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Semences de France : Un développement qui se poursuit

Avec 150 millions de chiffre d’affaires en 2015-2016, performance qui devrait se maintenir en 2016-2017 malgré la crise qui a touché les grandes cultures, Semences de France poursuit le développement de son plan stratégique et développe de nouvelles activités pour compenser la perte de valeur ajoutée sur les branches les plus traditionnelles.

Leader français de la semence et filiale du groupe coopératif InVivo, Semences de France, qui faisait le 12 juin un bilan annuel devant la presse, a connu ces cinq dernières années un développement important grâce son modèle : pas de génétique mais une forte attention à la sélection variétale, des accords fort avec des partenaires, une production sur tout le territoire (45 coopératives de producteurs), et une mise en marché la plus efficace possible avec 70 à 80 personnes qui s’y consacrent sur le terrain. Semences de France vise aujourd’hui à consolider ce modèle, d’abord en améliorant son réseau de producteurs : au 1er juillet, la coopérative de Bonneval devrait intégrer le groupe. C’est en effet la répartition de producteurs nombreux sur le territoire qui permet à Semences de France de fournir la demande quelles que soient les conditions climatiques. Sur quasiment toutes les espèces proposées, Semences de France a d’ailleurs progressé en matière de parts de marché, même sur le maïs, un secteur en baisse depuis quelques années. Seule exception, le colza, pour lequel les 7 % de parts de marché constituent « une contre-performance », en raison d’une maladie ayant touché les deux variétés commercialisées par l’entreprise, explique Sertaç Turan, directeur marketing. Semences de France ambitionne également de développer de ce modèle à l’international. Le rachat de Novasem, entreprise italienne, est un premier pas, mais le groupe espère aussi s’implanter dans d’autres pays européens ou au Brésil, gros pays utilisateur de semences. 

Recherche de valeur ajoutée

A travers ces axes stratégiques, qui font partie du plan 2015-2025, il s’agit de retrouver une part de valeur ajoutée, car « aujourd’hui, au bout de cinq ans, une variété est remplacée », en lien avec l’accélération des évolutions technologiques, explique Pascal Mombled, directeur de Semences de France. Le groupe a donc mis l’accent ces dernières années sur le développement des outils d’aide à la décision (OAD), comme le Prairiescope, qui permet à l’agriculteur de choisir en quelques clics les variétés idéales pour son exploitation, ou le Semscope, fonctionnant de la même façon pour les céréales à paille. L’année dernière, c’est l’outil Visualiz, destiné à la distribution agricole, qui a été mis en place : grâce à sa base de données sur les semences, il permet de synthétiser les différentes études sur les variétés et facilite le travail du conseiller agricole qui en 2h peut proposer les meilleures variétés à l’agriculteur, de façon plus personnalisée. L’outil ne prend pas encore en compte les semences fourragères. Autre OAD en développement, l’Iscope, consacré aux intercultures, et qui doit permettre de dégager de la valeur ajoutée grâce à ces cultures qui sont souvent mises en place uniquement pour des raisons réglementaires. Enfin, le dernier axe stratégique est consacré à ce que l’on met « autour de la semence » pour la protéger, dans un contexte réglementaire de plus en plus strict. Dans la perspective de l’interdiction des néonicotinoïdes notamment, qui va provoquer un manque à gagner, Semences de France teste donc un certain nombre de solutions : biostimulants, enrobage… En vue, l’objectif affiché du plan stratégique qui est de doubler le chiffre d’affaires de 2015 à l’horizon 2025.

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