe en premier lieu par le respect des fondamentaux de l’alimentation (fibre, eau et sel). En parallèle, les vaches du Gaec mangent de plus en plus d’herbe afin de respecter le plus possible leur régime de ruminants. L’objectif est d’atteindre la moitié de la surface en herbe en 2020. Cerise sur le gâteau, ce printemps, les holsteins du Gaec de Raimbos ont repris le chemin des pâtures !

Une machine à traiter l’eau

Une machine à traiter l’eau a été installée pour garantir une eau la plus saine et la plus hydratante possible aux vaches.

Le procédé de la machine à eau installée au Gaec de Raimbos consiste à hydrolyser de l’eau additionnée de sel pour obtenir une solution hautement désinfectante avec un pH neutre d’environ 7,5, indique le constructeur. Cette solution serait très efficace pour désinfecter l’eau potable. Assainie, l’eau est aussi rendue plus hydratante, plus assimilable grâce à l’adjonction de silice. Cette eau traitée, Xavier et Guillaume Janniaux la distribue également aux animaux en pâturage.

Electricité statique, courants parasites, diagnostic électrique

L’eau a tendance à se charger naturellement en électricité statique par le frottement du liquide contre les tuyaux et les parois des abreuvoirs. Ces courants parasites de type continus peuvent être éliminés grâce à un fil relié à la terre. Un courant parasite de type alternatif peut aussi être lié à la présence d’une clôture électrique. Equipé d’appareils de mesure, le GDS réalise des diagnostiques électriques. Il effectue également des mesures de prises de terre donnant la valeur de résistance de la terre.

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