Actualité Allaitant Elevage Département Marchés Cotations Economie

La démarche "Éleveur & Engagé", ça fonctionne ! Un nouveau modèle et une meilleure répartition de la valeur au sein de la filière

Le commerce équitable commence à nos portes ! Avec la marque "Éleveur & Engagé", la FNB entend apporter une qualité garantie aux consommateurs, mais aussi et surtout une rémunération aux éleveurs. Et ça fonctionne !

 

Pour renforcer le partenariat avec Carrefour sur la démarche “Éleveur & Engagé”, une visite d'exploitation avec les directeurs et les chefs boucher des magasins pour échanger avec eux sur le métier d’éleveur et nos coûts de production était organisée la s

Lancée à l’initiative de la Fédération nationale bovine (FNB) et des Jeunes agriculteurs, la démarche “Éleveur & Engagé” est née de l’engagement d’hommes et de femmes, en pleine crise de l’élevage, qui croient résolument en leurs valeurs : qualité, responsabilité, transparence et sincérité.

“Éleveur & Engagé” marque une nouvelle étape dans les relations entre distributeurs et éleveurs, à l’heure où le marché de la viande est en perte de valeur. La démarche vise un double objectif :

- rémunérer plus équitablement les éleveurs de viande bovine ;

- et garantir aux consommateurs des produits de qualité, facile à reconnaître en linéaire, grâce au logo du même nom.

Les éleveurs s’engagent sur une série de critères exigeants s’appuyant notamment sur la Charte des bonnes pratiques d’élevage, pour que chacun puisse bénéficier de la création de valeur dans ce secteur.

Une nouvelle approche

Au départ, le constat alarmant autour de la dévalorisation de la viande… Depuis plusieurs années, le prix de la viande payé aux éleveurs ne cesse de reculer. Bien souvent, il ne couvre plus les coûts de production, pourtant incompressibles. Résultat : les exploitations connaissent des difficultés de trésorerie et la pérennité de leurs élevages est remise en question. D’autant que cette baisse du prix d’achat à l’éleveur ne se répercute pas en bout de chaîne sur le prix que paye le consommateur…

Parallèlement, ce dernier peine souvent à identifier l’origine du troupeau allaitant, la race exacte de l’animal, et n’a pas de certitude sur la qualité et la régularité du produit, sauf si celui-ci est porteur d’un signe officiel (AOC, Label rouge, AB ou IGP), ce qui représente 20 % du volume en rayon viande. Les Français trouvent donc en rayon une grande majorité de produits indifférenciés (80 %), qui perdent de la valeur à leurs yeux. Alors que les GMS représentent 54 % du volume des ventes de viandes issues du marché des vaches allaitantes : charolaise, limousine, rouge des prés, blonde d’Aquitaine et races rustiques.

Les professionnels de la filière ont donc décidé de mettre en place une nouvelle approche des relations entre éleveurs et distributeurs pour redonner toute sa valeur à la viande bovine.

Une co-création de valeur

“Éleveur & Engagé” a ainsi vu le jour ! Son but ? Rémunérer à un prix juste les éleveurs tout en garantissant un produit de qualité au consommateur. Pour y parvenir, des critères stricts ont été mis en place, avec, comme prérequis, l’adhésion à la Charte des bonnes pratiques d’élevage :

• La qualité des animaux comprenant leur âge, leur état d’engraissement et le poids de leur carcasse ;

• La maturation de la viande qui doit durer dix jours minimum ;

• Les volumes représentant 50 % minimum du rayon boucherie ;

• Le prix qui doivent impérativement prendre en compte les coûts de production ;

• Le suivi avec la mise en place d’un dispositif de retour de la valeur à l’éleveur.

Pour permettre le bon fonctionnement du dispositif, chaque enseigne signe son engagement dans la démarche et communique aux éleveurs les numéros d’animaux concernés. Dans les magasins, la démarche se visualise par un logo pour le consommateur, garant de la qualité de son achat et de la création de valeur pour ce dernier et l’éleveur, en offrant un avenir au modèle d’élevage français.

Et quand on sait que chaque mois plus de 1,5 million d’€ de plus-values sont ainsi reversés aux éleveurs dont les animaux ont intégrés la démarche, on y voit là un vrai modèle économique plus juste, et revisité qui respecte chaque maillon de la filière.

Bruno Dufayet, éleveur dans le Cantal et président de la FNB

Encadré coloré rose

« À l’heure des premières conclusions établies suite aux États généraux de l’Alimentation, un constat reste partagé par l’ensemble des acteurs de la filière agricole : l’injuste répartition de la valeur entre le producteur, le transformateur et le distributeur. Ce constat est aussi présent dans la filière bovine viande où la mécanique de prix actuelle ne permet pas aux éleveurs de fixer eux-mêmes leurs prix en fonction de leurs coûts de production ».

Les GMS s’engagent…

Témoignant de leur implication dans ce processus de co-création de valeur, sept des neuf grandes enseignes françaises de distribution sont déjà signataires de cette démarche. À savoir : Système U, Carrefour, E. Leclerc, Intermarché, Lidl, Casino et Auchan. On attend les retardataires…

Services

Recevoir la newsletter