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Les professionnels demandent que l’étiquetage nutritionnel des vins soit réglementé par la Pac

Pour éviter une fragmentation du marché européen provoquée par l’instauration de législations nationales, les représentants du secteur vitivinicole de l’UE demandent que les dispositions pour le vin prévues par la proposition d’auto-régulation de l’étiquetage des ingrédients et des informations nutritionnelles présentée par le secteur des boissons alcoolisées soient incluses dans la future Pac.

Les représentants du secteur vitivinicole de l’UE – CEEV (commerce), Cevi (vignerons indépendants), Efow (vins d’origine) – craignent que les viticulteurs soient confrontés à de graves difficultés pour accéder à un marché européen « fragmenté » du fait des initiatives législatives nationales mises en place en matière d’étiquetage. Elles demandent donc dans un courrier adressé au commissaire européen Phil Hogan d’envisager la possibilité d’inclure dans la future Pac les dispositions prévues pour le vin en annexe de la proposition conjointe d’auto-régulation de l’étiquetage des ingrédients et des informations nutritionnelles soumise le 12 mars à la Commission de Bruxelles par l’ensemble du secteur des boissons alcoolisées. Une demande dans le même sens devrait également être adressée au commissaire à l’agriculture par le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE).

Lors de la présentation de cette proposition à l’intergroupe vin du Parlement européen, le 15 mars à Strasbourg, le président d’Efow, Bernard Farges, avait insisté sur la nécessité d’intégrer celle-ci « dans un cadre juridique européen afin de sauvegarder le marché unique mais aussi pour obliger les vins importés à faire preuve de transparence sur leurs pratiques qui divergent parfois des nôtres, tel que l’ajout d’eau ».

Déclaration nutritionnelle et information sur les ingrédients

Les dispositions contenues dans l’annexe sur le vin du projet d’auto-régulation du secteur des boissons alcoolisées sur l’étiquetage qui devraient, selon les organisations de producteurs, être inscrites dans les prochaines propositions de la Commission pour la Pac après 2020 sont essentiellement les suivantes : possibilité de limiter la déclaration nutritionnelle d’un vin à la valeur énergétique uniquement ; possibilité d’informer les consommateurs sur les ingrédients et les calories du vin via des solutions dématérialisées comme alternative à l’étiquette ; possibilité de communiquer la valeur énergétique sur la base de la valeur moyenne du vin en question telle que calculée par le producteur ou sur la base de la valeur typique d’un vin appartenant à la même catégorie, ainsi que par unité d’alcool (volume en ml contenant 10 g d’alcool) ou par portion, à l’aide de mots, de symboles ou d’une combinaison des deux.

Une demande de ce type avait déjà été présentée dans le cadre de la révision du règlement de 2009 propre au secteur vitivinicole par les trois représentations professionnelles ainsi que par les organisations et coopératives agricole de l’UE (Copa-Cogeca). Un dossier toutefois déjà clôturé.

Eurocare dénonce un « système à la carte »

Avec leur projet d’auto-régulation de l’étiquetage des ingrédients et des informations nutritionnelles, « les producteurs de boissons alcoolisées refusent de prendre leurs responsabilités », estime l’association Eurocare qui regroupe quelque 60 organisations non-gouvernementales et de santé publique de 25 pays européens impliquées dans la prévention et la réduction des dommages liés à l’alcool. « Cette proposition de système à la carte est très loin de répondre aux attentes légitimes des consommateurs », affirme Eurocare, soulignant que « chaque secteur décidera de ses propres modalités de mise en œuvre ».

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