Culture

Bourgogne du Sud veut promouvoir le soja français en alimentation humaine avec Selvah

La mise en service l’automne prochain de l’outil de production Selvah offre de belles perspectives à la fois de diversification et de valorisation pour les cultivateurs locaux. Lorsque l’on sait qu’aujourd’hui 90 % du soja transformé en France est importé, cela donne une idée du potentiel. Un immense marché, valorisant qui plus est puisque tendance.

Le site de Selvah à Ciel

Pour développer le futur site de la Société - Selvah - pour l'extrusion de légumineuses valorisées en alimentation humaine, la coopérative Bourgogne du Sud a choisi de transférer les compétences acquises avec les procédés testés et éprouvés depuis plusieurs années maintenant sur le site d’Extrusel, basé à Chalon Nord.
Extrusel bénéficie actuellement d’une capacité de trituration annuelle de 120.000 tonnes de graines de colza et soja, en vue de produire huile et tourteau. Depuis l’été 2018, la certification bio a même été accordée à l’usine au regard de son « clean process ». C’est à dire « qu’aucun solvant organique n’entre dans le processus de trituration, explique Romain Peteuil, responsable du développement et de l’innovation. Les procédés sont exclusivement mécaniques, les huiles et tourteaux sont obtenus par pressage. Nous sommes donc partis sur le même principe pour développer notre filière alimentation humaine ». Une innovation qui est également symbolique. « Selvah est le premier élément tangible du service R&D de Bourgogne du Sud né en janvier 2018 ». Une recherche et développement qui aboutit donc, ce que la coopérative a déjà l’habitude de faire dans d’autres domaines, lors de ces essais annuels notamment ou avec d’autres partenaires, comme pour la plateforme Artemis ou encore avec l'Alliance BFC.

Les protéines très demandées

En raison d’un marché en tension, l’industrie agroalimentaire est très friande des protéines de soja : en plus d’avoir un excellent profil nutritionnel, elles apportent liant et texturation à de nombreux produits agro-alimentaires. « Les débouchés sont déjà clairement identifiés ! », assure Bourgogne du Sud. On les retrouve donc dans les préparations végétales très en vogue en ce moment mais aussi dans de plus en plus de préparations dites "carnées". Bourgogne du Sud s’est donc intéressée au développement de ce nouvel outil pour développer le soja en local, en filière non-OGM. Sachant que 98% du soja produit dans le monde est OGM, l’opportunité est grande de se différencier et de valoriser sur les marchés derrière.
« Nous pensons qu’il y a là un véritable débouché et que la Bourgogne Franche-Comté représente un très bon bassin de production. Nos principales plus-values viendront donc de notre origine France et notre clean process ».

Porte ouverte à l’innovation

Les objectifs de production tablent sur 2.000 tonnes de produits finis à base de soja qui sortiront chaque année de l’usine, « ce qui revient à traiter environ 2.700 tonnes de graines », précise Romain Peteuil. « Cette capacité de croisière devrait être atteinte d’ici deux à trois ans ». A Ciel, les 6.000 m² de bâtiment sont en cours d’aménagement, les réglages machines se feront au cours de l’été et la production est prévue pour commencer dès l’automne prochain.
Mais les aspirations de Bourgogne du Sud vis-à-vis de cet outil vont d’ores et déjà au-delà : « ce site très technologique et innovant nous ouvre des perspectives de recherches sur d’autres produits. Il nous permettra de susciter l’intérêt des industriels sur d’autres formats, d’autres légumineuses car tout ce qui contient des protéines peut passer par Selvah », anticipe et espère Romain Peteuil, qui continue son travail de développement des marchés.
Autant d’éléments qui permettront une meilleure rémunération des adhérents, préoccupation première du conseil d’administration de la coopérative.
Françoise Thomas

 

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